Festina : interview de Manon Colombies sur l’horlogerie Swiss Made
Mode | Publié le 05/01/2026 13:46:44
Interview de Manon Colombies, PDG de Festina : montres suisses, horlogerie mécanique, Swiss Made et luxe accessible depuis 1902. Maison horlogère fondée en 1902, Festina fait aujourd’hui son grand retour au Swiss Made. À la tête du groupe, Manon Colombies défend une vision claire de l’horlogerie : indépendante, accessible et fidèle à son héritage. Montres automatiques, montres femmes, montres connectées, savoir-faire suisse… Elle revient sur l’histoire, les valeurs et la stratégie d’un groupe devenu incontournable.
Horlogerie suisse, montres automatiques et luxe accessible : la vision de Festina
Festina est-elle une marque de mode ou une marque d’horlogerie ?
Festina n’est pas une marque de mode. Je le dis souvent, parce qu’il y a une vraie confusion. Festina est un horloger depuis 1902, inscrit dans la tradition horlogère. Nous fabriquons des montres, pas des accessoires de mode, même si le design a évidemment toute son importance.
Pourquoi le retour au Swiss Made est-il un moment clé pour Festina ?
C’est un moment très fort pour nous. Grâce à l’acquisition du groupe Soprod, une manufacture suisse de mouvements, nous avons pu relancer des montres Festina 100 % Swiss Made, avec des mouvements automatiques fabriqués en interne.
C’est un retour aux origines : Festina était suisse à sa création, et aujourd’hui nous retrouvons cette légitimité horlogère.
Festina reste pourtant une marque de montres accessibles. Comment concilier les deux ?
C’est tout l’ADN de Festina. Nous faisons une horlogerie de qualité à prix accessible.
Même sur le Swiss Made, nous restons fidèles à cette philosophie. Par exemple, nous proposons une montre skeleton automatique autour de 900 euros, ce qui est très compétitif pour une montre mécanique avec mouvement manufacture.
Quel a été votre parcours avant de rejoindre le groupe Festina ?
Je viens du monde de la mode. J’ai travaillé au sein du groupe Zannier (Z, Catimini, IKKS, Chipie, Floriane, Kickers, Jean Bourget), où je m’occupais de licences montres et bijoux.
C’est sur les sites de production que j’ai rencontré Miguel Rodriguez, fondateur et propriétaire du groupe Festina. C’est ainsi que mon parcours a basculé définitivement vers l’horlogerie.
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Une horlogerie indépendante et accessible au cœur de la stratégie Festina
Miguel Rodriguez est-il encore très impliqué dans le groupe ?
Oui, énormément. Il est le propriétaire unique du groupe Festina et un passionné d’horlogerie mécanique.
Son histoire personnelle, de l’Espagne à la Suisse, explique aussi son attachement profond au savoir-faire horloger. Pour lui, comme pour moi, le retour au Swiss Made est un véritable accomplissement.
Quelles sont aujourd’hui les principales marques du groupe Festina ?
Le groupe Festina s’est toujours construit à partir de l’accessible, avant de se développer vers le haut de gamme. Festina : montres de 99 à 600 euros, avec une forte notoriété en France. Lotus : marque jeune et sportive, très présente sur les montres connectées. Candino et Jaguar : horlogerie suisse accessible et premium. Perrelet et Leroy : maisons de haute horlogerie, avec des montres allant jusqu’à 20 000 euros.
Ce sont souvent des rachats, mais aussi de véritables coups de cœur pour des marques emblématiques de l’histoire horlogère.
Festina est très identifiée sur le segment des montres femmes. Pourquoi ?
Parce que nous avons fait des choix forts.
Quand le marché proposait surtout des montres femmes très petites et vintage, nous avons continué à créer des montres plus grandes, plus colorées, plus affirmées.
Aujourd’hui, une montre Festina femme est immédiatement reconnaissable, et c’est une vraie force de marque.
L’indépendance industrielle est-elle un avantage concurrentiel ?
C’est même un luxe.
Nous développons nous-mêmes le hardware, le firmware et le cloud de nos montres connectées. Cette autonomie totale nous permet d’innover librement et de ne dépendre d’aucun grand groupe technologique.
Nous lançons nos nouveautés quand nous le souhaitons, tout au long de l’année.
Pourquoi n’existe-t-il pas encore de montre connectée digitale pour femmes chez Festina ?
C’est une question technique, pas stratégique.
Nous fabriquons intégralement nos montres connectées, et aujourd’hui nous n’avons pas encore réussi à miniaturiser suffisamment le mouvement pour intégrer toutes les fonctionnalités dans un boîtier féminin.
En revanche, nous proposons déjà des montres connectées hybrides pour femmes, et le projet full digital est en cours.
Comment définiriez-vous Festina aujourd’hui en une phrase ?
Festina, c’est une maison horlogère historique, indépendante, qui rend l’horlogerie suisse et mécanique accessible au plus grand nombre, sans jamais renoncer à son savoir-faire.

Par la rédaction
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