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Publié le 30/06/2008  | Rencontre avec Serge Bensimon


Bensimon n'est pas une marque comme les autres, à l'image de son créateur Serge Bensimon, elle est passionnante et entière. Nous avons rencontré celui qui, il y a 25 ans, a tracé un chemin, le chemin de la marque Bensimon.

Si vous deviez présenter votre marque en quelques mots à nos lecteurs, que diriez-vous ?
C’est une marque qui a déjà 25 ans, qui se veut différente des autres et dont on en devient « addict » dès le premier achat. Je ne dis pas ça pour faire référence à votre site, je le disais déjà il y a 25 ans, Bensimon on aime ou on n’aime pas.Ce que je peux dire c’est qu’il n’est pas facile de faire perdurer une marque pendant 25 ans. Après la mode des surplus militaires, il y a eu celle de la « campagne », la marque était alors utilisée pour partir en week-end. Puis, ensuite il y a eu la tendance « casual », plus « sportswear ». Aujourd’hui Bensimon est une marque « chic et élégante » avec tout un côté féminin, qui va aussi bien aux jeunes qu’aux personnes qui l'ont connu depuis le début. Les jeunes connaissent la marque par rapport à la tennis Bensimon qu’on appelle d’ailleurs maintenant « la bensimon », mais toutes les collections intéressent de plus en plus de monde car nos créations restent très accessibles et faciles à porter.
Bensimon, une marque qui tend à s’épanouir de différentes façons, vous venez de sortir des CD disponible dans vos magasins ? Vous faites des bagages pour vélo … Quel est le sens de tout cela ?
Dès le début, quand j’ai ouvert mon premier magasin, je me suis dit « je ne vais pas m’arrêter uniquement aux vêtements ». Je trouve intéressant de toucher à la création dans d’autres domaines, de proposer d’autres choses qui soient accessibles à tous. Les bagages pour vélo, par exemple, sont nées d’un constat selon lequel le vélo devenait un vrai phénomène urbain. C’est pourquoi j’ai créé des sacs pratiques, jolis et ludiques avec de nombreuses couleurs, excepté le noir puisque Bensimon ne fait jamais de noir. Idem pour la musique.
Créer des CD pour une marque n’est pas nouveau. Mon but était d’établir un contact, des relations basées sur l’amitié. J’ai rencontré des artistes, en l’occurrence, les frères Mekdachi du groupe Padam, qui ont accepté de travailler avec moi.Ils ont passé plus de six mois à composer des titres 100% acoustiques, ce qui est vraiment rare. J’ai donné quelques indications sur ce que j’aimais et sur ce que je voulais et nous sommes naturellement parti sur l’idée de retranscrire des rituels de la vie quotidienne. Cela a donné naissance à ce premier album « sur la route » qui reprend le concept du voyage puis au second, « Dodo bébé », un marchand de sable des temps modernes.

Quand vous regardez en arrière et que vous voyez votre parcours, vous vous dites quoi ?
Je me dis que c’est extraordinaire, que j’ai eu beaucoup de chance que j’ai su saisir au bon moment. Mais il faut aussi beaucoup de travail. Quelque part, il y a une part de magie. Aujourd’hui si je regarde vers le passé, je voudrais qu’une chose, c’est que l’on juge mon travail sur 25/30 ans. Voir comment on évolue, comment on change -toujours sans changer- l’important étant de connaître sa direction. Alors maintenant qu’est-ce qu’il me reste à faire ? Je suis en train d’écrire un livre sur mon parcours. Aussi, je crois bien que, plus tard, j’aimerais construire des maisons. Mais des maisons faciles, pas chères ou les gens se sentiraient bien.

Quelle vision avez-vous de la mode actuelle ?
Le problème c’est qu’aujourd’hui beaucoup de marques, à mon avis, ne se diversifient pas assez. Tout le monde fait un peu la même chose. Il est très difficile de dire qu'un vêtement c’est telle marque ou telle autre. Comme dans beaucoup de marchés on veut tout, tout de suite, on ne prend pas le temps.

Etes-vous admiratif de la Haute-Couture ? Quels sont vos couturiers préférés ?
Je ne suis pas du tout admiratif de la haute couture. En revanche, j’aime beaucoup le prêt à porter des créateurs que ce soit Jean-Paul Gaultier ouChanel, également Karl Lagerfeld qui a permis à la marque Chanel de monter au sommet. Pour moi Dior fait beaucoup de présentation théatrâle mais cela fonctionne très bien aujourd’hui.

Comment faites-vous pour gérer toutes vos activités ? Quelle est votre implication dans chaque domaine ?
C’est facile et difficile à la fois. Facile car j’ai débuté en bas de l’échelle donc je connais toutes les étapes du commerce. Avec cette expérience ça facilite les choses même si parfois c’est un travail surhumain et passionnant heureusement mais rassurez-vous je travaille avec des collaborateurs et collaboratrices qui sont tous très performants, qui sont « addict » à la marque et fiers d’y appartenir.J’ai des implications vraiment différentes. Là je reviens du Cap-Ferret où on vient d’ouvrir une boutique dans « l’esprit bord de mer ». J’y suis resté cinq jours avec mon équipe et j’y ai pris énormément de plaisir.

