IKEA transforme la maison en galerie avec KONSTRUNDA

Déco | Publié le 01/09/2026 10:35:42
Avec KONSTRUNDA, IKEA réunit sept créateurs autour de 22 objets en édition limitée et poursuit son ambition de rendre l’art accessible à la maison.

En septembre 2026, IKEA dévoile KONSTRUNDA, une collection limitée de 22 objets imaginés par sept créateurs internationaux. Entre sculpture, mobilier, textile et objets décoratifs, l’enseigne suédoise interroge avec pertinence la frontière entre œuvre d’art et objet domestique, tout en maintenant des prix volontairement accessibles.

KONSTRUNDA, quand IKEA invite l’art contemporain dans le quotidien

Faire d’un intérieur une galerie sans nécessairement adopter les codes, ni les prix, du marché de l’art : avec KONSTRUNDA, IKEA poursuit une réflexion qui traverse son histoire récente et, plus largement, celle du design contemporain. La collection, proposée en édition limitée, réunit 22 objets dessinés par sept créateurs venus d’horizons différents. Sculptures, vases, tapis, miroir, tabourets, tables d’appoint ou tapisserie suspendue composent un ensemble volontairement éclectique où l’objet domestique s’affranchit parfois complètement de sa fonction. L’ambition est moins de déterminer ce qui mérite le statut d’œuvre que d'interroger la place que l'art peut occuper dans notre quotidien. « Chez IKEA, nous ne prétendons pas définir ou expliquer l’art. Notre rôle est plutôt de lui faire de la place », explique ainsi la marque, qui revendique sa maîtrise des matériaux, des formats, des proportions, de la couleur et de la fabrication comme autant d’outils mis à disposition des créateurs. Une position cohérente avec l'histoire des IKEA Art Event, lancés en 2015 pour rendre l'art contemporain plus accessible. Au fil des éditions, IKEA a notamment travaillé avec Virgil Abloh, Daniel Arsham, Sabine Marcelis, Craig Green ou Stefan Marx, faisant se rencontrer culture populaire, création contemporaine et production à grande échelle.

KONSTRUNDA reprend aujourd'hui cette idée en l'élargissant. La collection ne cherche pas vraiment à opposer art et design, ni même à les réconcilier : elle part du principe que cette frontière est devenue beaucoup moins pertinente. Dans un marché de la décoration où l'accumulation de tendances immédiatement identifiables tend parfois à uniformiser les intérieurs, l'objet singulier retrouve justement une valeur particulière. IKEA choisit ici des pièces capables de perturber un décor plutôt que de simplement le compléter. La scénographie imaginée autour de la collection le souligne avec efficacité : photographiés sur des socles blancs dans un environnement industriel volontairement brut, les objets sont traités comme les pièces d'une exposition. Une spectaculaire tapisserie bleu électrique côtoie une arche orange, des formes en verre ondulantes, des volumes métalliques réfléchissants et un grand tapis graphique noir et blanc. L'ensemble est placé sous trois mots, « liberated, happy and fearless », libre, joyeux et sans peur. IKEA annonce par ailleurs officiellement 22 objets, confirmant la volonté de constituer moins une gamme coordonnée qu'une sorte d'exposition collective destinée à entrer dans les intérieurs.

Cette dimension collective est précisément ce qui donne à KONSTRUNDA sa cohérence malgré la diversité des écritures. Akanksha Deo, designer et artiste née à New Delhi, travaille à partir de l'histoire et des savoir-faire textiles indiens, tout en cultivant un langage épuré et ludique. Pour elle, les objets peuvent même devenir une forme de présence : « Nous traversons une période où de plus en plus de personnes vivent dans l’isolement, comme une véritable épidémie de solitude. Ce sentiment m’a amené à explorer l’idée des objets non plus simplement comme des objets, mais comme des compagnons, silencieux mais présents, capables de remplir un espace d’une sensation familière, comme la présence d’un ami. » Cette réflexion trouve notamment sa traduction dans une sculpture constituée de blocs géométriques colorés, proposée à 29,99 euros. Le Britannique Andu Masebo, basé à Londres et formé au Royal College of Art après un parcours passant par la menuiserie, le métal et la céramique, explore davantage le rapport entre fabrication et perception. Sa table d'appoint en métal et verre argenté, presque liquide dans ses courbes et ses reflets, compte parmi les objets les plus sculpturaux de KONSTRUNDA. À l'opposé, son tabouret cubique en pin assume une simplicité presque archétypale. « J’ai toujours pensé que le processus était essentiel : comprendre l’intention d’un projet et la manière dont les matériaux vivent et dialoguent entre eux. Le résultat final ne devrait pas être simplement un objet, mais un objet avec une âme », résume-t-il.
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Sept signatures et une même liberté créative

Avec Lisa Reiser, la collection prend une dimension plus organique. Diplômée du Beckmans College of Design en 2018 et installée dans le Småland, région intimement associée à l'histoire d'IKEA, la créatrice travaille le verre, la céramique et le métal. Ses objets en verre semblent avoir été déformés, comprimés ou mis en mouvement. Une sculpture verte ondulante évoque presque une matière molle figée dans son déplacement tandis qu'une version argentée joue avec les reflets et les distorsions. IKEA précise que certaines de ses pièces KONSTRUNDA sont réalisées en verre soufflé à la bouche. « Je suppose qu’on pourrait me qualifier de designer rêveuse. Beaucoup de mes idées naissent de rêveries éveillées. Une pensée par-ci, une pensée par-là… et soudain, un design commence à prendre forme. Je ne cherche pas à être parfaite et je n’ai pas peur de me tromper. Je veux simplement être moi-même, et créer des choses faites pour durer longtemps », explique-t-elle. Une déclaration qui résume assez bien l'esprit général d'une collection revendiquant l'imperfection comme vecteur de personnalité.

