Le Rouge des Soviets envahit le Grand Palais

Culture
Publié le 22/03/2019
Depuis le 20 mars 2019 les galeries nationales du Grand Palais accueillent l'exposition "Rouge. Art et utopie au pays des Soviets". Une plongée passionnante dans l'art de cette jeune Russie soviétique qui se lève dès 1917. Un bouleversement social puissant qui aura des répercussions majeures dans l'art en Union Soviétique sous le régime de Staline mais aussi en occident.

Quand la politique se mêle de création

Cette exposition organisée par la Réunion des musées nationaux - Grand Palais et le Centre Pompidou permet de mieux comprendre les enjeux de l'époque et comment une révolution sociale a des répercussions déterminantes sur la création artistique. Elle permet de mieux comprendre comment se sont engagés certains artistes à définir ce que devait être l'art sous le socialisme. Même si très vite le débat sera clos par  l’instauration progressive du réalisme socialiste, doctrine esthétique qui régit peu à peu tous les secteurs de la création.
Quarante ans après la mythique exposition Paris-Moscou au Centre Pompidou, on redécouvre cette période charnière dans l'histoire du monde et comment l'art a abordé cette révolution en essayant d'exister à sa façon tout en faisant face à son histoire, ses tensions, ses élans comme ses revirements. Une remarquable exposition qui s'articule autour d'une série d’œuvres majeures prêtées par les grands musées russes et le Centre Pompidou ; une histoire où innovations plastiques et contraintes idéologiques, indissociablement liées, posent la question d’une possible politisation des arts.

La première partie de l’exposition met en exergue les débats qui animent avec vigueur la scène artistique soviétique au lendemain de la révolution et se prolongent durant les années 1920 : que doit être l’art de la nouvelle société socialiste ? Le parcours s’articule autour du projet porté par une large part des avant-gardes. Le design, le théâtre, le photomontage et le cinéma s’affirment comme les médiums privilégiés de cette entreprise radicale, autour de figures-clefs comme Gustav Klutsis, Vladimir Maïakovski, Lioubov Popova, Alexandre Rodtchenko ou Varvara Stepanova. L’architecture n'est pas en reste et elle imagine de nouvelles typologies de bâtiments dont les clubs ouvriers, les habitats collectifs avec l'espoir de créer des villes idéales. Cette utopie artistique de fusion de l’art dans la vie est rapidement contrariée par l’hostilité croissante du pouvoir bolchevique vis-à-vis des avant-gardes. 

Très vite le pouvoir stalinien impose dès 1929 sa doctrine dans la société et l'art n'y échappe pas, il met fin au pluralisme défendu jusqu’alors par Trotski ou Boukharine. Alors que la répression s’abat sur l’art de gauche, accusé de « formalisme bourgeois », un consensus s’établit autour de la figuration, considérée comme la plus apte à pénétrer les masses et à leur présenter les modèles du nouvel homme socialiste.
Un groupe d’artistes modernistes, formés à l’école des avant-gardes, joue un rôle central dans la lente définition des fondements picturaux du réalisme socialiste : la Société des artistes de chevalet à Moscou – avec Alexandre Deïneka ou Youri Pimenov - et le Cercle des artistes à Leningrad – Alexandre Samokhvalov ou Alexeï Pakhomov - proposent une peinture monumentale célébrant des héros idéalisés, dont l’exposition rend compte par grandes sections thématiques consacrées notamment au travail ouvrier, au corps et à l’avenir radieux. Un parcours qui se termine par l'incontournable mise en scène de la figure mythifiée du chef. rarement une exposition artistique aura mis en avant les liens entre le social, la politique, et donc l'art. Une exposition très instructive qui va bien au-delà de l'art. Incontournable.

Infos pratiques :
Du 20 mars au 1er juillet 2019
Grand Palais - galeries nationales - entrée Clemenceau
ouverture :
du jeudi au lundi de 10h à 20h ; mercredi de 10h à 22h ; fermeture
hebdomadaire le mardi ; fermé le 1er mai
tarifs:
14 €, TR 10 € ( 16-25 ans, demandeurs d’emploi et familles nombreuses), tarif tribu (4
personnes dont 2 jeunes 16-25 ans) 33 €, gratuit pour les moins de 16 ans et bénéficiaires des
minima sociaux.
accès :
métro ligne 1 et 13: «Champs Elysées-Clemenceau» ou ligne 9 : «Franklin D. Rossevelt»


Par fashions-addict.com
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