Exposition Calder à la Fondation Louis Vuitton : un monde en équilibre à Paris en 2026

Culture | Publié le 16/04/2026 09:04:53
La Fondation Louis Vuitton consacre une grande exposition à Alexander Calder jusqu’au 16 août 2026, entre mobiles, sculptures et œuvres majeures.

La Fondation Louis Vuitton met à l’honneur Alexander Calder avec une exposition exceptionnelle retraçant plus de cinquante ans de création. Entre mobiles iconiques et œuvres monumentales, cet événement célèbre une figure majeure de l’art du XXe siècle. Une immersion unique à Paris jusqu’au 16 août 2026.

Calder, un monde tout en équilibre

La Fondation Louis Vuitton dédie jusqu’au 16 août ses espaces intérieurs et même son jardin aux œuvres, parfois monumentales, de l’Américain Alexander Calder avec “Calder. Rêver en équilibre”. 2026, n’est pas une date choisie au hasard, elle marque le centenaire de la première venue en France de l’artiste, en 1926, et le cinquantenaire de sa mort en 1976, à l’âge de 78 ans à New York.

Son petit-fils Sandy Rower, qui dirige la Calder Foundation à New York, était d’ailleurs présent le jour du vernissage de l’exposition mettant en avant pas moins d’un demi-siècle de création de la fin des années 1920 – avec toute une salle consacrée au Cirque Calder et ses figurines miniatures, articulées avec lesquelles il organisait de véritables représentations – jusqu’à ses œuvres monumentales, souvent commandes d’État ou de grandes entreprises.

Pour l’exposition à la Fondation Louis Vuitton, 317 œuvres ont été réunies, dont 135 sculptures, 20 peintures, 51 bijoux entre autres. Et afin d’ancrer, le travail de Calcer dans son époque, celle-ci est agrémentée de photographies de Pierre Boulat, Agnès Varda, Irving Penn, Man Ray, Garry Winogrand pour n’en citer que quelques-uns mais aussi de tableaux de Piet Mondrain, Fernand Léger, Jean Arp, Joan Miro, Pablo Picasso… En tout 35 artistes accompagnent les œuvres d’Alexander Calder.

Alexander Calder naît en 1898 à Philadelphie en Pennsylvanie dans une famille d’artistes, sa mère est peintre, son père sculpteur. Pourtant, il s’inscrit dans une école d’ingénieur où il obtient, en 1919, un diplôme en génie mécanique. Même s’il a affirmé que ses études ne lui avaient servi en rien dans son travail d’artiste… on peut en douter, tant ses œuvres, subtils jeux d’équilibre et de gravité, requièrent des notions manifestes de lois physiques et demandent des connaissances pointues pour mettra au point tous les mécanismes astucieux qui serviront à animer ses créations, en particulier ses mobiles ou tous les personnages de son Cirque. C’est en 1923 qu’il s’inscrit à l’Art Students League de New York après avoir eu des envies de peinture face à la beauté des paysages lors de son tout premier emploi dans un camp de bûcheron. En quelque sorte, il réintègre l’histoire familiale d’artistes. Son premier grand projet qu’il poursuivra quasiment toute sa vie le Cirque Calder serait né lorsqu’il travaillait pour le National Police Gazette pour lequel il suivait les événements sportifs et urbains, et tout particulièrement le cirque Ringling Bros and Barbum & Bailey, et qu’il devait illustrer. Une œuvre qu’il débutera lors de son arrivée à Paris en 1926. Calder est un as du recyclage, son cirque est bâti à partir de rebus, de morceaux de tissus, de fer, de bois trouvés dans la rue, chez des amis. Une vision très XXIe siècle !!! Son ingéniosité et son habilité sont extraordinaires. Son cirque avec lequel il organisera des centaines de représentations auprès d’intellectuels certes, mais aussi à la campagne pour les paysans. Ses numéros n’ont rien d’enfantins ou d’aimables, il n’hésite pas à faire mourir sa danseuse d’un coup de hache sous le coup maladroit de son lanceur et de la faire évacuer par deux brancardiers !!! Bref, il invente ce que l’on nommerait aujourd’hui, une performance artistique qui durait, paraît-il de 2 à 3 heures.
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Mais Calder, c’est aussi l’art en suspension, le mobile qui semble si fragile, qu’un souffle d’air peut faire bouger. Il se défend d’avoir une vision à imposer, il dit créer des dessins tridimensionnels. Avec du fil métallique, il façonne des sculptures filaires, des portraits. Puis il utilise du bois, du métal… Tout est un jeu d’équilibre, de gravité. Ses œuvres utilisent peu de couleur du noir, du blanc, du jaune, du bleu et surtout du rouge, sa couleur préférée. De toutes ses œuvres, une seule à une vraie dimension politique celle de la Fontaine au mercure où il rend hommage aux mineurs des mines de mercure de la ville espagnole d’Almaden qui avaient résisté au franquisme lors du siège de la ville. Elle fut exposée dans le hall du pavillon de la République espagnole, à côté de Guernica de Picasso lors de l’Exposition universelle de 1937 à Paris. On peut voir une photo de Calder près de sa fontaine et de Guernica, ainsi qu’une maquette de l’œuvre (Galerie 4). L’originale est conservée à la Fondation Joan-Miro à Barcelone.

