Lust in Paradise Extrait : la nouvelle vision solaire d’Ex Nihilo

BeauteSante | Publié le 13/08/2026 15:15:51
Ex Nihilo dévoile Lust in Paradise Extrait de Parfum, une version plus intense et boisée de sa fragrance solaire imaginée par Louise Turner.
Sept ans après la création de Lust in Paradise, Ex Nihilo en propose une nouvelle lecture avec un Extrait de Parfum signé par la parfumeuse Louise Turner. Plus intense, boisé et sensuel, le jus rejoint en 2026 la Collection Quintessence tandis qu’Amanda Charchian met en images sa Riviera fantasmée dans une campagne entièrement photographiée en argentique.

Ex Nihilo pousse Lust in Paradise vers une parfumerie plus intense

Dans un marché de la parfumerie de niche devenu l’un des territoires les plus dynamiques de la beauté haut de gamme, Ex Nihilo poursuit une stratégie qui consiste autant à développer de nouvelles créations qu’à approfondir son propre répertoire olfactif. Fondée à Paris en 2013 par Sylvie Loday, Olivier Royère et Benoît Verdier, la maison française s’est construite autour d’une vision contemporaine de la haute parfumerie, faisant dialoguer savoir-faire français, matières premières, innovation et culture créative. Une approche qui lui a progressivement permis de se distinguer dans le paysage très concurrentiel de la parfumerie confidentielle, à une époque où les consommateurs cherchent de plus en plus des sillages identitaires, des concentrations importantes et des propositions capables de dépasser les codes traditionnels du parfum de prestige. C’est précisément dans cette évolution que s’inscrit Lust in Paradise Extrait de Parfum, nouvelle interprétation d’une fragrance apparue en 2019 et devenue l’une des expressions les plus solaires de l’univers Ex Nihilo.

Créé par la parfumeuse Louise Turner, Lust in Paradise Eau de Parfum avait été pensé comme un hommage contemporain à la Côte d’Azur, territoire qui continue d’occuper une place particulière dans l’imaginaire du luxe français. La Riviera n’est ici pas seulement envisagée comme une destination : elle fonctionne comme un paysage mental fait de lumière, de liberté et de sensualité. La version originelle reposait notamment sur une signature florale lumineuse et musquée. En 2026, Louise Turner revient donc à sa propre composition pour en proposer une lecture plus concentrée, plus boisée et plus texturée. Lust in Paradise Extrait de Parfum rejoint ainsi Quintessence, la collection d’Extraits de Parfum de la maison. Cette évolution fait écho à une tendance particulièrement visible dans la parfumerie actuelle : les maisons revisitent leurs signatures majeures avec des concentrations plus élevées, non pas uniquement pour accroître leur puissance, mais pour modifier leur profondeur, leur diffusion et parfois leur architecture olfactive. L’Extrait devient ainsi un véritable exercice de réinterprétation plutôt qu’une simple déclinaison.

Louise Turner imagine cette nouvelle composition autour d’un moment très précis : celui du coucher de soleil sur la Riviera. L’ouverture associe le poivre rose à Rosyfolia et au gingembre rouge, installant immédiatement un registre épicé et lumineux. Le cœur fait ensuite apparaître le cassis, Petalia, l’absolu de rose et le jasmin Sambac, construisant un bouquet dans lequel les facettes fruitées dialoguent avec une floralité plus enveloppante. Le fond constitue l’un des changements de perspective les plus intéressants de cette nouvelle version : bois de cèdre, Ambrofix, muscs et Akigalawood viennent densifier la composition et installer une dimension boisée et ambrée qui prolonge son sillage. La pivoine demeure l’une des grandes impressions florales de Lust in Paradise, mais elle apparaît désormais plus charnelle, soutenue par une architecture sensiblement plus profonde.

La formule illustre également la place prise par les molécules captives et les innovations des grandes maisons de composition dans la parfumerie contemporaine. Petalia, développée par Givaudan, propose une interprétation moderne de la pivoine : une envolée fruitée évoquant notamment le litchi précède des tonalités florales rosées, poudrées et crémeuses. Akigalawood appartient à un registre différent. Issu du patchouli indonésien, ce captif naturel de nouvelle génération développe des facettes épicées et poivrées ainsi que des tonalités boisées pouvant rappeler à la fois le patchouli et le bois d’agar. Associées au cassis, dont les nuances vertes et acidulées apportent de l’éclat, ces matières permettent à Louise Turner de déplacer Lust in Paradise vers une sensualité moins exclusivement florale. Ce travail sur les textures et les contrastes reflète l’une des évolutions majeures de la parfumerie de niche : derrière le retour spectaculaire des matières et des concentrations fortes se cache aussi une parfumerie de plus en plus technologique, où ingrédients naturels et molécules contemporaines sont utilisés dans une même recherche de signature.
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Amanda Charchian photographie une « golden hour » sur la French Riviera

