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|BeauteSante|

02/06/2009 - Aux sources du N°5

Comme le N° 007 cher à l’agent britannique de sa majesté, le N°5 a lui aussi sa référence universelle, pour un grand nombre d’esprits féminins et même masculins le N°5 symbolise le plus célèbre des parfums, N°1 des ventes depuis des décennies : le Chanel N°5.
Derrière ce chiffre se cache une véritable romance et surtout un procédé et un savoir-faire unique. Si l’histoire de ce parfum se révèle être passionnante, sa conception et son origine végétale procède de la révélation et de l’admiration. C’est au cœur de la région de Grasse que fashions-addict.com est allé à la rencontre de la rose Centifolia, essence même du Chanel N°5.
Dans les années 20, Gabrielle Chanel domine le monde de la mode et y apporte une vraie révolution. Elle invente la femme moderne. C’est au cours de l’été 1921 que l’idée de lancer un premier parfum naît. Une vraie innovation à cette époque où mode et parfumerie ne se marient pas. Les amis de Coco Chanel participent tous à la réflexion autour de ce parfum : le grand-duc Dimitri de Russie, le peintre José Maria Sert et son épouse Misia mais aussi Ernest Beaux le parfumeur apporteront leur vision faisant déjà de Chanel N°5 un parfum à vocation internationale. Ce matricule (en référence au 5ème échantillon proposée par Ernest Beaux ou chiffre porte-bonheur de Gabrielle Chanel) devenant le numéro le plus célèbre de la parfumerie. Ce flacon pure et simple dessiné par Coco Chanel elle-même, renfermant un parfum composé défini par Mademoiselle Chanel par ces quelques mots : « un parfum de femme à odeur de femme ».
Là encore le fait de concevoir un parfum « composé », en opposition aux senteurs mono-florales de l’époque, sonne comme une grande nouveauté. Ernest Beaux s’appuiera sur pas moins de 80 composants, dont le pouvoir olfactif est exalté par les aldéhydes utilisés pour la première fois dans des proportions inédites, pour définir les notes de cette partition odorante. Avec ces premiers accords synthétiques utilisés pour le Chanel N°5, la parfumerie entre dans une nouvelle ère. Véritable alchimie des senteurs le Chanel N°5 s’accompagne d’Ylang-Ylang des Comores, de Vanille, de Vétiver Bourbon, de Néroli de Grasse mais aussi de Jasmin et surtout de la Rose de Mai de Grasse. Une Rose que fashions-addict.com est allée découvrir sur place, Aux Sources du Chanel N°5.

Direction le sud de la France, en plein pays Grassois, à Pégomas pour découvrir l’exploitation de la famille Mul spécialisée depuis plusieurs génération dans la culture des fleurs et plus particulièrement du jasmin et de la Rose de Mai, deux fleurs au cœur du Chanel N°5. Cultiver des fleurs relève de la passion d’autant plus lorsqu’il s’agit de fleurs destinées à la parfumerie.
Dans les années 70, face à l’explosion immobilière de la région et au risque de voir disparaître les terres cultivées de roses, Chanel met en place un partenariat avec cette exploitation leur garantissant la totalité de la récolte. Une usine de traitement des fleurs a également vu le jour toujours en partenariat avec Chanel, car pour la maison de luxe on ne peut concevoir de perdre en qualité de rose. Investir dans ce partenariat c’est garantir que le Chanel N°5 ne subira aucune modification dans sa composition. La famille Mul prends grand soin des rosiers. Un champ de rosiers fait une mise à fleurs par an, au mois de mai pour la Rose Centifolia simple, et donc une seule récolte. Afin de garantir un pétale de roses d’excellente qualité et identique chaque année, l’exploitant mets de nombreux atouts de son coté : replantage tous les 4 ans, bouturage contrôlé, analyse du sol par carottage tous les 4 ans (les rosiers ont besoin d’un sol riche en éléments simples et matière organique, ils ont de gros besoins en vie microbienne), utilisation d’un humus composte biologique exempt de métaux lourds, goutte-à-goutte au sol pour un contrôle hydrique régulier, aucun désherbant chimique … Des rosiers bichonnés comme s’il s’agissait d'un trèsor de guerre ...

La cueillette des fleurs reste aussi un moment important, la fleur ne devant subir aucun dommage ou détérioration. La technique se veut précise et rapide. Le mouvement du poignet effectué par les cueilleuses et les cueilleurs semblent avoir été inventé pour cet exercice. De 3 à 5 tonnes de roses sont ainsi récoltées chaque année. Une cueilleuse pouvant ramasser jusqu’à 6 kg de roses par heure sachant que dans un kilo vous avez 400 fleurs de roses …

Une fois les roses récoltées il s’agit d’en conserver leur parfum. Pour cela deux méthodes existent : la distillation et l’extraction. Dans le cas de la distillation, les pétales de fleurs sont placés avec de l’eau que l’on porte à ébullition dans une alambic. Les vapeurs feront une huile parfumée, une huile essentielle obtenue par refroidissement, sachant qu’il faut 1 000 kg de fleurs pour 1 kg d’essence. Le deuxième procédé s’appelle l’extraction, c’est ce procédé qu’on utilise pour la Rose de Mai. Les fleurs de rosiers sont versées dans des cuves et disposées sur des plateaux métalliques afin qu’elles ne soient pas compressées. Une pompe injecte dans ces cuves de l’hexane un solvant inflammable, l’ensemble étant par la suite porté à ébullition à 68°, ce produit solubilise l’odeur et on obtient ainsi une cire végétale appelée concrète. De cette concrète on produira par distillation l’absolu, le produit final qui sera envoyé aux laboratoires Chanel de Compiègne afin de réaliser le fameux N°5. L’exploitation Mul produit par an environ 120 kg de concrète, pour réaliser un pot de 10 kg de concrète (voir photo) il faut 4 000 kg de roses. Et le prix ? Compter 3 500 € le kilo de concrète et 5 000 € le kilo d’absolu.

Imaginons maintenant que pour réaliser le N°5, on puise des senteurs de fleurs venues ainsi des quatre coins de monde. Comme l’Ylang-Ylang de Madagascar, sélectionné avec le même soin que les roses et le Jasmin de Grasse, et on comprend qu’un tel produit soit devenu au fil des années un véritable trésor, une addiction pour de nombreuses femmes et une séduction irrésistible pour des hommes fascinés par la féminité qu’il dégage … Chanel N°5, un flacon intemporel renfermant des savoir-faire uniques, un mystérieux luxe étourdissant !

Si vous allez en vacances dans le sud de la France visitez cette belle région de Grasse aux milles senteurs, l’occasion également de visiter le magnifique Musée Internationale de la Parfumerie de Grasse, un voyage que nous vous ferons découvrir très prochainement …

A suivre…….

Par L.L

A lire également :
- Un voyage culturel et sensoriel aux multiples disciplines artistiques et artisanales
- Le jasmin, fleur de mystère …
- Histoire du Parfum : de la Renaissance à nos jours
- Histoire du parfum : du Moyen Age à la Renaissance - Histoire du parfum : du sacré au profane

Merci pour leur soutien :
Chanel
CRT Riviera : www.guideriviera.fr
Offiice du Tourisme Grasse : www.grasse.fr

   

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