Les règles, les femmes peuvent s'en passer
BeauteSante | Publié le 08/10/2012 08:41:15
"Les règles, les femmes peuvent s'en passer" affirme le docteur Philippe Vignal. Ce gynécologue obstétricien, spécialiste reconnu en échographie gynécologique et aussi chercheur - frappe fort. "Les règles ne servent à rien - hors projet d'enfant, bien évidemment. Elles sont même nocives pour la santé des femmes." Un discours qui va à l'encontre de nombre de croyances. Et pourtant, le docteur Vignal n'a rien d'un excentrique. Il s'appuie sur des données scientifiques, des études et des constatations jamais contestées par ses pairs. Il rappelle ainsi que le cancer du sein reste une cause majeure de mortalité chez les femmes : 10 000 cas chaque année en France. En 1980, on diagnostiquait 20 000 cas, en 2012, on est à plus de 50 000. Or, on sait que le cancer du sein est directement lié aux œstrogènes. Des hormones secrétées par les ovaires de femmes au cours des cycles menstruels. Il a aussi été démontré que la relation entre nombre de cycles et risque de cancer du sein était étroitement corrélée.
Une conclusion s'impose : réduire le nombre de cycles dans la vie d'une femme et son exposition aux œstrogènes. C'est pourquoi le docteur Vignal milite pour une stratégie préventive et l'administration d'une pilule ne contenant que de la progestérone avec effet antiovulatoire.
Que des avantages pour la vie quotidienne des femmes.
1- Une diminution du risque de développer un cancer du sein.
2- Supprimer une contrainte mensuelle et tous les inconvénients qui vont avec : douleurs, migraines, sautes d'humeur...
3- Les règles sont un processus inflammatoire. Et l'inflammation chronique favorise non seulement le cancer mais aussi le vieillissement.
Alors pourquoi ce discours est-il aussi peu repris par les gynécologues ? Pourquoi continue-t-on à promouvoir des pilules à base d'œstrogènes qui provoquent des règles artificielles ?
Il a de nombreux obstacles à vaincre.
- Tout d'abord culturel : les règles sont naturelles. Elles arrivent si on ne fait rien pour empêcher le phénomène.
- Mais aussi psychologique, elles symbolisent la fertilité et donc par là même la féminité : seules les femmes ménopausées n'en ont plus.
- Sans oublier l'aspect religieux, si Dieu a créé les femmes avec des cycles, il est inacceptable d'aller contre.
Ce que l'on oublie de préciser, c'est qu'aux siècles passés, les femmes avaient au moins 10 grossesses dans leur vie et qu'elles allaitaient pendant presque trois ans. Au final, elles avaient environ moins de 200 cycles dans leur vie. Aujourd'hui, dans nos sociétés occidentales, les femmes en sont à plus de 450.
Le docteur Vignal pointe aussi d'autres raisons comme celles
- économiques - une seule pilule à la progestérone contre plusieurs dizaines de propositions pour les autres et tout le marché associé à celui des règles (tampons, serviettes hygiéniques…)
- corporatistes qui servent les intérêts des dépistages mammographiques et de la médecine curative en général.
Ce livre, un brin provocateur, a aussi pour objectif de relancer les études sur les vertus d'une contraception par la progestérone.
Rien de suffisamment fiable scientifiquement ? Le docteur Vignal, faux ingénu, s'étonne que les études menées, comme celle parue en 2002 dans la prestigieuse revue Cancer Causes&Control par des chercheurs de l'hôpital Gustave-Roussy, n'aient jamais été contestées par la communauté scientifique. Mais aussi, il s'interroge à savoir pourquoi, elles n'ont pas été continuées.
Alors, à son échelle, il veut relancer la machine qui s'est grippée. Et comme il le dit avec humour : "Ce n'est pas toujours facile d'avoir raison quand on est (presque) tout seul." Et de rappeler le combat de Semmelweis. Avant l'heure, il avait compris la corrélation entre les fièvres puerpérales qui tuaient tant de jeunes accouchées et les mains souillées des médecins. Des années plus tard, Pasteur lui donna raison.
Seul le docteur Vignal. Pas complètement, de nombreux confrères approuvent sa démarche et ses conclusions. Que retenir de son discours : "plus une femme a eu de règles naturelles ou artificielles (pilules combinées), plus elle augmente son risque de cancer et inversement."
Pour éviter ce risque, la solution existe : une pilule contraceptive ne contenant que de la progestérone prise dès la puberté (un an après le début des cycles chez la jeune fille) et sans interruption jusqu'au moment du projet d'enfant.
Alors, voulez-vous en sortir de L'enfer au féminin ?

Infos pratiques :
L'enfer au féminin. Sortir du cycle règles-cancer
Dr Philippe Vignal.
Editions de La Martinière,
157 pages, 15 euros
en vente chez les distributeurs habituels.
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