Ex Nihilo prolonge cette construction olfactive par une campagne confiée à Amanda Charchian, photographe et artiste née à Los Angeles et installée à Paris. Un choix qui dépasse la simple production d’images publicitaires. Autrice des ouvrages A Very Bad Man et Pheromone Hotbox, Charchian développe une pratique située au croisement de la photographie, de la sculpture et de la peinture. Elle conçoit également du mobilier de collection et dirige The Lifestyle Advisory Group, studio créatif consacré à l’esthétique et aux expériences immersives. Son travail explore régulièrement la sensualité féminine, le corps, la spiritualité, le mysticisme et le rapport entre formes humaines et architecture. Cette proximité entre art contemporain et communication de marque correspond assez précisément au langage développé par une partie de la parfumerie de niche, qui cherche aujourd’hui à construire autour de ses fragrances un territoire culturel aussi identifiable que leur signature olfactive.

Amanda Charchian n’est d’ailleurs pas une nouvelle venue dans l’univers de la maison. Elle avait déjà collaboré avec Ex Nihilo en 2022 autour du parfum Idle Hour. Pour Lust in Paradise Extrait, elle imagine une « golden hour » sensuelle sur la French Riviera, mettant en scène le parfum dans une atmosphère faite de chaleur, d’ombres graphiques, de corps et d’architecture méditerranéenne. Les visuels présentés dans la campagne jouent notamment sur les contrastes entre le bleu profond du flacon, les tonalités minérales et solaires des décors et les lignes projetées par la lumière. Le choix technique participe directement à l’identité de cette série : Charchian travaille exclusivement en argentique. Le grain, les nuances légèrement imparfaites et la chaleur de la pellicule introduisent ainsi une matérialité qui tranche avec l’hyper-netteté des productions numériques contemporaines. L’image publicitaire se rapproche volontairement d’un souvenir d’été, comme si la campagne cherchait moins à documenter la Riviera qu’à restituer la sensation d’un instant suspendu.

Cette articulation entre création olfactive et direction artistique dit beaucoup des transformations actuelles de l’industrie du parfum. À mesure que la parfumerie de niche s’internationalise et gagne en visibilité, les maisons doivent préserver leur singularité tout en développant des signatures suffisamment fortes pour devenir immédiatement reconnaissables. Revenir sur un parfum lancé en 2019 plutôt que multiplier uniquement les nouveautés permet à Ex Nihilo d’inscrire Lust in Paradise dans la durée et de consolider son propre patrimoine olfactif. Le passage à l’Extrait accompagne parallèlement l’intérêt croissant pour des parfums plus concentrés, plus enveloppants et capables d’offrir une expérience différente d’une eau de parfum classique. Avec un tarif atteignant 390 euros pour 100 ml, Lust in Paradise Extrait s’installe clairement dans le segment supérieur de la parfumerie de niche et illustre cette montée en gamme qui rapproche toujours davantage certaines maisons indépendantes des codes économiques et symboliques du luxe traditionnel.

L’intérêt de cette nouvelle interprétation réside finalement dans la cohérence entre le jus et son récit visuel. Louise Turner densifie la lumière de la création originelle en l’accompagnant de bois, de muscs et de matières ambrées ; Amanda Charchian traduit cette même lumière à travers la texture de la pellicule et les ombres d’un soleil méditerranéen en fin de journée. Plus qu’une simple variation de concentration, Lust in Paradise Extrait devient ainsi pour Ex Nihilo l’occasion de revisiter l’une de ses signatures à travers les codes actuels de la parfumerie haut de gamme : davantage de matière, une identité artistique affirmée et une narration où le parfum dialogue avec la photographie, l’architecture et l’imaginaire du voyage. Une manière, aussi, de rappeler que dans une parfumerie de niche devenue mondiale, la différence ne se joue plus seulement dans le flacon mais dans la capacité d’une maison à construire un univers cohérent autour de ses créations.

Infos pratiques :
Deux formats sont disponibles : 50 ml au prix de 275 euros et 100 ml à 390 euros.
Parfumeuse : Louise Turner. Famille olfactive : florale, musquée et boisée.

Par la rédaction
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