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Publié le 29/06/2016
Fashion Week Homme Paris Printemps-Été 2017 : le défilé Lanvin
Après avoir célébré ses dix ans à la direction du style Homme de Lanvin, Lucas Ossendrijver a imaginé une collection été 2017 comme un manifeste, porté par le travail de la main : « j’ai pris le parti de la générosité et de la créativité. Cette collection ne parle pas d’un unique concept, mais de l’idée d’un collage, fait de possibilités différentes. C’est une histoire de liberté. » Ce désir d’expérimenter, rendu possible par le savoir-faire des ateliers, s’est naturellement imposé dans la collection : les textures se rencontrent, mattes ou brillantes, classiques ou techniques. Un tissu enduit côtoie un satin brillant pour mieux mettre en valeur sa luminosité. Les proportions sont bousculées, souvent surdimensionnées, les épaules sont arrondies. Les tons industriels, presque toxiques, se mêlent aux pastels romantiques, ou à un imprimé “Fleurs de nuits“ en sérigraphie. Les effets de broderies se multiplient. Superposés, chemises longues, t-shirts ou blousons très courts, permettent tous les jeux de style, dans une liberté totale d’expression. Les rayures de toutes les couleurs, classiques ou agrandies, se mélangent et se croisent, changent d’orientation selon la coupe.

Fashion Week Homme Paris Printemps-Été 2017 : le défilé Lanvin

Fashion Week Homme Paris Printemps-Été 2017 : le défilé Lanvin

Fashion Week Homme Paris Printemps-Été 2017 : le défilé Lanvin

 

Ici et là, le long de la poche d’un pantalon en Prince de Galles, sur le devant d’une chemise « oversize » ou la manche d’un blouson, des lignes surpiquées en côtoient d’autres, réalisées au bâti. Ces coutures, souvent faites à la main, soulignent la silhouette et deviennent un motif récurent, traitées comme une nouvelle rayure. De la même façon, comme un leitmotiv, la bande réfléchissante fait des apparitions régulières dans ce vestiaire dynamique, qu’elle soit cousue, appliquée ou thermocollée. Car si elle est particulièrement travaillée, cette collection est résolument inspirée du vestiaire urbain : les pantalons d’ouvriers aux revers raccourcis, les lacets colorés, les shorts en satin empruntés au sport, racontent une envie de mouvement. Sans agressivité, avec légèreté : l’homme Lanvin porte sur lui ses souvenirs et ses promesses, à l’image de ce pantalon construit dans un jacquard retourné, ce qui permet d’en flouter les nuances acides. Ici, un blouson est fait d’un spectaculaire patchwork de daim et de maille. Là, des rubans ont été teints à la main puis assemblés dans des dégradés de couleurs pour former un débardeur éclatant. Sur les pantalons et les vestes, le tissu a été cousu judicieusement aux coudes ou aux genoux, avant d’être pressé : décousu, le tissu forme naturellement un plissé inédit. Grâce à la même technique, un blouson en cuir présente de nouvelles lignes de vie, tandis qu’une parka laisse transparaître à la surface ses détails intérieurs.
 
Partout, des liens sont cousus à une veste ou accrochés à un mousqueton qui parfois entourent le poignet. Des sangles apparaissent, inspirées des sacs de la maison. Ces attaches accompagnent le mouvement du corps, deviennent un bijou contemporain, parlent d’affection. Des symboles romantiques - flèches, roses, pin-up tatouées ou étoiles, sont tour à tour brodés au point de croix sur une chemisette ou des baskets, appliqués sur des patchs telle des insignes militaires, façonnées en bijoux à porter au poignet ou au col de la veste, comme des talismans. Sur le dos des baskets aux semelles vulcanisées contrastées, frottées au sable, un seul mot est écrit, “Error” (erreur), comme une conjuration, la décision de l’accepter, puis d’avancer, encore et toujours.

 

Texte & Visuels : Lanvin - Source ; beautypress.fr
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