Fin des défilés milanais avec Giorgio Armani, place à Paris jeudi

Defiles | Publié le 24/06/2008 14:27:25
Les défilés milanais de prêt-à-porter masculin se sont bouclés en beauté mardi avec les baroudeurs chics d'Etro et les silhouettes géométriques de Marni, tandis que la maison canadienne DSquared faisait le choix plutôt rare de faire défiler une majorité de mannequins noirs.

C'est en pleine forêt indonésienne que l'on déniche le routard très raffiné qu' Etro a glissé dans des ensembles à l'élégance poussée à l'extrême mêlant les imprimés de soie tous plus précieux les uns que les autres. Le styliste Kean Etro, fils du fondateur de cette maison italienne, décline à l'infini les motifs du paisley, ce dessin oriental aussi appelé cachemire, sur des pantalons, chemises et vestes légères dans une fluidité soyeuse aux tons bronze, orange, fushia, moutarde ou encore fauve. Sur les hanches, une large ceinture coordonnée parfait la touche ethnique.
Sous le panama lui aussi ceint d'une bande soie imprimée, les mannequins - deux d'entre eux ont largement dépassé la soixantaine - offrent un large sourire, attitude peu commune sur les passerelles.

Autre rareté qui mérite d'être soulignée, les stylistes-jumeaux canadiens Dean et Dan Caten de DSquared ont choisi de présenter une majorité de mannequins noirs qui tranchent sur des défilés habituellement dominés par les modèles d'origine européenne.
Décor planté dans un salon de coiffure à l'ancienne: une armée de rappeurs - grosses casquettes et chaînes en or qui brillent - miment des mouvements de break-dance devant les objectifs. L'un d'entre eux, micro en or niché entre les pectoraux, arbore un maillot de bain tellement minuscule qu'il lui reste bien peu d'intimité à dévoiler. Parfois, des bad boys tout droit sortis du film "Shaft" roulent des mécaniques dans des costumes vintage, tandis que d'autres se prélassent bob sur la tête, reproduction bijou d'une platine de disc-jockey au cou et grosses chaussettes tennis plongées dans des baskets blanches.

Tout dans le volume chez Marni où les chemises tombent droit depuis les épaules pour effacer les contours du torse grâce un surplus maîtrisé de tissu, les emmanchures s'ouvrant très bas sous les bras pour un effet cape. Les pantalons viennent dompter cette prise d'aise excessive avec une jambe cigarette qui s'arrête au-dessus de la cheville tandis que le fond des shorts, eux aussi étroits, tombe bas entre les cuisses. Une ceinture élastique roncée émerge parfois du pantalon, la matière ou la couleur du tissu se plaisent aussi à changer à la hauteur des hanches.

Avec une palette de gris, lilas, anthracite, et grâce à de discrets motifs tartan ou tweed, la créatrice Consuelo Catsiglioni réussit à donner à l'homme une silhouette très géométrique et hors du commun. D&G, la ligne cadette de Domenico Dolce et Stefano Gabbana, prend l'air de la mer avec une ligne toute en rayures marines et blanches qui se déclinent des costumes aux bermudas. Les pieds aussi s'aérent avec des tongs ou des nus-pieds posés sur des semelles de paille pour un effet espadrilles.

Chez Giorgio Armani, les pantalons sont fluidifiés à l'extrême et les bermudas se la jouent sarouels en se resserrant sur le genou. Un foulard vient négligemment se poser sur les petits gilets croisés à carreaux, les chemises col Mao ou les blouses resserrées par un fin lacet.

Par MJK
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