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Publié le 01/03/2009  | Au Cœur de la broderie française chez Lesage


On la connaît sans réellement la connaître, on l’admire, elle illumine les podiums de la haute couture, la broderie française est une référence dans le monde de la mode. Son plus beau représentant François Lesage nous a ouvert les portes de la Maison que ses parents ont acquis en 1924. Nous avons posé quelques questions à Mr Lesage aujourd’hui âgé de 80 ans et toujours très actif notamment dans le domaine de la création mais tout d’abord nous vous proposons de faire plus ample connaissance avec la Maison Lesage située à Paris.

Présentation
La maison Lesage existe depuis 1924, les parents de François Lesage ont racheté l’entreprise à Mr Michonnet brodeur depuis 1868 et sous Napoléon III il brodait pour les comtesses de l’époque et autres personnalités comme la comédienne Sarah Bernhardt. La haute couture naît en 1880 avec Charles Frédéric Worth un couturier anglais qui fait appel à ce monsieur Michonnet pour broder ses premières collections. En 1924 lorsque les parents de Mr Lesage rachète la Maison, ils ont la chance d’acquérir par la même occasion toutes les archives et échantillons de broderie qui datent de l’époque de Mr Michonnet. Ce trésor inestimable est aujourd’hui source d’inspiration pour les grands noms de la mode : John Galliano, Karl Lagerfeld, Dolce & Gabbana, Nicolas Ghesquiere chez Balenciaga viennent ici pour s’inspirer des 35 000 échantillons accumulés depuis des années. Un échantillon est une partie de la broderie qui peut-être par la suite multipliée sur le vêtement selon les coutures et les formes de celui-ci. Cette Maison de part son patrimoine fait aussi office du plus grand musée de broderies au monde.

La maison Lesage aujourd’hui

Cette maison a travaillé pour les plus grands noms de la mode : Christian Lacroix, Lancetti, Jean-louis Scherrer, Olivier Lapidus, Givenchy, Yves Saint Laurent … Aujourd’hui trois grands noms de la mode s’adresse régulièrement à Lesage en matière de haute couture : Chanel, Christian Dior et Christian Lacroix. La maison Chanel a racheté Lesage en 2002 ainsi que d’autres maisons artisanales françaises comme Massaro, Desrues, Goossens, Guillet, Lemarié, Michel … Toutes représentantes comme Lesage du savoir-faire français en matière d’artisanat pour la haute-couture. Chanel qui intelligemment n’a jamais empêché ces maisons de travailler pour d’autres grands noms de la mode. Permettant ainsi une continuité dans la créativité et un enrichissement du patrimoine des maisons.
La Maison Lesage travaille essentiellement avec des créateurs français et italiens comme Roberto Cavalli, peu avec les américains, puisque la haute couture étant inexistante dans ce pays. Les seules commandes venant d’outre-atlantique sont liées à des événements très spécifiques. Chanel reste le plus gros client et représente en moyenne 60% de l’activité aussi bien en haute couture qu’en prêt à porter de luxe. Chanel c’est huit défilés par an. Ensuite les principaux clients sont Dior, Lacroix, Dolce & Gabbana, Roberto Cavalli, Armani, Yves Saint Laurent, Balenciaga. Une maison qui ne manque pas de travail et qui a un carnet de commandes bien rempli.

Lesage c’est un savoir-faire et un patrimoine unique. Perles, paillettes, strass, fils de soie … En tout 60 tonnes de fournitures sont conservées chez Lesage dans les caves et les greniers. Rien n’est informatisé, tout est répertorié à la main et dans les têtes du personnel car les nuances entre un fil et un autre ne sont visibles qu’à l’œil nu et au toucher, pourtant le moindre détail peut nuancer la broderie souhaitée par le couturier. On trouve également des stocks historiques de jais qui n’existe plus car c’est de l’extrait de charbon, il est donc utiliser très rarement et uniquement en haute couture.

Principe de réalisation
Chez Lesage on est avant tout au service du couturier. Ce dernier arrive avec une idée de départ, des thèmes, par exemple pour Chanel l’assistante la plus proche de Karl Lagerfeld Virginie Viard cherche dans les archives ce qui peut correspondre à ce que Karl Lagerfeld souhaite pour sa collection. Une fois la sélection d’échantillons faites, elle retourne chez Chanel pour travailler avec le créateur. Mr Lesage fait des aller retour chez Chanel jusqu’au moment où ils seront d’accord, au final il reste 15 ou 20 nouveaux échantillons. Par la suite le patronage viendra des ateliers Chanel, il passera au dessin et tout sera repenser avec les contraintes de la broderie.

Les ateliers
Chez Lesage on trouve trois formes d’artistes et de professions distinctes. Les dessinateurs qui vont sur le vêtement reproduire le dessin de l’échantillon choisi par le couturier. Il y a aussi les brodeuses et les manutentionnaires. Ces dernières sont chargées de fournir les matières et matériels aux brodeuses afin qu’elles ne manquent de rien. Il faut savoir que ce qui fait le prix d’une broderie c’est le temps passé à la réaliser. Par exemple lors de la dernière collection Chanel avec beaucoup de blanc, chaque broderie représentait entre 600 et 800 heures de travail.

