La charentaise obtient son indication géographique

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Publié le 26/03/2019
Elle est probablement la chaussure d’intérieur la plus confortable au monde. Qui n'a pas eu un jour une paire de charentaise à ses pieds ? Aujourd'hui ce savoir faire unique et véritable entre dans une nouvelle dimension et est enfin reconnu à sa juste valeur. A compter du vendredi 29 mars, date de publication de la décision au bulletin officiel de la propriété industrielle , la « charentaise de Charente-Périgord » aura son indication géographique.

Une vraie valeur ajoutée

C'est une véritable reconnaisance pour la charentaise et pour une région qui va pouvoir valoriser son Made in France qui nous tient tant à coeur. Rappelons qu'auparavant cette indication géographique attribuée par l'Institut national de la propriété industrielle (INPI) était réservées aux produits agricoles et viticoles - aux produits de l’artisanat et de l’industrie. Il s’agit de la huitième indication géographique homologuée depuis l’entrée en vigueur du dispositif dit de loi "consommation", après le siège de Liffol (décembre 2016), le granit de Bretagne (janvier 2017), la porcelaine de Limoges (décembre 2017), la pierre de Bourgogne (juin 2018), le grenat de Perpignan (novembre 2018), le tapis d’Aubusson et la tapisserie d’Aubusson (décembre 2018). Signe officiel de qualité et d’origine, l’indication géographique assure aux consommateurs l’origine et l’authenticité des produits qu’ils achètent. C'est surtout un moyen de valoriser les produits et de protéger le savoir-faire de nos artisans face à la concurrence déloyale et de la contrefaçon. Elle permet aussi aux collectivités locales de mettre en valeur des savoir-faire territoriaux. Cette distinction va permettre de régulariser et d'ordonner un marché jusqu'alors confus.

La charentaise, chausson célèbre pour sa chaleur et son confort, est apparue à la fin du 19eme siècle dans le bassin de la Charente-Dordogne-Sud Limousin. Elle est née grâce aux industries textiles et papetières alors situées sur le fleuve Charente et ses affluents : les feutres à papier étaient en laine. Après avoir servi au pressage et avoir absorbé l'eau de la pâte à papier, ils devenaient imperméables. Les savetiers locaux, des artisans qui raccommodent les vieux souliers, eurent alors l'idée de récupérer les feutres pour en faire des semelles souples et confortables. La partie supérieure de la pantoufle, appelée « tige », provenait des excédents de fabrications des tisserands locaux qui travaillaient pour la confection des uniformes de la marine royale. Ainsi naquit la charentaise noire avec une semelle de feutre blanche.
La caractéristique principale de cette pantoufle est la languette arrondie qui recouvre le coup de pied et était à l’origine destinée à servir de tampon entre la peau et le bord du sabot. Le savoir-faire du « cousu-retourné », entretenu par seulement quelques entreprises en Charente-Périgord, perpétue la tradition régionale des savetiers et la fabrication de la charentaise historique. Un savoir-faire qu'il est plus que temps de protéger et de valoriser. Aujourd'hui ce produit qui était autrefois populaire tend vers le haut de gamme surtout il vise l'exportation notamment en asie et en Amérique du Nord, des continents où le Made In France est une valeur ajoutée. Cette indication géographique devrait intensifier ce développement. 

charentaise
crédit photos : Association de Promotion de la Charentaise


Par fashions-addict.com
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