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Publié le 30/04/2008  | Le musée Christian Dior de Granville célèbre le dandysme


Le musée Christian Dior à Granville (Manche) célèbre à partir de jeudi le dandysme, dans le cadre de la célébration nationale du bicentenaire de la naissance de l'écrivain Barbey d'Aurevilly, théoricien de cet art de vivre élégant et impertinent du XIXè siècle.
"Il y a extrêmement peu d'expositions sur l'élégance masculine dans le monde et notamment en France", souligne Jean-Luc Dufresne, le commissaire général de "Dandysmes 1808-2008, de Barbey d'Aurevilly à Christian Dior", visible jusqu'au 21 septembre.
Natif de la Manche comme Christian Dior, décédé brutalement en 1957, Jules-Amedée Barbey d'Aurevilly mena une vie élégante et désordonnée de dandy, dont il s'est fait le théoricien. L'auteur de l'ouvrage "Du dandysme et de Georges Brummel" était très admiré par le célèbre couturier qui, sans être un dandy lui-même, était un témoin privilégié de cette mouvance.
Parmi les objets exposés dans la villa d'enfance de Christian Dior surplombant la mer et transformée en musée en 1997, figure un portrait de Barbey d'Aurevilly de 1881 provenant du musée du château de Versailles. "Il nous fait la gueule, mais avec classe... C'est un vrai dandy!", juge M. Dufresne. Balayant deux siècles de mode, l'exposition rend hommage à d'autres icônes du dandysme comme Honoré de Balzac, Jean Cocteau, Sacha Guitry, Oscar Wilde ou David Bowie.
Devant la silhouette en carton de l'auteur de La Comédie Humaine, est ainsi exposée une canne en bois de 1834 au pommeau d'or incrusté de turquoises et qui avait coûté à l'écrivain près de 700 francs, une petite fortune à l'époque. Une des dernières chemises portée par l'écrivain irlandais Oscar Wilde, une malle-secrétaire de Sacha Guitry ou encore une broche portée par David Bowie lors d'un concert à l'Olympia en 2000 symbolisent également ce désir d'élégance.
Elles cohabitent avec des vêtements (corsets, robes de chambres en damas, vestes d'intérieur ou gilets en velours brodés de fil d'argent) et des accessoires (gants, cravates, éventails), qui témoignent de la richesse et de la fantaisie de la mode du XIXè siècle. "Le dandy doit aspirer à être sublime sans interruption. Il doit vivre et dormir devant un miroir", résumait Charles Baudelaire dans son recueil de pensées "Mon coeur mis à nu".
L'exposition présente également de magnifiques costumes portés lors des grands bals auxquels participait Christian Dior, qui se travestissait volontiers en roi des animaux ou même en Barbey d'Aurevilly. Elle évoque par ailleurs le dandysme au féminin avec la présentation d'étonnantes robes de la maison Dior, fondée en 1947. Sans oublier le parfum, l'une des armes d'élégance des dandys.

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