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|BeauteSante|

06/06/2017 - Société : le déni de grossesse, parlons-en

Le déni de grossesse a mauvaise réputation. On en parle peu hormis à l’occasion de tragiques faits divers comme celui très médiatisé dit des “bébés congelés” des époux Courjault. Pourtant ce phénomène mal connu touche environ 3 femmes enceintes pour 1 000. En France, elles seraient entre 600 à 1 800 selon les années. Cela semble une situation tellement inconcevable que pendant longtemps les spécialistes réservaient ce terme aux parturientes atteintes de troubles psychiatriques.

Une situation pas si exceptionnelle

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Aujourd’hui, on sait que cela peut toucher des femmes “saines d’esprit”. Le docteur Félix Navarro, président de  l’Association française pour la reconnaissance du déni de grossesse (AFRDG) et très récemment décédé, expliquait lors de l’une de ses interventions que  « Les signes de grossesse sont soit absents, soit diminués. Et si diminués, ils sont mal interprétés. », Ainsi, les mouvements du bébé sont perçus comme des coliques; les quelques kilos pris – et il n’y en a pas toujours - comme le résultat de petits excès. Qui plus est certaines femmes continuent à avoir leurs règles ; d’autres sont sous ontraception.

Mais une question taraude l’entourage et les mères elles-mêmes : la grossesse est ignorée parce que les signes ne sont pas là, ou est-ce parce qu’on ignore cette grossesse que les signes sont absents ? Et pourquoi, le fœtus ne manifeste-t- il pas sa présence? Se cache-t- il volontairement ? Sophie Marinopoulos, psychanalyste et psychologue, qui exerce à l'Hôpital Mère-Enfants du CHU de Nantes, expliquait lors d’une interview qu’alors que « la psyché interdit la prise de conscience de la grossesse, le corps réagit en positionnant différemment l’utérus ; telle une carapace, une résistance musculaire se crée au niveau de la paroi abdominale. » Pour elle, « la psyché est le commandant de bord qui donne les signes du vivant et peut aussi les entraver. »
Clémence a vécu “un déni de grossesse” et tient à témoigner. Ce dont elle a le plus souffert c’est le
regard des autres et tout particulièrement de certains personnels soignants. Non, elle ne redoutait
pas d’être enceinte. Avec son ami, ils envisageaient un avenir commun avec des enfants. Pas tout de suite, certes. Julien venait juste d’investir dans un charmant appartement au 7e étage sans
ascenseur. « On s’était même dit qu’on ne pourrait pas le garder très longtemps, parce qu’avec une poussette ce serait vite compliqué ! » se rappelle en souriant Clémence. « Finalement, on gère tout ça très bien. »

L’histoire s’est vite emballée. « Nous revenions de vacances où nous avions assisté à plusieurs
festivals. De la musique, un peu d’alcool, des fêtes entre amis… Je me sentais fatiguée et je souffrais d’œdèmes aux jambes et aux cuisses. J’avais déjà eu des œdèmes, mais cette fois, ils me faisaient souffrir et je craignais un diagnostic peu encourageant. »
Le médecin m’envoie faire des examens. Le choc, je l’ai eu chez le radiologue, se souvient Clémence. Heureusement elle était allongée, lorsque ce dernier lui annonce qu’elle a un bébé de huit mois d’environ 2 kilos. « Je n’ai pas pleuré, j’étais sous le choc. Ma première pensée a été : est-ce qu’il va bien ? Ai-je mis sa santé en danger en ne prenant pas de précaution particulière ? Je ne réalisais pas vraiment. C’était si soudain, j’allais être mère dans moins de trois semaines. » Pour Julien, l’annonce aussi est un “cataclysme”. Sur le coup, il y a tant de problèmes administratifs à régler, de logistique à organiser que Clémence et Julien n’ont pas le temps de se poser trop de questions.
L’ordinateur de la CAF refuse de prendre en charge le dossier. « Mais Madame, je ne peux pas sortir votre dossier, il manque des cases. Il me faut vos examens du cinquième mois… et les échographies aussi. » Il s’agit de garder son calme et d’expliquer sereinement que non, avec toute la meilleure volonté du monde vous ne pourrez pas fournir les renseignements demandés. Justement, car vous venez juste d’apprendre que vous allez accoucher dans moins d’un mois. Et que ces fameux examens vous ne les avez pas faits… Et que si l’ordinateur ne peut pas être rempli de façon standard, peut être que la bonne vieille version papier pourrait être utilisée ? Non, pas possible, car le système après ne vous reconnaitra pas. Restez zen et souffler.
La nuit qui suit cette révélation, le ventre de Clémence change. « Non, il n’est pas devenu gros en une seule nuit, cela a pris une bonne semaine pour ressembler à un ventre de cinq mois. Moi, j’ai senti bouger le bébé. Pour Julien, c’était plus dur. Il a à peine eu le temps de comprendre qu’il allait être père que notre petit Gabriel était là. » Oui, ce n’est pas facile à gérer et en plus les jeunes parents culpabilisent. Pourquoi on n’a rien vu. « J’étais sous contraception, je ne pensais pas pouvoir être enceinte, cela ne m’a pas traversé l’esprit. Et je refuse que l’on me dise que je ne voulais pas être enceinte. Je ne savais pas. »
Dire qu’il n’y a pas eu de tensions serait mentir. Mais le jeune couple a été très entouré et les
familles des deux côtés étaient ravies d’avoir un petit-fils. Depuis la naissance de Gabriel, tout le
monde met les bouchées doubles. « Un week-end on va voir mes parents, celui d’après ceux de Julien. On a parfois l’impression d’avoir raté quelques épisodes avec Gabriel. La joie de l’attente,
l’impatience de sa venue… mais je n’ai eu aucun signe désagréable de la grossesse. Et ça, c’est un
plus. »
Et Gabriel ? C’est un bébé charmant, facile, au sourire ravageur et qui ne pleure quasiment
jamais. Classique, confirme Sandrine, une infirmière chevronnée. Les bébés nés après un déni de
grossesse continuent à se montrer très discrets, ils pleurent très peu... Ils ne veulent pas se faire
remarquer. » Clémence a depuis repris son travail, s’occupe avec amour de Gabriel… qui devrait très prochainement avoir un petit frère ou une petite soeur. « Nous avions envie d’avoir des enfants rapprochés. On a juste dû adapter notre planning de vie. Gabriel, nous a un peu forcé la main pour commencer plus vite que prévu. »

 

Le déni de grossesse est relativement peu étudié et nombre de professionnels peu formés pour accompagner ces mères. Clémence souffre encore de la réaction du pédiatre de la maternité qui n’a pas eu de mots tendres à son égard et dont la première recommandation a été de lui envoyer une
assistante sociale pour un suivi psychologique. « Je me suis sentie fautive. J’avais l’impression qu’elle laissait entendre que comme je n’avais pas eu conscience de ma grossesse, je ne pouvais qu’être une “mauvaise” mère, voire dangereuses pour mon enfant. J’avais plus besoin d’être rassurée et de savoir que cela n’impacterait pas le développement de Gabriel. » Alors, oui, elle veut témoigner et expliquer que cela peut arriver à des couples bien informés, qui souhaitent des enfants… et que rien ne les empêchera de devenir des parents aimants et attentionnés. Juste un début d’histoire atypique qui, ici, n’est justement qu’à ses tout premiers pas.

Ouvrage de référence :
La décision - De Isabelle Pandazopoulos
Aux éditions Gallimard

 

 


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