Caroline Tronel, la créatrice qui veut redéfinir le parfum masculin avec URBANBEAST
JeunesCreateurs | Publié le 02/07/2026 09:13:25
Avec URBANBEAST, Caroline Tronel propose une nouvelle vision du parfum masculin. Rencontre avec une créatrice qui mêle art, parfumerie et entrepreneuriat. Dans un univers de la parfumerie où les créations non genrées se multiplient, Caroline Tronel fait le pari inverse. Diplômée de l'ISIPCA, ancienne professionnelle de la parfumerie de niche devenue artiste à Hong Kong, elle lance aujourd'hui URBANBEAST, une maison pensée exclusivement pour les hommes. Pour notre magazine, elle revient sur un parcours atypique qui mêle création artistique, entrepreneuriat et passion du parfum.
Une nouvelle voix dans la parfumerie de niche
À l'heure où la parfumerie de niche poursuit son essor, une nouvelle génération de créateurs fait émerger des maisons à forte identité. Avec URBANBEAST, Caroline Tronel s'inscrit dans ce mouvement en proposant une vision assumée du parfum masculin. Diplômée de l'ISIPCA, passée par l'univers de la parfumerie avant de devenir artiste à Hong Kong, elle a imaginé une marque où création olfactive, design et direction artistique ne font qu'un. Lancée au Printemps Haussmann pendant la Paris Men's Fashion Week, URBANBEAST marque les débuts d'une jeune maison française dont l'ambition dépasse déjà les frontières de l'Hexagone. À l'occasion de cette rencontre, Caroline Tronel revient sur son parcours, ses inspirations et sa conception d'une parfumerie contemporaine pensée avant tout comme un territoire de création. On est sous le charme de ce talent rare.
À l'heure où la parfumerie de niche continue de séduire un public en quête de créations plus personnelles, URBANBEAST apporte une lecture singulière du parfum masculin. Plus qu'une nouvelle collection, la jeune maison affirme une vision cohérente où chaque élément, du flacon à la composition, participe à raconter une histoire. Une démarche qui mérite toute sa place dans notre rubrique Jeunes créateurs, tant elle illustre l'émergence d'une nouvelle génération d'entrepreneurs capables de réinventer les codes de la beauté premium.
L'interview intégrale de Caroline Tronel est à découvrir ci-dessous.
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Avant de parler de votre marque, pourriez-vous nous raconter votre parcours professionnel ? Votre formation, vos expériences ?
Diplômée de l'ISIPCA, l'École de Parfumerie de Versailles, j'ai passé près de dix ans dans la parfumerie de niche. D'abord dans la création et le développement produit, puis dans la distribution avec l'ouverture de la filiale d'une marque de niche à Hong Kong.
Mais en 2021, en pleine pandémie de Covid, j'ai ressenti le besoin de tout quitter pour me consacrer à ma passion : l'art. Sans formation ni réseau, je me suis improvisée artiste à Hong Kong. J'ai peint sur tout ce qui me tombait sous la main : dalles de béton, morceaux de métal, tissus avec des bombes aérosols, des markers, de l’acrylique déposée le plus souvent à la spatule ou à la brosse... J'ai même réalisé des bronzes, dont un de 150 kg aujourd'hui exposé dans un studio de musique après avoir été exposé plusieurs mois dans le hall d’un grand hôtel à Hong Kong ! Pendant cinq ans, j'ai laissé libre cours à ma créativité, j'ai exploré les textures, les matières, les couleurs. Et en 2025, lors d'un concert à Séoul, tout s’est connecté. J'avais enfin le concept de ma propre marque de parfum. URBANBEAST était né.
En 2026, qui est en quelques mots Caroline Tronel ?
En 2026, je suis une femme indépendante qui mord la vie à pleines dents. J'ai réussi à vivre de mon art pendant cinq ans à l'étranger sans aucune formation ? Je n'ai plus peur de rien ! C'est avec cette attitude confiante et déterminée que je lance URBANBEAST, la première marque de parfum de niche pour homme. Des formules des trois fragrances au design des flacons, du format et dessin des packagings à la typographie et évidemment à de la scénographie de la mise en avant au Printemps Haussmann, je crée tout moi-même. Un pur bonheur pour mon cerveau qui s'amuse à créer des connexions inattendues, oscillant entre pop-culture, références asiatiques et règles de la parfumerie classique. Vous appelez ça du travail ? Moi non ... c'est une exaltation de tous mes sens.
Vous avez lancé une marque de parfum pour homme, comment est né le projet URBANBEAST ? Alors que beaucoup de marques font le choix des créations non genrées, vous allez à contre-courant, expliquez-nous cette volonté ?
J'ai longtemps travaillé sur des parfums féminins et j'ai senti il y a déjà deux ans que les hommes commençaient à envahir les parfumeries. Aux États-Unis et en Europe, certains ont des pages dédiées sur les réseaux sociaux où chacun présente fièrement SA collection. Certains font même des "balades olfactives" en groupe, le soir ou le week-end, dans les grands magasins ou les parfumeries indépendantes. Ce phénomène est impressionnant. Je l'ai anticipé il y a deux ans, je suis pile dans la tendance aujourd'hui ! Pourquoi genré ? Parce qu'un parfum pour homme n'a pas la même concentration, la même projection, ni les mêmes ingrédients qu'un parfum pour femme. Et le plus important : je ne tiens pas à ce qu'un homme qui essaie de me séduire porte le même parfum que ma meilleure amie ! Si certaines femmes aiment porter des parfums masculins, elles seront les bienvenues, mais la marque s'adresse en priorité aux hommes. Et je le vois chaque jour en magasin : les hommes sont heureux de découvrir une marque pensée pour eux.
