Cyrillus réinvente l’iconique imprimé Liberty Poppy & Daisy
Mode | Publié le 24/08/2026 13:56:34
La marque Cyrillus revisite Poppy & Daisy, motif historique de Liberty Fabrics né dans les années 1910, avec une collection femme et enfant pour l’automne 2026. Bien que l'été soit encore là on se tourne vers la rentrée et la prochaine saison. Pour l’automne-hiver 2026, Cyrillus poursuit son dialogue avec Liberty Fabrics autour de Petal & Daisy, nouvelle interprétation du célèbre Poppy & Daisy apparu dans les archives britanniques dans les années 1910. Déployé sur un fond sombre et dans une palette plus intense, cet imprimé historique traverse les générations et devient le fil conducteur d’un vestiaire féminin et enfant pensé comme une histoire de transmission.
Cyrillus et Liberty Fabrics, quand le patrimoine textile devient contemporain
Il existe des imprimés capables de traverser les décennies sans véritablement appartenir à une époque. Poppy & Daisy est de ceux-là. Pour sa collection automne-hiver 2026, Cyrillus revient vers le patrimoine de Liberty Fabrics et choisit de placer ce dessin floral historique au centre d’une capsule baptisée Petal & Daisy. Le choix est loin d’être anodin : dans un paysage de mode où les marques cherchent de plus en plus à construire leur singularité à partir de signes identifiables, de savoir-faire et d’archives, l’imprimé devient un élément patrimonial à part entière. La proposition de Cyrillus repose ainsi moins sur la logique d’une collaboration spectaculaire que sur celle d’une continuité esthétique. La marque française explique que ses stylistes explorent régulièrement les créations et les archives de la maison britannique afin d’en extraire des motifs ensuite intégrés à ses propres collections. Pour cette saison, Petal & Daisy investit plusieurs catégories du vestiaire féminin et enfant, de la blouse au pantalon wide en passant par la veste, la robe chemise et la salopette pour bébé.
Cette rencontre prend davantage de relief lorsqu’on la replace dans l’histoire des deux maisons. Cyrillus revendique plus de quarante ans d’existence et situe ses origines dans l’initiative d’une femme entrepreneure souhaitant imaginer de « beaux classiques » pour ses enfants. Les premières collections sont alors pensées dans un esprit inspiré des maisons de couture, avec des tissus haut de gamme, des coupes structurées et une conception du vêtement familial destinée à dépasser les effets de saison. La marque, qui se définit aujourd’hui comme une maison d’Art de Vivre créée en 1977, a progressivement construit son territoire autour de la famille, de la transmission et d’une certaine interprétation du chic français. Dans ce contexte, le recours à Liberty Fabrics paraît presque naturel : le textile britannique apporte précisément ce supplément d’histoire et de culture du motif capable de transformer une silhouette relativement classique en pièce immédiatement identifiable.
L’histoire de Liberty remonte, elle, à 1875, lorsque Arthur Lasenby Liberty ouvre à Londres un commerce avec trois employés après avoir emprunté 2 000 livres à son futur beau-père. Son ambition dépasse déjà la simple distribution : il veut proposer objets, textiles et créations venus notamment d’Asie et du Moyen-Orient et construire un univers capable d’échapper aux conventions esthétiques de son époque. « I was determined not to follow existing fashions but to create new ones », affirmait Arthur Lasenby Liberty, une profession de foi qui résume assez bien la place que la maison britannique allait progressivement occuper dans l’histoire des arts décoratifs et du textile. Son influence sera telle que l’Art nouveau prendra en Italie le nom de « Stile Liberty ». Derrière l’omniprésence actuelle du petit imprimé floral se cache donc une véritable culture du dessin et de l’innovation textile, alimentée depuis près d’un siècle et demi.
Cette mémoire constitue aujourd’hui l’un des actifs créatifs les plus remarquables de Liberty. La maison évoque un fonds dépassant les 50 000 dessins, tandis que certaines présentations historiques avancent le chiffre de 45 000 pièces, une différence qui illustre surtout le caractère vivant et continuellement enrichi de la collection. Peintures, dessins, photographies, livres de motifs, échantillons et créations originales nourrissent le travail des designers contemporains, qui redessinent, recolorent ou changent l’échelle de compositions anciennes tout en produisant de nouveaux motifs. Cette logique d’archive active est devenue centrale dans le luxe et la mode contemporaine. À l'heure où les maisons historiques multiplient les rééditions et les relectures de leurs signatures, une archive n’est plus seulement un outil de conservation : elle constitue une matière première créative et un puissant instrument de différenciation. Liberty l’a compris depuis longtemps, son patrimoine ayant attiré au fil des années des créateurs aussi différents que Vivienne Westwood, Marc Jacobs, Manolo Blahnik, Richard Quinn, Zac Posen ou Junya Watanabe.
