Fendi invite le cinéma à célébrer son nouveau My Peekaboo

Luxe | Publié le 14/09/2026 16:41:45
Fendi My Peekaboo Monica Bellucci
Fendi dévoile My Peekaboo, réinterprété par Maria Grazia Chiuri, avec Monica Bellucci, Valeria Golino, Tang Yan et Yara Shahidi.

Une icône ne reste vivante qu'à condition de savoir évoluer. Pour sa première collection chez Fendi, Maria Grazia Chiuri revisite le Peekaboo et l'inscrit au cœur d'une campagne cinématographique réunissant Monica Bellucci, Valeria Golino, Tang Yan et Yara Shahidi dans les coulisses d'un tournage à Rome.

My Peekaboo, quand Maria Grazia Chiuri revisite une icône de Fendi

Dans le luxe, le sac est devenu bien davantage qu'un accessoire. Il concentre l'histoire d'une Maison, son savoir-faire, sa désirabilité et souvent une part essentielle de son identité commerciale. Chez Fendi, cette fonction symbolique repose depuis plusieurs décennies sur quelques silhouettes devenues immédiatement reconnaissables, au premier rang desquelles la Baguette et le Peekaboo. Fondée à Rome en 1925 par Adele et Edoardo Fendi, la Maison italienne a bâti une partie de sa réputation sur cette capacité à transformer l'artisanat en objets capables de traverser les générations. Le Peekaboo, lancé en 2009 et imaginé par Silvia Venturini Fendi, appartient désormais pleinement à cette histoire. On lui consacrait d'ailleurs dès 2020 un article rappelant sa place parmi les grands « it bags » de la Maison, à l'occasion d'une campagne avec Zoey Deutch. Plus récemment, le magazine revenait sur le rôle déterminant de Silvia Venturini Fendi dans l'histoire de la griffe lors de sa nomination comme Présidente d'Honneur en 2025.

Le passage de témoin donne aujourd'hui au Peekaboo une dimension particulière. Pour sa première collection Fendi Automne-Hiver 2026-2027, Maria Grazia Chiuri revient à la silhouette originelle du sac et réintroduit notamment son ouverture caractéristique, ce geste architectural qui laisse entrevoir l'intérieur sans jamais totalement le dévoiler. Baptisée My Peekaboo, cette nouvelle expression repose également sur la personnalisation, avec la possibilité d'y inscrire les initiales de sa propriétaire. Celles-ci peuvent être révélées ou au contraire dissimulées, faisant de cette signature un détail presque secret. Un parti pris qui semble anodin mais qui dit beaucoup de la manière dont le marché du luxe envisage désormais ses icônes. Face à la multiplication des nouveautés et à une clientèle davantage attentive à la pérennité des achats, les grandes Maisons travaillent leurs modèles historiques comme des patrimoines vivants. Il ne s'agit plus nécessairement d'inventer une nouvelle forme à chaque saison mais de faire évoluer une silhouette suffisamment forte pour rester identifiable tout en lui donnant une nouvelle pertinence.

Cette stratégie prend un relief supplémentaire avec l'arrivée de Maria Grazia Chiuri. La créatrice italienne connaît intimement Fendi puisqu'elle y a commencé sa carrière avant de rejoindre Valentino, puis Dior, dont elle a dirigé pendant plusieurs années les collections féminines. Son retour à Rome constitue ainsi moins une découverte qu'une nouvelle lecture d'une histoire dont elle connaît les codes. Sa première collection Automne-Hiver 2026-2027 s'est d'ailleurs construite autour de la formule « Moins je, plus nous », manifeste en faveur du travail collectif, des intentions partagées et d'une mode pensée comme espace de dialogue. Une collection que nous avions analysée dans notre article consacré au défilé Fendi Automne-Hiver 2026-2027 à la Milan Fashion Week, où Monica Bellucci et Valeria Golino figuraient déjà parmi les invitées. La transformation du Peekaboo s'inscrit naturellement dans cette démarche. L'objet conserve son identité mais devient le support d'une appropriation individuelle. Le « My » ajouté à son nom n'est donc pas seulement une astuce sémantique : il traduit cette volonté de faire d'une icône collective un objet personnel.
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Yara Shahidi

