Mallory Gabsi ouvre 140°, son fritkot belge au cœur de Paris

LieuxTendance | Publié le 26/06/2026 08:50:35
Le chef étoilé Mallory Gabsi ouvre 140°, un fritkot belge contemporain à Paris où la frite devient une véritable signature gastronomique.

Après avoir conquis Bruxelles avec son concept de fritkot contemporain, le chef étoilé Mallory Gabsi ouvre 140° dans le quartier Montorgueil à Paris. Une adresse qui célèbre la culture populaire belge tout en appliquant les exigences techniques d'une cuisine de haute précision, faisant de la frite une véritable spécialité gastronomique.

140°, quand la frite belge devient un objet de haute gastronomie

La street food poursuit sa montée en gamme. Longtemps considérée comme une restauration rapide populaire, elle attire désormais certains des chefs les plus talentueux qui y voient un formidable terrain d'expression culinaire. Après les burgers gastronomiques, les sandwichs d'auteur ou les comptoirs spécialisés, c'est désormais au tour du fritkot belge de connaître une véritable relecture contemporaine. Avec l'ouverture de 140° dans le 2ᵉ arrondissement de Paris, le chef belge Mallory Gabsi propose bien plus qu'une nouvelle friterie : il importe une institution nationale tout en la faisant dialoguer avec les codes de la gastronomie actuelle.

Le nom du lieu résume à lui seul toute la philosophie du projet. Les 140 degrés correspondent à la température idéale de la première cuisson des frites, étape fondamentale qui détermine leur texture finale. Cette donnée technique est devenue un symbole après le passage du chef dans Top Chef en 2020. Durant une épreuve, le chef Christophe Hardiquest lui rappelle qu'une cuisson réussie commence précisément à 140° et non à 130°. Cette remarque, en apparence anodine, restera gravée dans l'esprit de Mallory Gabsi. Quelques semaines plus tard, lors de la célèbre épreuve de la Guerre des Restos imaginée avec Adrien Cachot, naît un concept de street food inspiré des fritkots belges. Le projet prendra d'abord vie sur une péniche éphémère (lire ici) avant de devenir un véritable restaurant à Bruxelles en 2021. Cinq ans plus tard, l'aventure franchit une nouvelle étape avec son installation à Paris.

L'histoire personnelle de Mallory Gabsi explique largement cette démarche. Né en 1996 à Ixelles, près de Bruxelles, le chef grandit dans une famille où la cuisine est omniprésente. Les recettes généreuses de sa grand-mère côtoient les grands couscous préparés par son grand-père tunisien, nourrissant très tôt son goût pour les traditions culinaires populaires. Après une formation exigeante au Sea Grill auprès d'Yves Mattagne puis dans les cuisines du triplement étoilé Hertog Jan, il révèle son talent au grand public grâce à Top Chef. En parallèle de 140°, il ouvre son restaurant gastronomique à Bruxelles, récompensé d'une étoile Michelin seulement un an après son inauguration. Ce double parcours illustre parfaitement sa vision : faire dialoguer excellence gastronomique et cuisine populaire plutôt que les opposer.

Chez 140°, cette exigence se retrouve dans chaque détail. Les pommes de terre Agria, sélectionnées dans les Hauts-de-France, sont épluchées et découpées sur place avant de subir une double cuisson minutieusement contrôlée. La première, à 140°, prépare leur texture intérieure, tandis que la seconde leur apporte ce croustillant caractéristique qui fait la réputation des meilleures frites belges. Derrière une apparente simplicité se cache un véritable travail d'orfèvre où chaque paramètre compte. Le résultat revendique un équilibre précis entre une enveloppe dorée et croustillante et un cœur particulièrement fondant. Cette rigueur technique rapproche finalement la préparation des frites des méthodes appliquées dans les cuisines gastronomiques.

