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Publié le 14/03/2016  | Les bons mots de la Mode : qui fait quoi !


Alors que la Fashion week de Paris vient de se clôturer et qu'elle a été une fois de plus le théâtre des vicissitudes de la Mode, Fashions-addict.com s’est interrogé sur les subtilités qui différencient le styliste, du créateur, du couturier, du designer ou du directeur artistique. Au moment même où la créatrice Bouchra Jarrar vient d'être nommée à la tête de la direction de la Maison Lanvin (voir ici).

Parfois, par facilité, on remplace un mot par un autre. Erreur, sous chaque vocable se distingue des caractéristiques bien précises. Voyons voir si nos confrères les utilisent à bon escient lorsqu’ils qualifient Giorgio Armani de couturier, Tomas Meier de directeur artistique de Bottega Veneta, Rodolfo Paglialunga de designer (Jil Sander), Domenico Dolce et Stefano Gabbana de stylistes ou encore de créatrice la jeune Slovène Natasa Cagalj qui vient de présenter son tout premier défilé pour Ports 1961, une marque d’origine canadienne qui a aujourd’hui sa base à Milan et fait fureur en Chine… Alors qui fait quoi ?

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les métiers de la mode ont évolué

La réponse n’est pas si aisée. Jean-Philippe Evrard, président du bureau Martine Leherpeur conseil, le reconnaît volontiers lorsqu’il explique que “la définition exacte de ces termes n’est pas facile, tant les métiers de la mode ont évolué.” Ce que confirme Andy Thê-Anh (photo en haut à gauche), directeur de design pour Lolë, qui pour lui-même emploierait le terme de styliste. Car “je travaille avec une équipe de jeunes designers. Ensemble, on propose une direction pour la collection Lolë à chaque saison.” Il analyse ainsi le glissement de sens “le terme créateur est beaucoup moins utilisé car le métier a changé avec la nouvelle façon dont on fait les affaires. Les termes de styliste et directeur artistiques sont plus utilisés maintenant et le métier même a changé de nature.”

Le couturier auquel on associait l’image du dessinateur de mode - revoir les photos par exemple de Marcel Rochas ou de Jeanne Lanvin - a laissé la place dans les années 70 aux créateurs qui insufflent un esprit venu d’ailleurs avec la mode disco, les paillettes le denim. C’est la grande période des Thierry Mugler, Kenzo ou Vivienne Westwood. Suivent les directeurs artistiques dans les années 90, avec la montée en puissance du marketing, de la communication mondiale. Les grands groupes commencent leur main mise sur l’artisanat. On parle business…
Les DA deviennent les vedettes (Karl Lagerfeld, Marc Jacobs ...), ils vendent autant leur style que leur image. Ils sont un peu recrutés comme des joueurs de foot. Il faut une star pour faire parler de la maison. Certains se sont brûlés les ailes (Alexander McQueen, John Galliano ...). La pression est si forte. Il ne s’agit plus d’imaginer 4 collections par an mais 8 au 12 voire plus si on injecte ici ou là des collections capsules !!! Et on leur demande aussi d’apparaître de plus en plus comme des "porte-parole" des maisons, d’assister aux ouvertures de boutiques, de participer à des galas… bref d’assurer le show.
Et maintenant, c’est au tour des designers d’entrer en piste. Jean-Philippe Evrard analyse ainsi leur rôle “ Ils pensent en réseaux. Leurs sources d’inspirations sont moins descendantes et reflètent les changements de notre société devenue chorales et horizontales. Ils s’inspirent de la rue et des codes de leur communauté. Ils jouent avec le laid, le kitch, le vintage, le style « grand mère », le « normcore », la mode « second degré » et empilent les références comme un tableau Pinterest". Et déjà s’amorcent la montée en puissance de nouveaux acteurs : les blogueurs. Au départ, ils cherchaient juste à faire partager leur goût pour la mode, leurs coups de coeur, mais bien vite, ils ont senti le filon. Suivis par des milliers (certains des millions) d’internautes, ils deviennent prescripteurs de tendance et modèlent la mode. Bref, ils participent à la mode, la font évoluer. Les marques ont bien compris le profit qu’elles pouvaient tirer de ce capital sympathie et les collaborations, les éditions capsules de surgir au fil des mois… C’est certain, la mode est dans la rue avant de monter sur les podiums.

Sophie-Sarah Gasnier, fondatrice du cabinet versaillais de conseil en style PariStyles qui, parmi ses nombreuses compétences, a suivi un cursus de stylisme, nous aide à y voir plus clair. Une démarche que complète Jean-Philippe Evrard sur la réalité du métier dans la “vraie” vie de l’entreprise. Et c’est parti pour une leçon un brin didactique.