Autre univers, celui d'Emanuele Stamuli, spécialisé dans le design intérieur appliqué notamment à la mode et au retail. Son langage repose sur la géométrie, les contrastes et une approche très graphique de l'espace. Son imposant tapis noir et blanc de 160 cm, proposé à 249 euros, apparaît presque comme un dessin monumental que l'on pourrait aussi bien suspendre que poser au sol. « Je pense que l’ambition de tout créateur est de faire l’inattendu. C’est certainement la mienne. Je veux que mes créations soient mémorables et intenses, même un peu décalées. C’est amusant, car j’aime profondément l’aspect technique et le fait de construire des choses, tout en étant passionné par la beauté simple de la nature. » Ingrid Leander Berg et Igor Holtermann abordent quant à eux l'objet depuis la peinture murale et le motif. Le duo transpose dans KONSTRUNDA son goût pour les compositions graphiques et la couleur avec des housses de coussin qui fonctionnent comme de petits fragments de fresques. « Nous aimons jouer avec les motifs et les couleurs, faire évoluer rayures, blocs et formes jusqu’à transformer l’ordinaire en quelque chose de nouveau. Un design pensé avec sérieux, sans jamais se prendre trop au sérieux. »

Enfin, Lisa Hilland apporte à KONSTRUNDA une écriture plus sculpturale encore. Diplômée de Central Saint Martins, passée par Londres et forte de plus de vingt années d'expérience internationale, la designer suédoise travaille depuis longtemps sur la rencontre entre production contemporaine et savoir-faire artisanal. Son tabouret en pin, composé d'une multitude de volumes cylindriques, détourne un matériau historiquement indissociable de l'imaginaire IKEA, tandis que son arche orange en céramique, affichée à 34,99 euros, pourrait facilement quitter une étagère pour rejoindre le socle d'une galerie. « J’aime presque l’idée de me tromper, parce que ça laisse entrer l’inattendu. C’est comme une vague de fraîcheur, il suffit de la saisir et de se laisser porter. Pour moi, tout est une question d’instinct et de provoquer des émotions. Rendre les gens heureux, leur donner peut-être le sentiment de faire partie de quelque chose de plus grand. » Ce goût de l'inattendu constitue sans doute le véritable fil rouge de KONSTRUNDA.

La collection arrive surtout à un moment où la décoration intérieure s'éloigne progressivement de l'idée d'un intérieur entièrement coordonné. Après des années dominées par les palettes neutres et une certaine homogénéisation esthétique alimentée par les réseaux sociaux, la couleur, le motif, l'artisanat et les pièces de caractère ont repris une place centrale dans les projets d'aménagement. KONSTRUNDA s'inscrit naturellement dans cette évolution, mais avec un argument propre au modèle IKEA : la possibilité de diffuser à grande échelle des objets possédant une signature artistique identifiable. La question de l'accessibilité devient alors centrale. Une décoration en verre à 24,99 euros ou une sculpture à moins de 30 euros ne transforme évidemment pas IKEA en galerie d'art, mais elle déplace subtilement le rapport entre création et consommation. La valeur recherchée n'est plus uniquement fonctionnelle : elle devient émotionnelle, narrative et esthétique. C'est d'ailleurs le prolongement d'une démarche engagée depuis plus d'une décennie par l'entreprise suédoise, qui défend depuis 2015 avec ses collections Art Event l'idée que l'art ne doit pas être réservé aux musées, aux galeries ou à une clientèle de collectionneurs.

KONSTRUNDA est peut-être particulièrement intéressante lorsqu'elle ne cherche plus du tout à résoudre un problème domestique. Une arche orange, une sculpture en acier inoxydable ou un volume de verre vert n'ont pas besoin d'une fonction supplémentaire pour justifier leur présence. Ils existent parce qu'ils provoquent une réaction, structurent une pièce ou racontent quelque chose de la personne qui les a choisis. En cela, la collection marque une évolution intéressante de la démocratisation du design : après avoir rendu le mobilier moderne accessible au plus grand nombre, IKEA tente de rendre accessible le plaisir beaucoup moins rationnel de collectionner des objets pour leur seule puissance expressive. Et c'est probablement dans cette inutilité assumée que KONSTRUNDA trouve paradoxalement sa fonction la plus contemporaine.

Infos pratiques :
KONSTRUNDA est une collection IKEA en édition limitée réunissant 22 objets.
En France, elle sera présentée en avant-première dans un pop-up exclusif au magasin IKEA Paris Rivoli du 10 au 13 septembre 2026, puis disponible en ligne et dans une sélection de magasins français à partir du 14 septembre.
Les prix annoncés s'étendent notamment de 19,99 euros pour certaines housses de coussin et un vase noir et blanc à 249 euros pour le tapis graphique d'Emanuele Stamuli. La table d'appoint argentée en métal et verre est affichée à 199,99 euros, le miroir à 99 euros, le tabouret en pin de Lisa Hilland à 99,95 euros et plusieurs sculptures ou décorations en verre entre 24,99 et 34,99 euros.

Par la rédaction
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