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Publié le 21/09/2008  | Baccarat, la cristallerie comme un art


Baccarat, un nom qui sonne comme un doux rêve, synonyme de luxe, de perfection et de grandeur, le cristal de Baccarat est sans nul doute ce qui se fait de mieux en la matière. Derrière ce nom que savons-nous vraiment de Baccarat ?
Nous nous sommes rendus à Baccarat pour en savoir un peu plus sur cette Maison et sur la confection des pièces de cristallerie.

Baccarat n’est pas le nom du fondateur de la cristallerie mais le nom du village où a été installé en 1764 la Verrerie Saint-Anne qui porte le nom aujourd’hui de Baccarat. C’est donc en 1764 que le Roi de France Louis XV autorise l’évêque de Metz, Monseigneur de Montmorency-Laval, à fonder une verrerie dans le village de Baccarat, à l’Est de la France en Lorraine. Cette verrerie avait pour but essentiel l’utilisation du bois disponible en grande quantité dans cette région. Une région déjà bien équipée en forges er faïenceries, les deux autres activités consommatrices de bois.
Pendant plus de 50 ans, la verrerie de Baccarat va produire des verres à vitre, des gobelets, des flacons pour la pharmacie …. Elle a également developpé une forte politique sociale en créant une école, une chapelle, et des quartiers résidentiels réservés à ses ouvriers. Aujourd’hui encore une soixantaine de familles est logée à titre gracieux à Baccarat.
En 1816, la verrerie est transformée en Cristallerie elle emploie 3 000 ouvriers. A partir de là la cristallerie n’a cessé d’évoluer pour devenir l’une des plus importantes du monde, dont les productions feront les beaux jours des tables des rois et des présidents.

Bienvenue dans les coulisses de la fabrication du cristal Baccarat !

Avant qu'une pièce en cristal (verres, vases, lustres, ornements ...) arrive devant nos yeux, elle passe par de nombreuses étapes que nous vous proposons de découvrir. Tout d'abord le cristal est une matière qui s’obtient par la fusion de plusieurs ingrédients : de la silice (un sable très fin) , du minium, de l’oxyde de plomb, de la potasse, plus quelques composants chimiques pour faciliter le mélange auxquels on ajoute du groisil (cristal cassé). Le groisil se composant des « ratés » de précédentes créations car on ne réussit pas à chaque fois sa pièce de cristal.
Ces ingrédients vont être chauffé à 1450 degrés, on obtient ainsi une "mixture" qu’on se doit de travailler très rapidement car à cette température la matière durcit très vite. L’une des contraintes des verriers est de toujours réchauffer la matière. Pour obtenir du cristal de couleurs on ajoute des oxydes métalliques, de l’oxyde de cobalt pour le bleu par exemple, de l’or pour le rouge, le rouge Baccarat est un rouge à l’or. Pour obtenir un jaune orange on ajoute de l’argent. La maison Baccarat peut se vanter d'avoir 45 couleurs à son catalogue.

Dans une cristallerie on distingue deux types de travail. Le travail à chaud c’est celui réalisé dans les fours, et le travail à froid qui est réalisé en atelier comme la taille, la gravure, la dorure.
Pour réaliser les différentes pièces, les verriers utilisent des moules, la maison Baccarat possède 35 000 moules qui sont fabriqués sur place dans des ateliers poteries. Les fours sont utilisés en fonction des couleurs souhaitées. Chaque bassin produisant une couleur bien précise. A partir de là on réalise des paraisons, la paraison étant une quantité de verre nécessaire pour réaliser un produit verrier. La paraison est une partie d’un verre, un verre est composé d’une paraison, d’une jambe et d’un pied. Cette paraison est mise au bout de la canne à souffler. Chez Baccarat on utilise également une pompe à air comprimé pour insufler de l’air, une machine mise au point à Baccarat en 1825 par un ouvrier qui avait des problèmes respiratoires.
Un verrier réalise pas moins de 230 paraisons par jour et sur cette quantité il faut compter environ 35% de rebus. Pour réaliser un verre, il faut assembler le travail de trois ouvriers, un ouvrier qui fait la paraison, un autre la jambe et un dernier le pied. Les éléments sont assemblés sur un four à gaz afin de garder en température les différentes parties. Un verrier peut soufflé jusqu’à 70 kilos de cristal comme pour le vase Célimène.

Une fois la pièce réalisée on la sépare de la canne à l’aide d’une goutte d’eau puis on la place sur ce qu’on appelle un « gamin mécanique », ce gamin mécanique (appellé "gamin" car autrefois cette tache était réalisée par des gamins travaillant au four) va apporter la pièce dans un four de surcuisson, si la pièce n’est pas recuite dans les 10 minutes, elle explose. La pièce qui est placée sur une sorte de tapis roulant va rester deux trois heures dans ce four de surcuisson. Elle va ressortir de là à température ambiante et la tension du verre sera maitrisée. Si cette étape n’est pas maitrisée la pièce peut exploser au moindre choc.

Baccarat est l’entreprise française qui emploie le plus grand nombre de « meilleurs ouvriers de France » que ce soit des verriers ou des graveurs, ils sont 24, le plus célèbre d’entre eux est sans doute Michel, maître-verrier qui travaille à Baccarat depuis 33 ans et qui a eu son titre de Meilleur Ouvrier de France en 2004. Un homme passionné par son travail qui n’hésites pas à dire « Quand vous me voyez soufflé, ce n’est pas avec les poumons mais avec le cœur » .