 

LE STYLISTE : il est issu d’une école de stylisme, normalement il a reçu une formation complémentaire en modélisme. Il doit être capable de de dessiner les modèles, puis de donner les indications techniques pour la fabrication, puis de réaliser la "toile" sur mannequin et enfin de suivre la fabrication des prototypes. Jean-Philippe Evrard le décrit joliment comme “un dessinateur de mode” qui crée des collections pour des sociétés de PAP. Il précise aussi qu’il est souvent sous les ordres d’un directeur de collection ou artistique et qu’il n’intervient pas sur les autres choix créatifs concernant la collection comme la communication le merchandising, les produits dérivés… Andy Thê-Anh met en avant le rôle de défricheur. “Il détecte de nouvelles tendances et les propose à sa manière”. Il note aussi deux qualités indispensables au styliste “savoir bien dessiner ET avoir l’esprit du travail d’équipe”. LE CREATEUR : il n'a pas forcément suivi une école de stylisme et peut avoir appris son métier sur le terrain, ou encore êtr e issu d'un autre cursus artistique (ex. Beaux-Arts, ENSAD, ENSAAMA...). C'est un entrepreneur qui a créé son label - parfois éponyme. Il peut en parallèle collaborer pour une marque/un autre créateur (ex. Fifi Chachnill pour la lingerie d'Inès de la Fressange). Pour obtenir ce label, il faut normalement être accrédité par la "Chambre Syndicale du PAP des Couturiers et des Créateurs de Mode". Mais nombreux sont ceux qui s'auto-proclament (ou qu'un journaliste proclame...) "jeune créateur" parce que c'est plus vendeur… Andy Thê-Anh voit le créateur comme “quelqu’un qui ne suit pas les tendances, mais qui les créent. Il évolue avec la mode mais il ne la suit pas”. Et Jean-Philippe Evrard rappelle qu’ici le créateur “intervient dans tous les choix concernant sa marque”.
LE COUTURIER : il est issu d'une école de stylisme, il a créé sa propre maison qui est inscrite à la prestigieuse "Chambre Syndicale de la Haute-Couture" (ou y être invitée ponctuellement selon les saisons). Il existe d'autre fédérations parallèles, ex. : la "Fédération des Créateurs Parisiens en Sur-Mesure Couture" créée en 2011 (ex. Alexandre Docquin, Fanny Liautard...). Plus lapidaire, JP Evrard le qualifie de “créateur qui a sa propre maison de couture ou de créateur qui a des qualifications de modélisme et monte ses propres modèles.
 
LE DIRECTEUR ARTISTIQUE : peut être issu de cursus très variés (design, stylisme, pub, photo...). Conscient des valeurs et de la clientèle-cible en fonction des objectifs fixés par la direction marketing de la marque, il a la responsabilité d'impulser et de superviser une identité commune à tous les supports : le slogan, le logo, les visuels des campagnes publicitaires, les vêtements, accessoires et produits dérivés (ex. parfums)... Et Jean-Philippe Evrard de souligner que “ce créateur peut travailler pour une ou plusieurs marques. Mais il doit se plier à l’ADN et l’identité style de cette marque qu’il doit respecter et mettre en valeur et souvent la faire renaître”. On pense bien sur aux maisons comme Schiaparelli et  à son directeur de style Bertrand Guyon ou encore à Carven qui, en 2009, retrouve un nouveau souffle sous l’impulsion de Guillaume Henry aujourd’hui passé chez Nina Ricci.
 

LE DESIGNER : Un mot qui est mis un peu à toutes les sauces en ce moment. Le designer c’est un peu le nouveau “gourou” de la mode. Jean-Philippe Evrard note que cet anglicisme est apparu en même temps que la mondialisation. Il remarque aussi qu’en anglais “designer” ne veut pas dire grand chose. Un comble. En effet, les Anglais et les Américains pour parler d’un styliste utilisent “fashion designer”. Bref, designer c’est une version”globish de créateur” analyse-t-il. Et il continue en détaillant de façon fort instructive que « designer » fait référence au design thinking. Une révolution esthétique portée par Apple, considérant le beau comme un besoin essentiel du consommateur. Mais pas seulement. Là où le directeur artistique apportait un lifestyle, le designer délivre un message et porte une philosophie. Il va jouer sur plusieurs registres créatifs et intellectuels. Il ne dessine pas des vêtements comme le styliste. Il n’utilise pas la communication, tout ses ressorts et ses outils comme le directeur artistique. Il n’exprime pas seulement un univers esthétique personnel comme le créateur. Il apporte une nouvelle façon de penser ; une nouvelle façon de voir le monde ; un univers esthétique partagé…


Désormais,  il ne vous reste plus qu’à décrypter vous-même la mode de tous ces créateurs-DA-stylistes- designers… ou d’inventer la nouvelle “race” d’initiateurs de rêves et de plaisirs. Car la mode, ça ne sert pas juste à s’habiller, c’est aussi une ouverture sur le monde, le beau, l’indicible, le rêve, l’imaginaire…

Par D.M

 
 


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