Au fil de l’exposition, on alterne entre mobiles monumentaux et d’autres de petites dimensions, certains sont juste des formes tandis que, parfois, on va reconnaître une feuille, une fleur ou une partie du cosmos… Il y a même une salle consacrée aux poissons tout en fil de fer et morceaux de verre colorés. Calder ne se voit pas comme un artiste abstrait plus comme un non-figuratif. Il ne cherche pas à délivrer un message, juste à vous de vous laisser toucher ou pas et de projeter ce que vous, vous, voulez voir. Ses œuvres qualifiées de mobiles et stabiles sont issues d’un jeu de mots de Jean Arp. En effet, en 1932, Jean Arp, peintre et sculpteur alsacien, utilise le mot stabile, qu’il invente, pour nommer les sculptures statiques de Calder en opposition à celles mobiles qui elles sont régies par des principes de physique de mise en tension et qui s’animent au toucher, par les courants d’air, voire par des mécanismes.

Ne manquez pas de vous attarder dans la Galerie 11, et de vous laisser surprendre par ses Grags & Critters (créatures), une sorte de personnages fantaisistes et de rochers de métal, créés en 1974 dans sa maison de Saché, en Indre-et-Loire.

La visite s’achève par un passage dans les jardins de la Fondation Louis Vuitton où plusieurs stabiles rouge et noir, donc, sont exposés sur les pelouses vertes. Un contraste d’autant plus saisissant par temps de beau ciel bleu.

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Infos pratiques :
Calder. Rêver en Equilibre - Fondation Louis Vuitton, Paris
15 avril 2026 – 16 août 2026
Réservations : sur le site : www.fondationlouisvuitton.fr
Horaires
Horaires d’ouverture(hors vacances scolaires)
Lundi, mercredi et jeudi de 11h à 20h
Vendredi de 11h à 21h -Nocturne le 1er vendredi du mois jusqu’à 23h
Samedi et dimanche de 10h à 20h
Fermeture le mardi
Horaires d’ouverture(vacances scolaires zone C)
Tous les jours de 10h à 20h(jusqu’à 21h le vendredi)
Accès
8, avenue du Mahatma Gandhi, Bois de Boulogne, 75116 Paris.
Métro : ligne 1, station Les Sablons, sortie Fondation Louis Vuitton.
Navette de la Fondation : départ toutes les 20 minutes de la place Charles -de-Gaulle -Etoile,
44 avenue de Friedland 75008 Paris (Service réservé aux personnes munies d’un billet Fondation et d’un
titre de transport - billet aller-retour de 2 € en vente sur www.fondationlouisvuitton.fr ou à b

Par D.M
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