Audrey Hepburn, icône glamour absolue
Culture | Publié le 04/05/2009 11:15:13
Le 8 juillet prochain sortira en salle le film La Rumeur réalisé en 1961 par William Wyler avec dans l’un des rôles principaux l’actrice Audrey Hepburn, l’occasion pour nous de dresser le portrait de l’icône glamour que fût et reste Audrey Hepburn. Tout d’abord quelques mots sur ce film atypique dans la carrière de l’actrice et qui est souvent négligé dans sa filmographie. « The children’s Hour » titre original de La Rumeur a été tourné en 1961 et diffusé en salle aux Etats-Unis en décembre 1961. Pour Audrey Hepburn, ce rôle fait suite au succès du film Diamants sur Canapé de Blake Edwards (1961) et précède deux grands succès Deux têtes folles de Richard Quine tourné à Paris et Charade de Stanley Donen. Depuis le film Vacances Romaines (1953) également de William Wyler, Audrey Hepburn incarne un modèle de charme et d’élégance. En 1961, Audrey Hepburn a déjà obtenu une quatrième nomination aux Oscars.
Une histoire particulière
La Rumeur raconte une histoire particulière : celle de deux femmes dirigeant une école pour jeunes filles, Karen (Audrey Hepburn) doit épouser le médecin de la ville (James Garner) délaissant son amie Martha (Shirley MacLaine). Ces deux femmes voient leur existence bouleversée par la rumeur leur prêtant une aventure homosexuelle inventée par une élève. Un amour contre nature que Karen finira par s’avouer. William Wyler le réalisateur de Ben Hur (11 Oscars en 1959) signe avec ce film le remake de son propre film These Three (Ils étaient trois) datant de 1936, une adaptation de la pièce de théatre The Children’s Hour inspirée d’une histoire vraie.
A l’époque l’homosexualité considérée comme perversion sexuelle est interdite de représentation cinématographique à Hollywood. C’est donc avec beaucoup de subtilité que réalisateur et acteurs contournent le Code Hays, véritable censure imposée durant presque 40 ans (1930-1968) dictant les règles du bon goût et de la décence à Hollywood. Après ce film de nombreux grands réalisateurs s’attaqueront aux sujets de l’homosexualité féminine : Sidney Lumet (Le Groupe – 1966), Tony Scott (Les Prédateurs – 1983), Steven Spielberg (La Couleur Pourpre – 1985), Paul Verhoeven (Showgirls – 1995) et plus récemment David Lynch (Mulholland Drive – 2001).
Audrey Hepburn trouve avec ce film l’un de ses plus beaux rôles pourtant méconnu. Superbe de grâce et de justesse, elle est la représentation d’une féminité exacerbée, d’un charme et d’une élégance hors-norme qui la suivront tout au long de sa carrière. Audrey Hepburn aurait eu 80 ans en 2009 et a vécu une vie digne d’un grand roman se partageant entre la Suisse où elle vivait, les Etats-Unis et Paris où elle tournait.
Née en Belgique en 1929, Audrey Hepburn est moitié hollandaise par sa mère moitié irlandaise par son père. De son vrai nom Edda Van Heemstra-Ruston c’est au début des années 50 une fois installée à Londres qu’elle adopte le prénom Audrey car il ressemble à Edda et le nom Hepburn car il fait très anglais. Danseuses classiques de formation et mannequin à ses heures, elle débute au cinéma dans de brèves scènes. C’est en 1951 qu’elle fait la rencontre de l’écrivain Colette qui l’a choisit pour le rôle de Gigi dans une adaptation musicale à Broadway. En 1952 elle obtient son premier grand rôle dans un film américain celui d’une princesse dans le film Vacances Romaines de William Wyler. Avec ce film elle obtiendra l’Oscar de la meilleure actrice. A partir de là sa carrière s’envole. En 1954 elle tourne Sabrina de Billy Wilder où elle a pour partenaires Humphrey Bogart et William Holden, les plus jeunes connaissent sans doute mieux la version de Sidney Pollack avec Julia Ormond et Harrison Ford.
Ce rôle de Sabrina fût l’un des plus importants de sa carrière car il lui offrit une nouvelle nomination aux Oscars et surtout lui permit de rencontrer le couturier Hubert de Givenchy, qui réalisait les costumes du film, dont elle sera l’ambassadrice devenant ainsi l’une des premières égéries liée à une Maison de Couture. Leur collaboration se poursuivra sur les films Drôle de frimousse, Ariane, Diamants sur canapé, Charade, Deux Têtes folles et Comment voler un million de dollars. Leurs carrières respectives furent étroitement liées. En 1957, il conçoit pour elle son nouveau parfum L’Interdit. Cette fragrance contient des notes de violette, de rose, de jasmin, de poivre et de girofle, sur un fond boisé, santal, ambre et encens. A l’image de l’actrice ce parfum est chic, sophistiqué, romantique et biensûr très féminin. Il est la représentation de la femme alliant charme, esprit, élégance, style et glamour.
Audrey Hepburn avec sa silhouette unique et ses tenues signées Givenchy déclenchera sans le vouloir un véritable phénomène de mode. Les jeunes filles et les femmes s’identifient à elle et se coiffent, se maquillent et s’habillent en copiant leur idole. Les studios Disney se sont même inspirés d’Audrey Hepburn pour dessiner La Belle au bois dormant.
Audrey superstar enchaîne les grands films dont Guerre et Paix, Funny Face (Drôle de frimousse – 1957) où elle a pour partenaire Fred Astaire. Les robes sont signées Givenchy et le tournage a lieu à Paris.
Si sa vie professionnelle est une grande réussite, sa vie de femme est plus compliquée. Elle devra souffrir de cinq fausses couches. Elle aura un garçon de son mari l'acteur Mel Ferrer en 1960 mais refusa plusieurs grands films : West Side Story, Cléopâtre, La Mélodie du bonheur. Elle tourne ensuite Breakfast at Tiffany’s (Diamants sur canapé) puis My Fair Lady.
Divorcée de Mel Ferrer, elle se remarie en 1969 avec Andréa Dotti, un psychiatre italien dont elle aura un fils en 1970. Suite à des menaces des Brigades Rouges sur sa famille, elle quitte Rome pour retourner en Suisse. Après quelques rôles secondaires à la fin des années 70, elle s’éloigne du monde du cinéma, divorce de Andréa Dotti et se consacre à l’Unicef dont elle est l’ambassadrice spéciale. On la verra une dernière fois au cinéma dans le film de Steven Spielberg Always. Atteinte d’un cancer du côlon, elle meurt le 20 janvier 1993 dans sa villa « La paisible » de Tolochenaz-sur-Morgues à l’age de 64 ans.
Audrey Hepburn conserve une image intacte et unique, symbole de l’élégance, un charme incroyable qui vous emportait dès le premier regard. Une femme qui aura marqué son époque et les suivantes, une vraie icône glamour au même titre que Greta Garbo, Marilyn Monroe, Grace Kelly ou bien encore Jackie Kennedy. Un style unique symbole d’élégance qui aujourd’hui encore reste actuel et intemporel. Son duo avec Givenchy a inspiré de nombreux créateurs notamment américains. Sa beauté, ses yeux parfaits, son style ont longtemps été des modèles et le symbole d'une certaine élégance aboslue.
Par MJK
INFOS PRATIQUES :
LA RUMEUR (The Children’s Hour) en salle le 8 juillet 2009 (copies neuves VO)
Durée : 1h45 / Noir & Blanc
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