Ateliers de broderie
Il existe deux façons différentes de broder, à l’aiguille ou au crochet . Une trentaine de brodeuses travaillent chez Lesage toute l’année. Pour un seul modèle on peut avoir plusieurs brodeuses au travail en même temps. Véronique première d’atelier, chez Lesage depuis 23 ans nous confie que les marques sont plus exigeantes que par le passé. Le travail d’une première d’atelier est de répartir le travail et de s’assurer que les brodeuses ont toutes les éléments pour broder dans les meilleures conditions. Elle a également un rôle de gestion d’atelier et de vérification, il est parfois nécessaire d’apporter quelques petites modifications.

Ateliers de dessin
Les femmes présentes dans ces ateliers sont des créatrices avec un excellent niveau de dessin et une grande culture avec de grandes connaissances en architecture et en peinture . Le travail de dessin commence lorsque l’échantillon a été choisi. Les maisons de couture déposent des patronages de leurs modèles et la dessinatrice va reproduire à l’identique l’échantillon sur du papier calque. Ensuite le contour du dessin est piqué avec une machine à piquer, une légende est également inscrite avec les fournitures à utiliser pour la brodeuse par la suite. La deuxième phase est le ponçage. On passe une craie noire ou blanche à travers ces petits trous ce qui va permettre de reproduire par un système de transfert le dessin sur le vêtement.

Interview François Lesage

Pouvez-vous présenter à nos lecteurs et en quelques mots la Maison Lesage ?
C’est l’histoire de la broderie et de la broderie liée à la Haute Couture
L’art de la broderie consiste en quoi ?
Tout d’abord c’est le deuxième plus vieux métier du monde car c’est dans la nature humaine de se démarquer des autres. Les premières broderies ont certainement été faites dans les grottes de Lascaux. Dans de nombreuses tribus ethniques la broderie est corporelle puisque les scarifications et les tatouages sont des formes de broderie.
La broderie n’est pas née à Paris, elle est née en Perse il y a quelques milliers d’années, puis s’est développée en Chine avec le fil divin qu’était le fil de soie puis par la suite elle est arrivée en Europe en passant par l’Egypte et la Grèce.
La broderie c’est l’art de faire quelque chose de rien. La broderie a toujours été un artisanat cher car cela prend beaucoup de temps. Autrefois dans les successions ont ne comptait pas les meubles mais les broderies.

Quels sont vos principaux clients ?
Les maisons de haute couture, essentiellement des Maisons qui sont à Paris car Paris reste le centre de la création en matière de mode en tout cas.

Comment se déroule votre travail avec les maisons de haute couture ?
Ce qui est un peu différent qu’en ce sens à une époque il y avait peut-être 40 couturiers et 40 brodeurs et qu’aujourd’hui il y a beaucoup moins de maison de haute couture qui peuvent se permettre d’investir dans de la broderie.
On travaillait différemment en ce sens qu’il y avait deux grandes collections par an (l’été et l’hiver) et deux demies collections (le printemps et l’automne). Aujourd’hui il y en à huit ou neuf, ce qui fait une collection à construire tout les 38 ou 39 jours. Le rythme est devenu très soutenu. Quand j’ai débuté il y a 60 ans, on faisait deux collections par an.
Notre métier est avant tout de suggérer sans imposer, nous sommes au service des créateurs.

Quelle place à la broderie française dans le monde ?
La broderie n’est pas née en France. Nous la représentons, j’ai assez peu de concurrents, seulement des confrères, à une époque nous étions 40 maintenant nous ne sommes plus que 4 ou 5. Paris est avant tout le creuset d’une créativité unique. C’est le seul endroit qui rassemble autant d’artisans dans des disciplines très différentes. La haute couture continuera d’exister tant que ces petites maisons d’artisanats seront là. C’est aussi pour cela que la maison Chanel a décidé de prendre en main ces maisons.

Quel avenir pour ce savoir-faire ?
Je pense que notre rôle est d’être un laboratoire, les nouvelles techniques et nouvelles matières nous permettent d’avancer tout en utilisant un passé très riche. On fait l’avenir avec les éléments du passé.

La broderie est-elle tendance ?
Aujourd’hui la broderie est partout que cela soit dans les paillettes, les perles ou les points de fil ou autre chose elle apporte de la gaieté à la rue, il suffit de comparer par rapport à la grisaille d’il y a 40 ou 50 ans.

Vous avez créer une école, qu’enseigne t’elle ? A qui est-elle destinée ? Quelles en sont les débouchées ?
Je l’ai créé en 1992 lorsque nous avons eu quelques difficultés car j’étais inquiet et je voulais transmettre ce savoir-faire. Aujourd’hui les secrets de conception n’ont plus de sens. Cela valorise nos employés et nos couturières de transmettre leur savoir-faire. C’est une école rassurante.
L’école a été créée pour transmettre un savoir-faire unique au monde , une école qui accueille des hommes et des femmes qui ont leur propre motivation car la maison Lesage ne peut embaucher chaque élève dans les ateliers. Il sont généralement issus des écoles de mode et veulent un complément d’informations ou ils envisagent la broderie comme une thérapie.

Quels sont les projets de la Maison Lesage ?
De continuer à faire ce qu’on fait

Votre vision de la haute couture ?
Elle sera là tant qu’on sera là mais c’est avant tout un travail d’ensemble.

Avez vous des regrets ?
Je n’aime pas ne pas être aimé. J’ai le regret d’avoir vu deux couturiers m’enlever leur amitié professionnelle ceci parce qu’ils nous avaient finalement demandé des choses qui n’était pas adéquat avec leurs créations. De toute façon je ne me rappelle que des bons moments. J’oublie les autres.

Reportage et interview par Marie Joe Kenfack

 

 
   

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