Defiles

Publié le 19/01/2008
Défilé Homme : un deuxième jour dans la variété
De la Renaissance au Japon des samouraïs, John Galliano et Kenzo ont tous deux plongé vendredi dans l'histoire et ses violences, au deuxième jour des défilés de prêt-à-porter masculin pour l'hiver prochain.
John Galliano a rassemblé les personnages d'une cour royale, courtisans aux vestes richement brodées de pierreries ou à grands cols de fourrure, aux pantalons coupés sous le genou, éclairés parfois par des écailles d'argent, aux bottines à revers. Ces princes aux sombres et fastueuses silhouettes sont coiffés de couvre-chefs qu'auraient pu arborer François Ier ou Henri VIII. Ils côtoient des paysans en pantalons "baggy" à double fond de culotte, en cuir ou en jean, chaussés de lourdes bottes.Plus sombres et inquiétants, des suppliciés, au torse balafré et barbouillé de sang, des condamnés à mort à la tête dissimulée dans une cagoule noire, rappellent la violence des temps et créent un malaise que les grelots des fous en costumes de couleurs vives peinent à dissiper.
Les grelots s'accrochent aux poches des vestes, aux encolures, aux poignets et se mêlent à des pompons, sur les grands losanges rouges, jaunes et noirs d'un manteau spectaculaire.

Kenzo a évoqué l'épopée d'un marchand écossais du XIXe siècle qui fit fortune au Japon et devint samouraï. Une succession de décors projetés sur une toile blanche, au-dessus d'une plate-forme tournante, évoque le voyage de ce personnage, des highlands au Japon en passant par l'Himalaya.
La collection, dessinée par les stylistes du studio Kenzo, propose des cabans et vestes de chasse en laine peignée ou en flanelle qui s'accompagnent de pantalons rayés et de grosses mitaines en laine chinée. Cet homme aux allures de gentleman farmer superpose chemise à carreaux, gilet à col de fourrure et veste.
Pour une allure plus sportive, il porte des blousons multipoches sur des tee-shirts peints à la main et peints au thé, des gilets-doudoune. Au terme de son périple, de riches broderies évoquant les armures des samouraïs envahissent les manches ou les épaules de ses manteaux ou de ses vestes. La palette des couleurs va des gris et bleus rappelant le ciel d'Ecosse, aux bruns et ocres terreux, au noir, avec des éclats de vert, orange et or.

Une approche semblable chez Morishita (photo en bas à gauche) avec une collection en adéquation totale avec la nature, comme si faire de l'écologie en vêtements pouvait aussi passer par l'inspiration. Un vrai coup de coeur pour ce japonais atypique. Voir notre article détaillé avec photos.

Kris van Assche, de son côté, a offert à ses invités un strip-tease inattendu. Les mannequins se sont en effet prestement déshabillés au terme du défilé, ne gardant que leur caleçon -souvent écossais- et leurs chaussettes, après avoir jeté jean, T-shirt et chaussures dans des machines à laver.
Auparavant, ils avaient proposé un vestiaire très tonique qui aime les superpositions et les associations contrastées, avec des chemises écossaises, des pantalons à bande latérale, un court pantalon en lamé argent.

Chez Sonia Rykiel, l'imprimé léopard s'attaque à des pulls aux rayures fuchsia et bleu électrique, s'installe sur des casquettes ou des chemises colorées, envahit un blouson de fourrure. Costumes sur polo, vestes en velours sur col roulé, gilets de laine et grosses écharpes, dans des tonalités sourdes ou éclatantes composent une allure chic et juvénile.
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