Bershka ressuscite l’esthétique skate des années 90 avec Zoo York
Mode | Publié le 02/09/2026 16:56:39
L'enseigne Bershka s’associe à Zoo York pour une collection inspirée du skate new-yorkais des années 90, incarnée par le skateur et acteur Evan Mock. Bershka, marque du groupe espagnol Inditex (Zara, Stradivarius ...), puise dans les archives du streetwear new-yorkais en s’associant à Zoo York, marque culte née de la scène skate de Manhattan. Incarnée par Evan Mock, la collaboration revisite les silhouettes baggy, les graphismes et le sportswear des années 90 et 2000 au moment où la mode redécouvre avec insistance ses cultures urbaines.
Zoo York, une certaine idée du New York underground
Dans le grand mouvement de réappropriation des cultures street qui anime aujourd’hui la mode, toutes les archives n’ont pas la même valeur symbolique. Celles de Zoo York possèdent cette patine particulière des labels qui ont d’abord appartenu à une communauté avant d’intégrer le vestiaire global. Fondée à New York en 1993 par Rodney Smith, Eli Gesner et Adam Schatz, la marque s’est construite loin de l’imaginaire californien qui dominait alors largement l’industrie du skateboard. Elle devient ainsi l’une des premières marques de lifestyle inspirées par le skate de la côte Est à acquérir une reconnaissance internationale, nourrissant son identité des liens entre skateboard, graffiti, hip-hop, art et culture populaire. Une histoire que son propriétaire actuel, Iconix International, continue d'ailleurs de placer au centre de son positionnement.
Plus de trente ans après sa naissance, cette généalogie trouve un nouvel écho chez Bershka. Lancée en 1998 par le groupe Inditex, l'enseigne a rapidement fait de la jeunesse et des phénomènes culturels qui l'accompagnent l'un de ses principaux territoires d'expression. Dès les années 2010, son univers commercial se rapprochait déjà de la musique et des concerts avec son concept de boutiques Stage. Au fil des années, les collaborations sont devenues un autre moyen de créer des passerelles entre vêtement et pop culture. Votre magazine avait notamment évoqué les collections imaginées avec Billie Eilish, Paloma Mami ou encore Hatik. Cette stratégie reste cohérente avec l'évolution récente de Bershka, qui continue de développer de nouvelles propositions, comme la ligne Series, tout en étendant son implantation internationale. En 2025, l'enseigne a notamment ouvert ses premiers magasins à Mumbai, Copenhague et Stockholm.
La rencontre avec Zoo York pousse toutefois cette logique un peu plus loin puisqu'elle ne repose pas uniquement sur une personnalité ou une licence immédiatement identifiable. Elle exploite un patrimoine culturel, celui du New York underground et du skateboard de la côte Est, à une époque où les marques cherchent précisément dans leurs archives et dans les sous-cultures des années 1990 et 2000 de nouveaux récits. Dans un marché de la mode saturé d'images et soumis à une accélération permanente des tendances, l'héritage devient une matière première particulièrement recherchée. Les labels capables de raconter une histoire antérieure aux réseaux sociaux bénéficient d'une forme de légitimité que les acteurs contemporains tentent ensuite de traduire pour une génération qui n'a pas nécessairement connu leur première vie. La collaboration Zoo York x Bershka illustre parfaitement ce mécanisme : une marque née de la rue rencontre une enseigne mondiale capable de diffuser ses signes distinctifs à grande échelle. Cette association accompagne aussi l'expansion internationale de Zoo York, avec notamment des dispositifs dédiés prévus dans certains flagships européens de Bershka.
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Evan Mock, trait d'union entre skateboard et mode
Le choix d'Evan Mock pour incarner cette rencontre apparaît presque comme une évidence. Skateboarder, mannequin, acteur et créateur américain originaire d'Hawaï, il appartient à cette génération de personnalités pour lesquelles les frontières entre disciplines semblent avoir largement disparu. Sa notoriété s'est accélérée après qu'une vidéo de lui en train de skater a été relayée par Frank Ocean en 2019. Depuis, il a construit un parcours qui l'a mené aussi bien vers la mode que vers la fiction, notamment avec son rôle dans le reboot de Gossip Girl, tout en conservant un lien très concret avec le skateboard. Installé à New York, il a également travaillé avec des maisons comme Louis Vuitton et Saint Laurent et développé sa propre marque Wahine. Fin août 2026, il dévoilait encore une collaboration entre Wahine et la maison australienne de parfums ORB., inspirée de North Shore à O‘ahu.