Il existe différentes techniques pour réaliser des pièces en cristal, elles peuvent être soufflées ou bien moulées, tout dépend des couleurs, des formes et de l’utilisation souhaitée, pièces de vaisselles, verres, luminaires, décoration. On peut même trouver des pièces combinant plusieurs couleurs, par exemple le verre du Tsar est réalisé avec un cristal triplé qui comporte trois couches de cristal, un cristal clair, un cristal de couleur puis à nouveau un cristal clair.

Une étape très importante dans la réalisation d’une pièce en cristal est la dorure. Une activité réalisée par des femmes, les doreuses sont formées sur place car il n’existe pas de formations ou d’écoles pour apprendre le métier de "doreuse". Ce savoir-faire incroyable fait de patience et de doigté s’apprend uniquement en atelier.
Le verre arrive superficiellement gravé avec un système de pochoirs et de cablages. La dorure ou le décor se réalise avec une base qui est un mélange d’or, d’essence grasse et de térébentine. On remplit les petites gravures avec le mélange. Après cette étape de halage, la pièce sera recuite dans un four à 500 degrés, ce qui va permettre de fixer l’or.

Après les différentes étapes du travail à chaud, les pièces de cristal passe dans l’atelier choix coupage c’est ici qu’on va faire le flétage, on va couper la calotte du verre, on va aussi décider quelles sont les pièces qui vont poursuivre le cheminement de la fabrication. Ici la pièce de cristallerie est examinée sous toutes ses coutures. On va distinguer la mal finesse et la mal façon, les remarques seront remontées aux verriers afin de faire les modifications nécessaires. Les éléments éliminés vont partir dans le groisil. Choisisseuse de verres est un métier et il faut de dix à quinze ans pour devenir une bonne choisisseuse. Des mesures sont également prises, le travail ne se fait pas qu’à l’œil. On mesure l’épaisseur du verre ou la contenance d’une carafe. Si un verre n’est pas à la bonne épaisseur, la taille sur le cristal peut être compromise par la suite.
Certains éléments sont dirigés vers l’atelier réparation qui grâce à des meules très précises en feutre ou en liège va gommer les petites griffes et autres petits défauts.
Ensuite on coupe la calotte du verre à l’aide d’une machine qui va tracer avec une pointe de diamant la coupe désirée et un filet d’eau va faire tomber cette calotte disgracieuse. L’eau permettant de lisser le bord. Malgré tout un ourlet bourlet est réalisé à la main en complément, c’est une des marques de fabrique de la Maison Baccarat. Les pièces sont ensuite gravées avec une estampille Baccarat et ceci depuis 1936 avant cette date une étiquette papier fabriquée sur place servait d’estampille.

Les pièces de lustrerie et les petits éléments de décoration sont confiés à un atelier spécial qui va les finaliser, les retailler, les poncer, les équiper, les percer. Tout cela est réalisé avec des meules et des platines diamant. L’an dernier par exemple cet atelier a retravaillé 75 000 octogones pour un rideau en cristal destiné à l’Hôtel Plaza de New York, incroyable.
Les lustres sont également équipés en éléments électriques (chaque torsade est percée pour qu’un fil électrique puisse passer), ils sont montés pour vérification puis démontés et conditionnés dans des caisses et des rangements très précis afin de favoriser le montage chez le client. L’atelier lustrerie Baccarat monte environ 1 200 lustres par an.

L’étape de la taille se fait avec des meules et des pointes afin de réaliser des reliefs. La première phase de la taille est de tracer les traits pour indiquer les endroits où la meule va passer. Ensuite on passe plusieurs meules avec des grains différents. La gravure elle se fait avec des pointes permettant de donner des effets d’optique et de reliefs assez exceptionnels. Les pièces sont ensuite plongées dans des bains d’acides et polies.
La Maison Baccarat est riche d'un patrimoine culturel et technique qui est archivé sur place et régulièrement consulté afin de s'inspirer des pièces anciennes pour de nouvelles créations. La maison fait également appelle à des designers contemporains de renommée mondiale comme Philippe Starck.

On le voit, le cheminement d’une pièce de cristallerie n’est pas simple. Elle doit être tout d’abord couchée sur le papier puis réaliser en atelier en parcourant de nombreuses étapes. Des étapes qui sont souvent une course contre la montre, la matière cristal n'attend pas. Avant qu’un verre de cristal arrive sur votre table, il vit une vraie épopée entre les mains d’artisans passionnés au savoir-faire exceptionnel.
Une aventure incroyable qui croise des corps de métiers différents et complémentaires, un travail réalisé en équipe. Une aventure fragile, risquée ou finalement peu d’élus ont la chance d’orner les plus beaux endroits du monde. C’est un peu l’aventure de la vie.

Découvrir ces personnages, car ces ouvriers sont bien plus que des artisans car ils vont bien au-delà de leur métier et vivent une vraie passion, permet de mieux comprendre l’exception et la perfection des pièces de Baccarat. Un luxe qui a un prix, certes, une valeur largement méritée tant l’investissement humain est immense, la passion que reflète ces pièces est elle inestimable. Tant que la France pourra accueillir et permettre l'épanouissement de tels artisans, elle illuminera encore pendant longtemps les regards du monde entier. C’est certain la cristallerie de luxe est un art !
Reportage & Photos : Marie Joe Kenfack
Crédits photos : fashions-addict.com - Tous droits réservés

 

 
   

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