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|BeauteSante|

21/01/2013 - Interview Serge Lutens, l'indétrônable parfumeur

Le nom de Serge Lutens ne vous parle peut-être pas. Pourtant monsieur Lutens est sans contexte aujourd'hui l'un des plus grands sinon le plus grand parfumeur français. C'est aussi un grand artiste. Né en 1942 à Lille, il sera très vite séparé de sa mère, puis placé dans une famille. De ce sentiment d'abandon naitra une fibre artistique forte. A 20 ans, il s'installe à Paris. Grâce à une amie et à quelques tirages photographiques il parvient à séduire les meilleurs magazines de l'époque. Très vite il se fait un nom dans la mode et la beauté, sa vision est appréciée de tous.
En 1967, Christian Dior qui s’apprête à lancer sa ligne de maquillage, fait appel à lui. Il créera pour cette maison couleurs, style et images. Dans les années 70 il séduit l'Amérique et la célèbre rédactrice Diana Vreeland voit en lui un visionnaire de la beauté et du maquillage. Dans les années 80 il collabore avec Shiseido dont il construit la réputation. à cette époque et pour cette marque qu'il conçoit son premier parfum. Puis il invente d'autres fragrances comme «Ambre sultan», «Tubéreuse criminelle», «Cuir mauresque»… Son ascension se poursuit dans les années 90 et 2000, Serge Lutens se voit décerner en 2007 la distinction de Commandeur dans l’ordre des Arts et des Lettres.
En 1992 il a ouvert «les Salons du Palais Royal», un lieu unique, plus qu'une boutique. Fashions-addict.com est allé à la rencontre de ce "personnage" unique dans le monde de la beauté.


Interview Serge Lutens

Pensiez-vous un jour devenir parfumeur ?
Si je me suis intéressé au parfum, c’est par la littérature. Je ne citerai pas Baudelaire qui est une évidence mais c’est surtout la façon dont un parfum peut naître d’une histoire, d’un roman, d’un film….etc, qui m’a attiré. C’est dans cette optique que j’ai ressenti une sorte d’attirance pour le parfum, constituant du principe même d’une carte d’identité invisible…bien que pourtant tellement manifeste !

Pour répondre plus précisément à votre question, devenir parfumeur ou quelque chose de classé, d’étiqueté, ne m’intéresse pas. J’ai des choses à dire et pour cela, j’utilise certains moyens, mais il est clair que la finalité « produit » (par-là, j’entends, accroche commerciale) n’est pas le centre.

Depuis toujours vous êtes un esthète, un créateur de beauté, comment est venue cette vocation ?
Il n’y a pas réellement de vocation. Il serait plus juste de parler de nécessité. Par ma vie et dès mon enfance, j’ai vécu une sorte de dédoublement faisant que lorsqu’une personne vous manque, vous devez l’imaginer, l’inventer, pour la faire vivre et prendre sa place. Ce n’est pas un choix. Il n’y a pas de possibilité de figuration s’il n’y a pas nécessité. Prenez l’exemple de Picasso. C’est un démiurge. Des personnes comme lui, le siècle n’en a pas produit, plus que les doigts d’une main. Ces gens sont prisonniers et ne peuvent échapper à leur Art. C’est leur seul recours et échappatoire à la vie. Je ne me compare pas à ces cas mais il est certain que je n’avais pas la vocation d’un travail ou ce genre de truc à la mode.

Vous avez travaillé avec les plus grandes stars, lesquelles vous ont marquées à jamais ?
J’ai travaillé avec beaucoup de personnes connues mais, je n’ai jamais fait aucune différence avec des inconnus qui avaient le même potentiel. Etre célèbre, c’est un coup de dé et comme le dit Stéphane Mallarmé : « Jamais un coup de dé n’abolira jamais le hasard. »
Au début des années 70, j’ai travaillé avec Anjelica Huston. Il existait entre nous ce jeu du double voire du triple, vu qu’à l’époque, elle vivait avec Bob Richardson. Dans ce jeu de miroirs entre nous trois, il ne s’agissait pas de s’éblouir mais d’être ébloui.

Pouvez-vous nous dire quelques mots sur votre première boutique au Palais-Royal ?
L’idée au départ pour cette boutique était de la concevoir comme une Maison de parfums (comme on dit, une Maison de thés) qui aurait réuni des amateurs s’étant déplacés spécialement, dans ce lieu enclavé, difficile d’accès et par cela, protégé. Je ne souhaitais pas faciliter le passage, même si cela devait limiter le nombre de passants.
Par ailleurs, j’avais été influencé par des films vus enfant, comme L’affaire du courrier de Lyon et cette fabuleuse période du Directoire, si inscrite au Palais Royal.
J’avais donc ce souhait d’arriver dans ce lieu sur la pointe des pieds pour faire partie de cette Histoire, mais, sans toutefois me faire remarquer. Il faut comprendre que pour moi, la place du Palais
Royal a vocation d’abandon : j’aimerais tellement, à terme, un jour, voir cette boutique délabrée, les colonnes de Buren ruinées, les boules de chrome rongées et rouillées par l’eau des fontaines, les jardins laissés à eux-mêmes ! En somme, que le Palais Royal devienne ou redevienne une Cour des Miracles uniquement là pour être constatée.
Je ne suis hélas, qu’un habitant de cet abandon sublimé mais je lui ai donné une adresse.

Pourquoi « La fille de Berlin » comme nom à votre prochain parfum ? Quelle est cette nouvelle fragrance ?
Elle est rouge, détonante et étonnante. Elle traverse mon histoire. Comme vous le voyez, c’est une fille. Je la double et elle me double. Elle est à Berlin car cette ville fut l’incarnation durant la période de Weimar, de la liberté et la folie ; celle qui engendra les fins, les décadences et où toutes les injustices étaient possibles. Un rêve avant le suicide. Elle fut la guerre, la mort, la beauté et le courage que tout cela engendre. J’aime cette Allemande !

Etes-vous proche des créateurs de Mode, la suivez-vous ?
La mode en soi ne m’intéresse pas. Je lui préfère la façon qu’ont les filles de s’inventer avec mais, plutôt sans. La mode est un moyen, non une fin. Ce n’est pas la mode, mais LE mode qui m’importe ; une façon de faire, de penser, d’articuler sa vie où le vêtement devient ce que nous en faisons et non pas, ce que de nous, il fait. Comme vous l’aurez compris, je ne suis proche de rien mais à distance de tout.

Croyez-vous au destin ?
C’est lui qui me le dira ! Je ne peux y croire en soi, mais, il y a des circonstances que certains noment « bonne étoile », « Dieu », « chance », il y a des gens qu’on rencontre, des gens à qui l’on pensait et que, tout à coup, l’on rencontre. Il y a la malchance qui crée la chance et inversement. Il y a l’argent qui vous ruine, la pauvreté qui vous enrichit, la peur qui vous rend courageux. Le destin, je ne sais pas s’il a une force mais il me semble que nous sommes inscrits dans quelque chose et qu’il est très difficile d’être une gomme pour l’effacer !

Propos recueillis par Marie Joe Kenfack


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