Monica Bellucci, Valeria Golino, Tang Yan et Yara Shahidi dans les coulisses du cinéma

Pour raconter cette nouvelle étape, Fendi ne choisit pas le spectaculaire mais l'intime. Photographiée à Rome par Laura Sciacovelli, la campagne My Peekaboo se déroule dans les coulisses d'un plateau de cinéma et réunit quatre personnalités issues de générations et de cultures différentes : Monica Bellucci, Valeria Golino, l'actrice chinoise et porte-parole de Fendi Tang Yan, ainsi que Yara Shahidi. La distribution n'a rien d'anecdotique. Elle permet à Fendi de renouer avec son lien historique avec le cinéma italien tout en élargissant le propos à une culture de l'image désormais mondiale. Monica Bellucci et Valeria Golino incarnent naturellement cette filiation avec le septième art italien et européen, tandis que Tang Yan et Yara Shahidi apportent au récit une dimension internationale et générationnelle.

Les images donnent toute sa cohérence au dispositif. Monica Bellucci apparaît dans une longue silhouette noire, son Peekaboo porté à l'épaule, à proximité d'un panneau « Teatro 5 di posa ». Valeria Golino adopte une attitude plus relâchée dans un tailleur blanc, installée dans un fauteuil de réalisateur tandis que son sac repose sur un second siège. Tang Yan joue une partition plus graphique dans une veste noire portée sur une jupe de dentelle, alors que Yara Shahidi associe chemise blanche et dentelle noire, assise sur un flight case de tournage. Les projecteurs restent visibles, les câbles ne sont pas dissimulés, les décors apparaissent pour ce qu'ils sont. Fendi ne cherche donc pas à recréer artificiellement le cinéma mais à investir cet espace intermédiaire où l'actrice cesse momentanément de jouer sans avoir encore totalement quitté son personnage.

C'est précisément dans cet entre-deux que le My Peekaboo trouve sa place. Laura Sciacovelli observe les rituels personnels de chacune, ces instants suspendus entre performance et réalité, entre le personnage public et la personne privée. Le sac accompagne cette transition et devient presque un objet biographique. L'idée prolonge intelligemment l'une des caractéristiques historiques du Peekaboo : montrer et cacher. Son ouverture a toujours instauré un jeu avec l'intimité, laissant apparaître une doublure, un compartiment, parfois une personnalisation. Les initiales introduites avec My Peekaboo poussent désormais cette logique jusqu'à l'identité de celle qui le porte.

Ce dialogue entre célébrité et intimité n'est d'ailleurs pas nouveau dans l'histoire récente du modèle. Fendi avait déjà placé le Peekaboo au centre de campagnes incarnées par Catherine Zeta-Jones et sa fille Carys Douglas ou encore Naomi Watts. Mais le contexte est aujourd'hui différent. My Peekaboo accompagne la première collection de Maria Grazia Chiuri et devient ainsi l'un des premiers objets capables de matérialiser sa vision de Fendi. Dans une industrie du luxe où les changements de direction artistique se succèdent et où chaque nomination doit rapidement produire une identité lisible, revisiter une icône plutôt que la remplacer apparaît comme une déclaration en soi. Maria Grazia Chiuri ne gomme pas l'héritage de Silvia Venturini Fendi. Elle le reprend, l'observe et lui ajoute une dimension personnelle.

Cette continuité pourrait être la véritable force du My Peekaboo. À l'heure où le luxe réévalue la notion même de nouveauté, Fendi rappelle qu'un grand sac n'a pas nécessairement besoin d'être réinventé pour retrouver sa puissance. Il suffit parfois de déplacer le regard. Avec cette campagne romaine qui préfère les coulisses au tapis rouge et l'intimité à la démonstration, le Peekaboo retrouve justement ce qui a toujours fait sa singularité : cette élégance particulière qui consiste à révéler quelque chose de soi tout en conservant une part de mystère.

Infos pratiques :
Le service de personnalisation My Peekaboo est proposé depuis le 3 septembre 2026 dans les boutiques Fendi et sur le site de la Maison. La gamme actuellement présentée par Fendi comprend notamment le My Peekaboo XS à partir de 3 300 euros, le Small à partir de 4 300 euros et le Medium à partir de 4 600 euros, avec des variations de prix selon les modèles et les finitions.

Par la rédaction
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