On vous recommande également ces sujets :
Levi's et Koché célèbrent le denim avec une capsule à l'esprit haute couture
Bvlgari Aluminium : l’icône sport chic se réinvente en version estivale
La Pink Megaride d'adidas Originals x Willy Chavarria arrive en édition limitée
Petal & Daisy, la nouvelle vie d’un motif Liberty des années 1910
Au cœur de la collection Cyrillus se trouve donc une histoire vieille de plus d’un siècle. Petal & Daisy dérive de Poppy & Daisy, l’un des floraux emblématiques du vocabulaire Liberty. La maison britannique décrit l’original comme une composition de fleurs délicates aux contours très fins, distribuées à la manière d’une prairie sauvage. Le dessin apparaît dans les archives autour de la fin des années 1910 et aurait initialement été imprimé au bloc de bois ; Liberty précise par ailleurs qu’une version est attestée autour de 1917 dans ses ateliers de Merton. Plus d’un siècle après sa création, le principe graphique demeure remarquablement actuel : un réseau végétal suffisamment dense pour donner du rythme à une silhouette, mais assez délicat pour conserver cette légèreté qui a largement contribué à rendre le « Liberty » reconnaissable bien au-delà du cercle des spécialistes du textile.
La transformation opérée pour l’automne-hiver 2026 joue justement sur cet équilibre entre reconnaissance et déplacement esthétique. Liberty Fabrics présente Petal and Daisy comme une métamorphose de son classique Poppy & Daisy, obtenue notamment par une redistribution de l’équilibre des couleurs. Le dessin conserve son héritage botanique mais gagne en profondeur grâce à des fonds foncés et des tonalités plus riches, une évolution parfaitement cohérente avec la collection textile Design Nature Art développée par Liberty Fabrics pour l’automne-hiver 2026. Chez Cyrillus, cette nouvelle densité chromatique est immédiatement perceptible : les visuels de campagne associent un fond presque nocturne à de petites touches florales rouges, bleues et claires. Cette profondeur modifie la lecture traditionnellement printanière du floral et permet à l’imprimé d’entrer dans un vestiaire automnal sans perdre son identité. Sur les silhouettes femme et fille présentées par la marque, le motif peut ainsi fonctionner en total look ou comme élément de contraste avec des pièces unies.
Le parti pris le plus intéressant réside probablement dans cette circulation du même motif entre les générations. Veste fille, blouse femme, pantalon large, veste féminine, salopette bébé ou robe chemise : Petal & Daisy n’est pas cantonné à une pièce manifeste, mais utilisé comme un vocabulaire commun. Au-delà du traditionnel jeu mère-fille, Cyrillus travaille ici une notion particulièrement présente dans la mode actuelle : celle de la transmission. Le vêtement n’est plus seulement pensé comme objet saisonnier mais comme support d’une histoire familiale, tandis que le dessin Liberty apporte sa propre généalogie, vieille de plus de cent ans.
Cette approche résonne avec un mouvement plus large de l’industrie. Face à l’accélération des tendances et à la circulation instantanée des images, l’archive est devenue une forme de valeur refuge. Les grandes maisons de luxe puisent dans leurs monogrammes, leurs coupes historiques et leurs créations emblématiques ; les spécialistes du textile disposent, eux, d’un patrimoine graphique dont la force repose sur sa capacité à être continuellement réinterprété. Liberty en offre une illustration particulièrement convaincante. Son studio londonien produit encore chaque année des centaines de nouveaux dessins, tandis que les créations historiques sont redimensionnées, recolorées et retravaillées. Le succès durable de Poppy & Daisy tient précisément à cette faculté de mutation : suffisamment identifiable pour porter une mémoire, suffisamment ouvert pour accepter de nouvelles palettes et de nouveaux usages.
Avec Petal & Daisy, Cyrillus ne cherche donc pas à bouleverser les codes de Liberty, mais à les inscrire dans son propre récit. Celui d’un vestiaire familial français qui fait de la qualité textile, des classiques revisités et de la transmission ses principaux marqueurs. À l’heure où le luxe comme la mode premium cherchent à redonner du sens aux matières et aux objets, cette rencontre rappelle qu’une innovation pertinente ne passe pas nécessairement par l’invention d’un nouveau motif. Elle peut aussi consister à regarder autrement un dessin créé il y a plus d’un siècle. Dans le cas de Poppy & Daisy, la démonstration est particulièrement parlante : quelques fleurs dessinées dans les années 1910 suffisent encore, en 2026, à raconter une histoire de mode.
Infos pratiques :
La collection exclusive Cyrillus Petal & Daisy - Made with Liberty Fabric est annoncée pour l’automne-hiver 2026 et comprend des modèles femme et enfant.
Prix : veste fille Petal & Daisy, 130 euros ; blouse femme, 130 euros ; pantalon wide femme, 130 euros ; veste femme, 195 euros ; salopette bébé, 90 euros ; robe chemise femme, 160 euros.
Par la rédaction
Vous avez aimé cet article ? Partagez le :