140 ° Burger et fritesLe menu dépasse largement le simple cornet de frites. Les croquettes aux crevettes grises rendent hommage à l'une des grandes spécialités belges, tandis que les burgers revisitent les classiques avec un double steak de bœuf, du cheddar, une mayonnaise maison, des oignons caramélisés et des pickles. La spectaculaire mitraillette illustre parfaitement cette rencontre entre tradition populaire et créativité culinaire, notamment avec la version « Summer is Black @140° », composée d'une baguette à l'encre de seiche garnie de seiche croustillante, d'aïoli, de gel de bergamote, d'herbes fraîches et de frites. Les célèbres sauces occupent également une place essentielle dans cette identité culinaire. La sauce Andalouse, enrichie d'une pointe de harissa en hommage aux origines tunisiennes du chef et relevée par un miel d'apiculteurs belges, symbolise cette cuisine profondément personnelle où les influences familiales rencontrent le patrimoine belge. Le menu que votre magazine a pu découvrir en avant-première nous offre de merveilleux moments gustatifs, les burgers sont généreux et profite d'un bun ultra moelleux comme rarement vu, les croquettes se laissent croquer sans peine, et il est compliqué de faire un choix parmi une sélection de sauces maison qui participent pleinement à l'expérience culinaire.
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Une adresse qui réinvente le patrimoine populaire belge à Paris

L'ouverture parisienne de 140° ne constitue pas simplement l'arrivée d'une enseigne étrangère. Elle illustre l'évolution de la restauration contemporaine, où les frontières entre gastronomie et street food deviennent de plus en plus poreuses. Paris accueille depuis plusieurs années une nouvelle génération de concepts qui revendiquent une identité forte tout en valorisant des savoir-faire populaires. Dans ce paysage, le fritkot belge trouve naturellement sa place, porté par un chef capable de naviguer entre restaurant étoilé et comptoir de rue avec la même exigence.Cette nouvelle génération de chefs souvent révélés dans l'émission Top Chef apporte un soufle nouveau à Paris avec cette culture street food qui séduit beaucoup, on pense notamment à Adrien Cachot avec sa collab chez Sushi Shop ou encore à Mohamed Cheikh qui débarque (enfin) à Paris avec son concept Chik'Chill (on vous en parle début juillet). 

Le décor participe pleinement à cette relecture. Imaginé par les architectes Emma Collet et Thomas Diettert, l'espace reprend les codes historiques des fritkots belges tout en leur offrant une esthétique contemporaine. Les faïences brillantes, le formica, les enseignes lumineuses et les petits carreaux colorés évoquent les établissements populaires des années 1960, tandis que le comptoir en lave émaillée jaune place la friteuse au centre du spectacle culinaire. Le plafond associe une laque brillante inspirée des anciens bistrots à un immense store jaune rappelant les auvents des fritkots traditionnels. L'identité graphique conçue par Laura Benocci prolonge cette volonté de préserver l'authenticité du lieu tout en lui donnant une lecture résolument actuelle.

Cette approche témoigne d'une tendance de fond dans la restauration. Les consommateurs recherchent aujourd'hui des lieux capables de raconter une histoire autant que de proposer une cuisine de qualité. Les spécialités régionales ou nationales deviennent des marqueurs culturels puissants lorsqu'elles sont interprétées avec sincérité et maîtrise technique. Dans cette perspective, la frite belge cesse d'être un simple accompagnement pour devenir un véritable produit d'auteur. Ce repositionnement participe à une valorisation plus large de la street food européenne face aux influences américaines ou asiatiques qui dominaient jusqu'ici le secteur.

L'installation de 140° dans le quartier Montorgueil n'a d'ailleurs rien d'anodin. Véritable carrefour gourmand parisien, ce secteur accueille aussi bien des artisans historiques que des concepts contemporains. L'adresse s'inscrit ainsi dans une dynamique où tradition et innovation cohabitent naturellement. En faisant dialoguer patrimoine belge, exigence gastronomique et restauration rapide, Mallory Gabsi démontre que les recettes les plus populaires peuvent devenir des objets de création sans perdre leur authenticité. Une vision qui pourrait bien inspirer une nouvelle génération de chefs désireux de réinventer les grands classiques de la cuisine de rue. Une adresse à découvrir au plus vite, on vous recommande vivement !

140 degré Food

Infos pratiques :
140° - Belgian Fritkot - 6, rue des Petits Carreaux 75002 Paris
Ouverture : Samedi 27 juin 2026
À la carte : frites fraîches, burgers, mitraillettes, croquettes belges, fricadelles et sauces maison.
Prix indicatifs : frites à partir de 4,20 euros, burgers à partir de 10 euros, mitraillette signature à 16,50 euros, croquettes à partir de 6 euros.

Par la rédaction
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