L’industrie textile vosgienne : entre innovation, création et savoir-faire
Mode | Publié le 23/03/2009 08:12:04
Lutter contre la contrefaçon, répondre aux attentes et désirs des consommateurs, améliorer le dispositif fiscal de la création, encourager l’utilisation d’approches « développement durable »… Les enjeux pour l’industrie textile française sont multiples, dans un contexte où la croissance mondiale de ce secteur est tirée par l’Asie et l’Amérique essentiellement. Fashions-Addict s’est rendu au plus près de ces entrepreneurs et chefs d’entreprise, dans une région mal connue et pourtant historiquement impliquée dans les métiers liés au textile. Direction les Vosges…
Coincé entre une chaîne de moyennes montagnes à l’est et une vaste plaine à l’ouest, le département des Vosges et son industrie textile ont essuyé quelques revers ces dernières années. Cette activité emblématique a principalement souffert de la mondialisation. Ainsi en 7 ans, dans les Vosges, le secteur a perdu 2 400 emplois et compte aujourd’hui un peu plus de 3 300 salariés (chiffres 2007, source INSEE).
Mais alors, dans une France en crise, quelles sont les perspectives d’avenir pour une région où l’industrie textile reste une spécificité ? Rencontres et réponses avec les chefs d’entreprise du textile made in Vosges.
Par ici les fausses fourrures ...
De salarié à PDG, pour Vincent Perry, l’aventure commence il y a maintenant 3 ans, lorsqu’il décide de reprendre PELTEX, alors au bord de l’asphyxie. « Notre souhait, coller à la mode en proposant une collection riche et variée », dixit le chef d’entreprise. En intégrant un système de production allant de la teinture jusqu’à la finition, PELTEX conçoit et réalise ainsi toute sorte de fausses fourrures en fonction des saisons, et travaille avec les plus grands noms de la haute couture et du prêt-à-porter. Spécialisé dans les imitations fourrures à poil long (imitations renard, loup…) et effets bouclés, PELTEX dispose d’une collection de 110 articles et de plus de 1000 coloris : fourrures méchées, tirées, ondulées ou encore métalliques. Une capacité à réagir en fonction de la demande, une création sans cesse renouvelée grâce à un bureau de style situé à Paris, PELTEX a su rebondir en proposant des délais de production ultra courts.
L’avenir de l’industrie textile vosgienne réside aussi peut être en sa capacité à rendre ce secteur de haute valeur ajoutée. C’est dans cette optique que la plate-forme technologique textile, le CETELOR (Centre d’Essais Textile LORain) a vu le jour. Développé en partenariat avec les centres de formation régionaux, ce laboratoire est dédié aux entreprises du secteur de la fibre. Il permet entre autres d’analyser et de contrôler les produits textiles. Mais aussi une partie Recherche et Développement permet à la région de se positionner sur de nouveaux savoir-faire.
Des textiles intelligents…
HTCD en est un bel exemple. Tissu imper-respirant laminé enduit. Membrane thermo-régulante céramique, l’entreprise fabrique différents tissus ou plutôt membranes qui permettront à 80%, la confection de vêtements professionnels.
Le dernier né, une membrane bio céramique qui améliore le confort et l’équilibre de la personne. Testée sur des sportifs et des personnes âgées, elle améliore sensiblement la circulation de tous les fluides du corps (sang, etc.) et permet aux sportifs une meilleure récupération. Une étude vient tout juste de se terminer. Ainsi, sur 200 personnes âgées, l’amélioration de l’équilibre est concluante à près de 98%.
Et côté luxe…
Linge de maison aux matières nobles, collants et chaussettes haut de gamme… Les Vosges comptent en têtes d’affiche, quelques grands noms à la renommée internationale, tels que Tricotage des Vosges (Bleu Forêt), Le Jacquard Français, ou encore Garnier Thiébaut. Ces sociétés marient avec brio leur savoir-faire ancestral et les exigences de la mode. Chez Garnier Thiébaut par exemple, les modèles sont réalisés par des stylistes qui anticipent les tendances de la décoration d’intérieur. Et pour coller aux désirs des consommateurs avertis, plusieurs collections par an sont ainsi produites avec pour seul mot d’ordre « la couleur est reine, la qualité est souveraine ».
Quant à Bleu Forêt, « l’histoire d’une chaussette qui avance pas à pas, pour préserver un savoir-faire de tradition au cœur des Vosges », la marque s’ouvre à la grande distribution en créant des collections exclusivement dédiées à ce marché. Fin juin, s’arrête en effet l’exploitation, par Bleu Forêt, de la licence DIM Chaussettes, un partenariat qui existait depuis 1998.
Anticiper, innover, ces entreprises textiles du 21ème siècle sont et seront amenées à jouer sans retenue le jeu de la mondialisation. Mais vous l’aurez compris, dans les Vosges l’activité textile est loin de « s’endormir sur ses lauriers » !
Par R. B
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