Les clips de la semaine : Slimane, Luiza, Margot Abate, Charlotte Cardin
Culture | Publié le 03/04/2026 09:52:47
Slimane, Luiza, Margot Abate, Charlotte Cardin : notre sélection des clips marquants entre émotion, sensualité et pop actuelle.
Entre introspection, sensualité et prises de parole générationnelles, les nouveaux clips de Slimane, Luiza, Margot Abate et Charlotte Cardin dessinent une pop plus émotionnelle et immersive. Une sélection qui capte parfaitement l’air du temps.
Slimane, l’émotion à nu dans "Première fois"
Avec Première fois, Slimane confirme son virage introspectif dans un clip qui mise sur l’essentiel. Réalisée par Romain Barreau, la vidéo adopte une esthétique dépouillée — noir et blanc, décors minimalistes, corps isolé — pour traduire visuellement la fragilité émotionnelle au cœur du morceau.
Loin des productions pop spectaculaires, le chanteur privilégie une approche presque frontale : un face-à-face avec ses sentiments, où la mise en scène devient le prolongement direct du texte. Cette sobriété renforce l’intensité du titre, construit autour d’un piano-voix qui laisse toute la place à l’interprétation.
Dans un paysage musical souvent dominé par l’image, Première fois se distingue par son refus de l’artifice. Un choix cohérent avec l’identité artistique de Slimane, qui continue d’explorer une pop émotionnelle où la sincérité prime — quitte à flirter avec une forme de répétition de ses propres codes. Cette superbe chanson est extraite de son dernier album Il faut que tu saches.
Slimane sera en concert piano-voix à la salle Pleyel du 14 mai au 7 juin puis du 11 juin au 5 juillet en version symphonique dans la même salle à Paris, un événement à ne pas rater.
Luiza, une échappée solaire entre Rio et émotions dans Jet Lag
Après vous avoir présenté il y a quelques semaines le clip du single "Manhã de Carnaval" , on craque à nouveau pour Luiza qui nous dévoile ce printemps le titre "Jet Lag". Luiza nous propose un clip à la fois solaire et suspendu, tourné à Rio de Janeiro, qui prolonge l’univers intime et organique de son prochain album. Entre ciel brûlant et mer infinie, la vidéo capture une forme de dérive douce, presque contemplative, où la musique épouse le rythme d’une journée d’été.
Le clip s’articule autour d’une rencontre fugace, une parenthèse sentimentale qui s’installe avec évidence avant de se dissoudre dans le temps. La réalisation joue sur cette temporalité trouble — entre présent incandescent et souvenirs déjà flous — traduisant visuellement ce “jet lag émotionnel” évoqué dans le titre. Les images, baignées de lumière naturelle, privilégient une esthétique sensorielle : peau salée, chaleur diffuse, gestes ralentis.
Dans cette escapade entre sable et horizon, Luiza développe une écriture visuelle fidèle à son identité musicale, à la croisée des influences françaises et brésiliennes. Plus qu’un simple décor, Rio devient ici un véritable langage émotionnel, un espace de liberté où sensualité et mélancolie cohabitent sans jamais s’opposer.
Avec Jet Lag, l’artiste esquisse ainsi une nouvelle étape artistique, annonciatrice de son album attendu le 10 avril. Une proposition à la fois joyeuse et sensible, qui s’inscrit dans une tendance actuelle : celle de clips immersifs, où l’atmosphère prime sur la narration, et où l’émotion se construit dans les détails. Luiza sera en concert à Paris à La Cigale le 5 mai 2026 et à l'Olympia le 20 mars 2027.
Margot, une pop frontale et décomplexée avec Bodycount
Avec Bodycount, Margot (photo en haut) amorce un tournant affirmé dans son parcours, entre pop générationnelle et prise de parole assumée. Révélée au grand public lors de la Star Academy, l’artiste poursuit aujourd’hui une trajectoire plus personnelle, après un premier EP C’est la vie sorti en 2025.
Le clip accompagne un titre au propos clair : questionner les jugements liés au nombre de partenaires sexuels et revendiquer une liberté amoureuse sans compromis. Portée par une énergie pop immédiate, la chanson — coécrite avec 47Ter — joue sur un contraste efficace entre légèreté musicale et sujet frontal. Une tension qui se retrouve dans l’image, où Margot assume une présence directe, sans filtre ni détour.
Visuellement, le clip, tourné sur le Canal Saint-Martin à Paris, s’inscrit dans une esthétique contemporaine, rythmée et incarnée, à l’image de cette nouvelle étape artistique. Plus affirmée, Margot y explore des thématiques intimes en résonance avec une génération en quête d’émancipation, tout en conservant ce qui fait sa singularité : un timbre de voix à la fois fragile et lumineux, forgé dans un parcours autodidacte et nourri de scènes multiples .
Avec Bodycount, l’artiste pose ainsi les bases d’un nouveau projet en préparation, plus libre, plus engagé, et clairement ancré dans son époque. Une évolution cohérente pour une artiste qui transforme désormais l’intime en déclaration.
Charlotte Cardin, sensualité maîtrisée et esthétique minimaliste dans The Way We Touch
Avec The Way We Touch, Charlotte Cardin poursuit l’installation d’une nouvelle ère artistique, plus sensuelle et cinématographique. Ce titre, qui succède à Tant pis pour elle, s’inscrit dans la construction de son prochain album encore en préparation, attendu dans les mois à venir .
Le clip adopte une esthétique radicale : un noir et blanc élégant, un plan-séquence immersif, et une scène de club presque désertée où l’artiste performe seule. Ce dispositif minimaliste crée une tension particulière, comme suspendue hors du temps, renforçant l’intimité du morceau. Entre envolées de saxophone et beat rétro, la chanson convoque une sensualité feutrée, où le rapprochement des corps devient le cœur du récit .
Fidèle à son univers, Charlotte Cardin privilégie ici une approche plus atmosphérique que narrative. La caméra accompagne le mouvement plutôt qu’elle ne raconte, capturant l’énergie d’un instant — celui des premiers émois, de la connexion physique et émotionnelle. Le clip se prolonge d’ailleurs dans une dimension plus onirique avec une séquence animée finale, signature visuelle que l’artiste semble désormais intégrer à ses productions .
Avec cette proposition, Charlotte Cardin confirme son positionnement singulier dans la pop actuelle : une esthétique épurée, une sensualité assumée mais jamais démonstrative, et une capacité à transformer l’intime en expérience visuelle. Un clip qui, sans chercher le spectaculaire, s’impose par sa cohérence artistique et sa précision formelle.