Pour Zoo York et Bershka, Evan Mock fonctionne donc moins comme une simple égérie que comme un passeur culturel. Son parcours condense précisément les territoires que la collection cherche à rapprocher : skate, mode, image et culture urbaine. La campagne joue cette carte sans chercher à lisser excessivement l'univers du skateboard. Les images le montrent dans un New York immédiatement identifiable, entre bancs couverts de tags, grillages, trottoirs, briques et skateparks. La photographie alterne couleur et noir et blanc, tandis que Mock apparaît aussi naturellement assis sur une planche que coiffé d'un bonnet Zoo York surdimensionné. Cette approche visuelle contribue à éviter l'écueil d'une nostalgie trop littérale : les références sont évidentes, mais elles sont replacées dans une esthétique contemporaine.
Côté vestiaire, la capsule réactive méthodiquement le vocabulaire du skate des années 90 et du début des années 2000. Les volumes sont généreux, les jeans larges voire franchement baggy, les tee-shirts graphiques et les sweats à capuche. Surchemises à carreaux, vestes varsity et références au hockey installent une dimension très américaine, tandis que polos, pantalons cargo, coupe-vent et survêtements renforcent la composante fonctionnelle de l'ensemble. Le logo Zoo York, loin d'être discret, retrouve naturellement une place centrale. Cette logomania assumée n'a rien d'anecdotique : elle renvoie directement à une époque où le vêtement streetwear fonctionnait comme un signe d'appartenance à une communauté, avant de devenir l'un des moteurs esthétiques de l'industrie de la mode. La palette de bleu marine, noir, blanc, gris, rouge et crème conserve quant à elle une certaine sobriété, laissant les contrastes, les carreaux et les interventions graphiques construire l'identité des silhouettes. Casquettes, bonnets en maille et baskets d'inspiration rétro prolongent cette lecture jusqu'aux accessoires.
Cette collection arrive surtout au bon moment. Après plusieurs saisons dominées par le retour des années 2000, le marché continue d'explorer les silhouettes relâchées, les pantalons très larges et un sportswear débarrassé de l'obsession du vêtement ajusté. Le skate devient alors moins une tendance isolée qu'un réservoir de formes dans lequel la mode contemporaine vient régulièrement puiser. Zoo York apporte ici la profondeur historique et Bershka la capacité à reformuler cette histoire pour un public plus jeune. Les premières pièces disponibles en France donnent également une indication du positionnement : le pantalon super baggy est affiché à 39,99 euros, tandis qu'un jean brodé atteint 69,99 euros et qu'une veste à capuche est proposée à 59,99 euros.
Au-delà du simple exercice de collaboration, Zoo York x Bershka raconte ainsi quelque chose de l'époque. Alors que la frontière entre luxe, streetwear, sport et mode grand public s'est considérablement effacée, les marques cherchent désormais moins à inventer de nouveaux territoires qu'à identifier les cultures possédant encore une véritable charge émotionnelle. Le skateboard new-yorkais en fait incontestablement partie. Zoo York possède les archives, Evan Mock en incarne la continuité contemporaine et Bershka lui offre une nouvelle caisse de résonance. Une manière de rappeler qu'en mode, la nostalgie fonctionne surtout lorsqu'elle réussit à redevenir actuelle.
Infos pratiques :
La collection Zoo York x Bershka est disponible sur le site et dans le réseau Bershka, avec des disponibilités variables selon les pièces et les marchés. Parmi les références actuellement proposées en France : pantalon super baggy à 39,99 euros, veste à capuche à 59,99 euros, jean brodé à 69,99 euros et sweat réversible à capuche à 59,99 euros.
Par la rédaction
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