Quel est votre processus de réflexion, de création ? Vos sources d’inspirations ?
Comme la marque à 25 ans, ma réflexion au départ était d’être différent des autres marques. Déjà une marque qui ne fait pas du noir alors qu’on sait que le noir est la couleur qui se vend le mieux, c’est marquer sa différence. Je voulais une marque qui entre dans une sorte de confidentialité. C’est aussi une façon de penser quelle est notre clientèle, quelle est notre cible, à qui nous nous adressons . Il y a une vraie étude là-dessus. Mes sources d’inspiration sont un peu comme celles de tout le monde : les voyages, l’art…. Et puis aussi des envies parfois toutes simples.
Avez-vous des moments de doute ? Des angoisses ?
Oui, tout le temps. Dans la mode c’est tous les six mois que l’on se remet en question ! Quand la collection n’a pas bien marché c’est assez facile de se faire mieux mais c’est lorsqu’elle a été très bien accueillie là que cela se complique car il faut faire une collection encore plus belle ! Quelle couleur choisir, quelle matière, quel modèle va le mieux marcher….Alors ça c’est de l’angoisse !
La société Bensimon compte plus de 130 employés donc des responsabilités qui reposent sur mes seules épaules.Je crois que personne ne s’aperçoit de la difficulté aujourd’hui de faire des collections dans le prêt à porter. On pense surtout aux grands créateurs, mais je peux vous assurer qu’ici il y a un vrai travail de création qui se fait dans un huis clos. Si on se trompe de couleur c’est terrible, si on se trompe de proportion c’est terrible aussi; mais j’ai un avantage sur les nouvelles marques c’est que moi j’ai déjà une clientèle, j’ai déjà une direction, j’ai une route.

Quels sont vos futurs projets ?
Dèjà, comme évoqué tout à l’heure, écrire un livre. C’est un travail de psychanalyse de haut niveau !! Mais cette biographie sera intéressante car elle va permettre à un grand nombre de personnes et notamment la jeune génération, de pouvoir s’inspirer de mon travail. Je veux leur montrer que l’on peut réussir tout en étant autodidacte. Si cela peut donner l’étincelle à des jeunes qui vont se dire « pourquoi pas moi ? » alors c’est très bien.Je ne suis pas le seul, dans la mode on est une génération qui avons réussit ainsi. Des gens comme Diesel, Chipie, Chevignon ont démarré comme moi, il y a 25 ans. On peut même rire de nos débuts. Mais derrière tout cela il y a quand même de belles réussites. Quand on s’appelle Bensimon et que l’on fait de son propre nom une marque, je peux vous dire c’est vraiment génial.

Bientôt les vacances, à quoi ressemblent les vacances de Serge Bensimon ?
Alors je suis en vacances toute l’année, non je plaisante… Depuis quelques années maintenant je passe mes vacances dans ma maison en Provence. Je rentre, je mets un short, des chaussures confortables (pas forcément des Bensimon, c’est ma femme qui les porte !) et là, je fais des siestes, je prends tout au ralenti. Je me vide la tête (…). Je nage , je lis beaucoup, c’est vraiment la détente. J’essaye de cuisiner sainement. Nous faisons des choses que nous n’avons pas l’habitude de faire, nous nous levons plus tard… Nous nous laissons aller et nous profitons aussi de nos amis.

Quelle empreinte aimeriez-vous laisser ?
Vous devriez arrêter avec vos bonnes questions (rires) !
C’est marrant il y a quelques jours de cela je me suis demandé : « mais qu’est-ce vont devenir ces tennis Bensimon dans 500 ans ? » Je me suis dit qu’elles deviendraient un objet d’archéologie (rires) ?Pour être plus sérieux je voudrais que les gens se souviennent du jean de marque qu’ils ont porté et qu’ils ont aimé, parce qu’avant toute chose « il faut qu’on aime le produit profondément », que l’on retienne son histoire. Car finalement ce n’est qu’un pantalon ou une veste mais combien de gens ont travaillé dessus, quel travail a été fait sur ce produit, tout cela compte autant que le vêtement lui-même. Si le vêtement pouvait parler il raconterait une histoire. C’est la notion de mémoire qui importe parce que l’on vit avec le vêtement.

Auriez-vous des conseils à donner à des jeunes qui veulent entreprendre ?
C’est le but que je me suis donné, et le livre que j’écris va servir à cela. Je suis ouvert à rencontrer des jeunes, pour qu’ils me posent des questions.. Je crois que c’est important qu’ils sachent qu’aujourd’hui, certes, je suis Serge Bensimon qui est connu dans le monde entier mais avant tout il faut savoir que je n’ai pas commencé ainsi. Quand je suis arrivé de Nice à Paris, il faisait froid, je dormais avec ma grand-mère dans un petit studio …
Les jeunes doivent prendre conscience que c’est comme ça que l’on commence et que l’on apprend. En mon sens, il faut faire l'effort de prouver des choses, montrer que l'on est capable de construire quelque chose de positif pour espérer en mériter les contre-parties.
C’est pourquoi, le gouvernement devrait aider plus particulièrement ceux qui sont motivés et qui ont envie d’entreprendre. Je veux bien devenir ministre pour cela !
Et surtout toujours valoriser les gens, de toutes les couleurs, de toutes les races, de tous les milieux, de toutes les nations, c’est ce qui fait la beauté d’un pays.

Interview réalisée par Marie Joe Kenfack

INFOS PRATIQUES :
Boutiques Bensimon
8, Rue des Francs Bourgeois - 75 003 Paris - Tel: 01 42 77 06 08
12, rue des Francs Bourgeois - 75 003 Paris -Tél. 01 42 77 16 18
 

 
   

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