Haute couture printemps-été 2009 : entre art et artisanat

Defiles | Publié le 29/01/2009 11:31:30
On s'attendait au pire et la tension était palpable lundi au démarrage des trois jours consacrés à la Haute Couture pour la saison printemps été 2009. Finalement ces trois jours nous auront révélés de superbes collections très complètes où la rigueur actuelle dû à une situation économique difficile pour un grand nombre de Maison de Couture auront permis pour beaucoup de se recentrer sur l'aspect artistique et artisanal de la Haute Couture. Moins d'excentricité, moins d'écarts pour plus d'éclats.

Une dernière journée de mercredi où on aura vu Jean Paul Gaultier en grande forme ouvrant son défilé avec Inès de la Fressange dans une longue robe noire. Le mannequin de 50 ans qui a connu son heure de gloire dans les années 80 et qui n'a rien perdu de sa superbe a présenté deux modèles. La chanteuse Helena Noguerra a également défilé.
Une collection placée sous le signe de la caligraphie et du détails avec beaucoup de dentelles et de broderies. La silhouette générale nous plonge dans les années 80, avec des épaules marquées, souvent élargies. On a remarqué aussi des robes noires à col smoking, des combinaisons pantalon de smoking qui ne sont pas sans nous rappeller Yves Saint Laurent. Les actrices Catherine Deneuve, Arielle Dombasle et Lou Doillon et la chanteuse Kylie Minogue figuraient au premier rang du public.

Franck Sorbier nous a proposé une collection très sobre où le noir et blanc et là encore de rigueur. Un couturier toujours aussi atypique puisque sa colelction est apparue sur un film. La collection intitulée "La haute couture n'est plus ce qu'elle était. So what ?!" (et alors ?!) était présentée par un seul mannequin on a pû apercevoir quelques modèles dans le cinéma où la projection avait lieu. "La situation économique étant ce qu'elle est, l'idée d'une seule fille s'est imposée", a expliqué le couturier qui, la saison dernière, avait présenté sa collection sur internet, faute de moyens.


Mardi, Karl Lagerfeld pour Chanel nous a proposé une nouvelle vision faites de simplicité et de pureté avec beaucoup de blanc, quand à Christian Lacroix, les enluminures, les fleurs, broderies étaient de mises pour l'été prochain. De son coté Riccardo Tisci pour Givenchy a imaginé les femmes en vestales drapées dans des robes à capuche en dentelle, dans des mousselines pâles, à l'exception d'une courte robe en soie jaune citron.

Lundi, John Galliano le couturier des années 2000 nous a proposé une collection inspiré des peintures flamandes de Vermeer et Van Dyck pour des modèles Christian Dior rendant également hommage au couturier avec des jupes amples et des vestes qui marquent la taille.
Stéphane Rolland, le nouveau venu nous a présenté un vestiaire fait de contrastes et de volumes pour un été épuré. 40 modèles ont ainsi mis en évidence le talent de ce jeune couturier de 42 ans, qui a obtenu l'appellation "haute couture", juridiquement protégée et attribuée selon des critères qualitatifs et quantitatifs après avoir créer sa marque en 2007 et passé 10 ans chez Jean-Louis Scherrer. Une collection composée de nombreuses robes architecturales noires, blanches et rouges, soulignées par des broderies.

L'ensemble des collections aura permis de mettre en avant le travail de l'artisanat notamment français avec de nombreuses broderies et dentelles. De petites maisons, des sous-traitants marqués de plein fouet par la crise du textile et qui ont besoin de la Haute Couture pour survivre et pour mettre en avant leur travail.
Trois jours de haute couture qui auront pleinement remplis leur rôle de vitrines pour un savoir-faire unique entre art et artisanat, une nécessité. Des Maisons qui auront sû également se concentrer et se recentrer sur l'essentiel, un mal pour un bien.

Par Marie Joe Kenfack

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