Chanel dévoile le film Coco Mademoiselle Crush Absolu avec Gracie Abrams
News | Publié le 20/08/2026 12:19:38
Gracie Abrams incarne Coco Mademoiselle Crush Absolu dans un nouveau film Chanel où Paris, danse, parfum et liberté composent une nuit magnétique.
Après avoir annoncé Gracie Abrams comme nouveau visage de Coco Mademoiselle Crush Absolu en juillet, Chanel dévoile le film qui donne pleinement corps à cette rencontre. Dans un Paris nocturne aux accents cinématographiques, la chanteuse américaine incarne une Mademoiselle libre, instinctive et magnétique, capable de transformer une soirée par sa seule présence.
Gracie Abrams, une Coco Mademoiselle lancée à la conquête de Paris
Il fallait plus qu'un portrait ou qu'une campagne beauté traditionnelle pour accompagner l'arrivée de Gracie Abrams dans l'histoire de Coco Mademoiselle. Un mois après avoir annoncé la chanteuse américaine comme nouvelle égérie de la fragrance, Chanel passe à la deuxième étape de son dispositif avec un film qui transforme l'univers olfactif de Coco Mademoiselle Crush Absolu en véritable récit. La Maison choisit pour décor un Paris nocturne, presque hors du temps, traversé par les tensions entre conventions et désir d'émancipation. Une ville haussmannienne aux rues désertes, éclairée par de faibles ampoules et des pavés luisants, qui semble attendre que quelque chose vienne déranger son ordonnancement. Ce quelque chose sera évidemment Coco Mademoiselle, incarnée par Gracie Abrams. Le film la dévoile d'abord prisonnière d'un cérémonial fait de vêtements et d'apparat, avant qu'elle ne s'en débarrasse pour s'élancer dans la ville : « Libérée, elle fonce en ville. Jambes et visage nus, coupe de garçon, un vêtement blanc et ses yeux noirs, minimale et sublime, elle court vers l'imprévu. »
Le berceau musical de la campagne fait écho à cette liberté, on écoute le tube "Young hearts run free" interprété par Candi Staton, tout au long de cette aventure parisienne.
Cette nouvelle campagne prend une résonance particulière au moment où Chanel célèbre les vingt-cinq ans de Coco Mademoiselle. Créé en 2001 par Jacques Polge, le parfum s'est progressivement imposé comme l'une des grandes signatures féminines de la Maison, construisant autour de son accord ambré boisé une identité distincte de celle du mythique N°5. Son histoire s'est depuis enrichie de plusieurs interprétations, de l'Eau de Toilette à L'Eau Privée en passant par l'Eau de Parfum Intense. Avec Coco Mademoiselle Crush Absolu, Olivier Polge, Parfumeur-Créateur de Chanel et fils de Jacques Polge, poursuit cette généalogie en travaillant davantage l'intensité et la sensualité. Le nouveau parfum associe notamment pamplemousse et litchi, rose et jasmin, puis patchouli, vanille et vétiver. Une composition qui privilégie les contrastes entre éclat fruité, profondeur florale et chaleur ambrée. Nous détaillions récemment cette construction dans notre article consacré au lancement de Coco Mademoiselle Crush Absolu.
Le film publicitaire déplace cependant la question du produit vers celle du personnage. Gracie Abrams ne se contente pas d'y porter un parfum : elle devient momentanément Coco. Une héroïne qui ne connaît pas encore Paris mais qui semble immédiatement capable de se l'approprier. « Elle n'a ni clés, ni plan. C'est pour ça qu'elle va si vite : elle doit créer la route sous ses pieds. L'ingrédient c'est elle, attention », écrit Chanel dans le communiqué où la métaphore olfactive se confond avec celle de l'émancipation. Cette façon d'opposer l'individu aux conventions renvoie directement à la mythologie construite autour de Gabrielle Chanel. Fondatrice d'une maison qui a bouleversé la silhouette féminine au début du XXe siècle, elle demeure pour Chanel moins une référence historique figée qu'un réservoir narratif où puiser les notions d'indépendance, de mouvement et d'anticonformisme.
Le choix de Gracie Abrams s'inscrit dans cette logique de transmission. Déjà ambassadrice de la Maison, la chanteuse avait incarné la pré-collection Printemps-Été 2025 avant de rejoindre l'univers joaillier de Coco Crush. Chanel construit ainsi progressivement son statut plutôt que de multiplier les associations ponctuelles. Nous revenions sur ce parcours lors de l'annonce de Gracie Abrams comme nouveau visage de Coco Mademoiselle. « C'est irréel d'être le nouveau visage de Coco Mademoiselle, je ressens une immense fierté. J'aime le fait que Coco soit quelqu'un qui laisse une empreinte partout où elle passe. Parfois, j'aimerais être davantage comme elle », déclarait alors l'artiste. Thomas du Pré de Saint Maur, directeur des Ressources Créatives Parfums Beauté de Chanel, soulignait de son côté sa « liberté farouche » et son « élégance instinctive », estimant que sa proximité avec Gabrielle Chanel relevait moins de la silhouette que de l'attitude.
Cette stratégie dit beaucoup de l'évolution actuelle des grandes maisons. Dans un marché du luxe plus difficile, où les marques doivent entretenir leur désirabilité tout en renouvelant leurs communautés, l'ambassadeur n'est plus seulement un visage associé à une campagne pendant quelques mois. Il devient le protagoniste d'un univers transversal, capable de circuler entre mode, joaillerie, beauté et culture. Chanel applique précisément ce modèle avec Gracie Abrams, personnalité issue de la musique mais déjà installée dans son vocabulaire esthétique. La Maison avait d'ailleurs indiqué dans ses résultats 2025 poursuivre ses investissements à long terme dans ses activités tout en développant ses réseaux de boutiques Parfums Beauté. Le parfum devient dans ce contexte un terrain stratégique : produit accessible à une clientèle plus large que la haute couture ou la joaillerie, il reste surtout l'un des moyens les plus puissants pour transformer les codes historiques d'une maison en expérience personnelle.