Quel est votre rôle ou vos rôles chez URBANBEAST ?
Tout ! Création des jus, design du packaging et du logo, dépôt des marques, rédaction des textes du site et du dossier de presse, création des visuels (merci Midjourney !), négociation avec les acheteurs, vendeuse en magasin, organisation d'événements presse et VIP, gestion des stocks, logistique... Je crois pouvoir dire que je suis une vraie entrepreneure. J'aime tout faire (sauf la comptabilité et la facturation, que je délègue, j'avoue !). J'y consacre ma vie, sept jours sur sept, du matin au soir. Et j'adore ça. Je n'ai pas eu la chance d'avoir d'enfant... URBANBEAST est mon bébé.
La marque propose trois créations. Pouvez-vous nous en dire plus ?
URBANBEAST s'adresse aux hommes qui assument leur soif d'ambition. Billionaires' Jungle, le premier, est une "vanille masculine" : elle n’est ni gourmande, ni sucrée, elle est associée à l'encens pour un accord puissant et mystérieux. Walk the Show est un sublime accord patchouli, musc et bois de santal, une signature olfactive unique et distinguée. Out For Legend est un boisé-épicé autour d'un accord safran et mousse de chêne, profond et viril. Mais les mots ne valent pas l'expérience : je vous invite tous à venir les découvrir à la Scent Room du Printemps Haussmann !
À qui s'adresse la marque ?
URBANBEAST s'adresse aux hommes. Je sais que l'industrie essaie de nous convaincre que les jus peuvent être unisexes, mais je ne suis pas d'accord. Quand je formule un parfum pour homme, le choix des ingrédients, la concentration et la projection ne sont pas les mêmes que pour un parfum féminin. La marque est pensée pour eux, pour ces hommes qui ont soif de découvertes et d'audace. Si certaines femmes apprécient la collection et aiment porter des parfums d'homme, je serais ravie de les accueillir, mais la priorité reste le public masculin. Et je passe plusieurs heures par jour en magasin à échanger avec eux : ils sont ravis de trouver enfin une marque qui leur est dédiée.
Lancés à Hong Kong, vos parfums arrivent au Printemps à Paris, pourquoi ce choix ? Quelle est la suite de l'histoire ?
Le Printemps Haussmann est un lieu unique et iconique. Intégrer la prestigieuse Scent Room est un privilège. Je suis extrêmement fière de pouvoir faire mon lancement exclusif avec cette belle enseigne au rayonnement international. La suite ? Déménager à NYC en fin d’année pour accompagner le lancement de la marque aux États-Unis.
Quelles sont vos sources d'inspiration dans votre travail, votre vie ?
Tout peut m’inspirer ! Les villes que je traverse, l'art, la pop culture. Je suis aussi beaucoup les tendances masculines pendant la Paris Men's Fashion Week. Des créateurs comme Nigo chez Kenzo ou Pharrell Williams chez Louis Vuitton m'inspirent énormément par leurs collections et ce mix parfait entre Orient et Occident. En revanche, je ne regarde pas du tout la concurrence... je veux proposer quelque chose de totalement nouveau.
Dans votre activité d'entrepreneuse, quelles ont été les principales difficultés ? Des recommandations à faire pour les femmes qui n'osent pas se lancer ?
Mesdames, ALLEZ-Y ! Quel bonheur d'être libre ! Libre d'imaginer, de créer, de « faire soi-même », de gérer son temps... Je suis indépendante depuis 2021, la meilleure décision de ma vie. Évidemment, cette démarche s'accompagne d'incertitude économique qu'il faut savoir gérer, mais une fois cette étape passée, TOUT DEVIENT POSSIBLE ! Et j'ajoute : beaucoup de choses sont réalisables, même avec peu d'argent, si on adopte un esprit "débrouille". Je n'ai pas d'équipe, je fais beaucoup de choses (tout ?) moi-même, et aujourd'hui, je suis fière. Faire grossir mon équipe sera sans doute une épreuve, mais j'apprendrai... comme tout le monde !
Comment s'annonce votre été ?
CHAUD ! Car j'ai prévu de rester à Paris. Habituellement résidente à Hong Kong, j'ai pris un appartement pour quelques mois à deux pas du Printemps Haussmann. Mon été sera rythmé par les rencontres avec les clients, l'écoute des premiers retours et l'effervescence du lancement. Pas de vacances donc, mais un bel été plein d'apprentissages en perspective !

Infos pratiques :
Marque : URBANBEAST | Fondatrice : Caroline Tronel
Lancement France : Scent Room du Printemps Haussmann (Paris)
Collection : Billionaires' Jungle, Walk the Show, Out For Legend
Contenance : 100 ml | Prix : 280 euros l'eau de parfum
Fabrication : Grasse, France
Par la rédaction
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