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Une nuit parisienne entre cinéma, Art déco et euphorie collective
Visuellement, la nouvelle campagne (version longue dans la vidéo ci-dessus) se détourne justement de la démonstration spectaculaire pour privilégier une narration très cinématographique. Le film est réalisé par Joe Wright, cinéaste déjà étroitement associé à l'histoire publicitaire de Coco Mademoiselle puisqu'il avait dirigé Keira Knightley dans l'une des campagnes devenues emblématiques de la fragrance. Gracie Abrams reprend ainsi indirectement un rôle autrefois porté par l'actrice britannique, mais sans chercher à en reproduire les codes. La photographie de campagne est quant à elle signée Lachlan Bailey. Dans le film, la nouvelle Mademoiselle ne traverse pas Paris à moto : elle court, se libère, pousse une porte et entre dans un café. Sa coupe courte, son vêtement blanc, les perles accumulées autour de son cou et le contraste avec ses yeux sombres composent une silhouette qui emprunte autant aux Années folles qu'à une certaine modernité minimaliste. Les images présentées par Chanel la montrent ainsi installée dans un décor brun et doré, entre boiseries, banquettes et bar, tandis que le flacon de Crush Absolu apparaît presque comme l'unique accessoire véritablement nécessaire au personnage.
Le café devient alors le véritable théâtre du film. Ses lignes noires et blanches, son langage Art déco et son élégance géométrique établissent une filiation visuelle évidente avec les codes Chanel : simplicité apparente, rigueur, contraste et refus de l'ornement gratuit. Mais le décor n'est qu'une scène en attente d'être réveillée. À son arrivée, Coco « palpite, souffle, rit » avant qu'un coup de talon et un claquement de mains ne déclenchent une transformation collective. Les corps se délient, les gestes deviennent contagieux et la salle entière bascule progressivement dans la danse. « Tous ont un crush pour Coco Mademoiselle », résume le récit, faisant du nom même de Crush Absolu le moteur dramatique du film. La séquence rejoint ainsi une tendance très contemporaine de la communication du luxe : ne plus montrer seulement un objet désirable, mais mettre en scène l'effet qu'il serait capable de produire sur le monde qui l'entoure.
Ce basculement vers la danse est particulièrement pertinent avec Gracie Abrams. La musicienne expliquait récemment que sortir danser était devenu un élément important de sa vie au cours des derniers mois et associait directement cet enthousiasme à l'expérience de cette campagne. Dans le film, ce langage du corps permet surtout de transformer une idée abstraite (l'attraction) en image. Une centaine de personnages finissent par constituer « un tout, cardiaque et harmonieux », dans une scène décrite comme située quelque part « entre le bal et l'inattendu ». La Mademoiselle interprétée par Abrams grimpe finalement sur le bar doré avant de plonger au milieu des danseurs. La fête n'est donc pas un environnement qu'elle rejoint : elle est celle qui la provoque.
Ce choix créatif permet également à Chanel d'inscrire Coco Mademoiselle Crush Absolu dans la continuité de ses grandes campagnes cinématographiques tout en adaptant leur langage à 2026. L'héroïne n'attend personne, ne poursuit aucune romance identifiable et n'est pas définie par le regard d'un partenaire. L'attraction existe, mais elle devient collective. Ce déplacement est significatif : là où la parfumerie féminine s'est longtemps appuyée sur une vision explicitement romantique ou séductrice du désir, Chanel construit ici une héroïne dont le magnétisme découle avant tout de son indépendance. Le « crush » devient moins amoureux qu'énergétique, presque social.
C'est précisément ce qui rend la présence de Gracie Abrams cohérente dans le contexte actuel de la mode et du luxe. Les maisons recherchent désormais des personnalités capables de produire une continuité culturelle entre leurs différents univers plutôt que de simples images de célébrités. Chanteuse, auteure-compositrice, ambassadrice mode et muse joaillière avant de devenir égérie parfum, Abrams incarne cette nouvelle génération de talents dont l'influence se construit simultanément sur plusieurs territoires. Sa présence permet à Chanel de parler à un public plus jeune sans abandonner son histoire ; inversement, la Maison lui offre l'accès à une iconographie et à une mémoire créative qui dépassent largement le cadre de la pop.
Avec ce nouveau film, Coco Mademoiselle Crush Absolu apparaît donc moins comme une déclinaison supplémentaire d'un bestseller que comme une tentative de remettre en mouvement une icône vieille de vingt-cinq ans. Paris, l'Art déco, Gabrielle Chanel, la coupe courte, le noir et blanc, les perles et le parfum constituent le patrimoine ; Gracie Abrams, la danse, la spontanéité et l'énergie collective lui donnent son tempo contemporain. Au terme du film, la foule n'est plus celle du début et Coco Mademoiselle a une nouvelle fois disparu dans son propre mouvement. Une façon très Chanel de rappeler que l'héritage n'a d'intérêt que lorsqu'il continue à provoquer quelque chose.
On vous recommande également l'écoute du troisième album de Gracie Abrams qui s'intitule Daughter From Hell il est sorti le 17 juillet 2026 chez Interscope Records.