Defiles

Publié le 21/01/2016
Mode Homme AH 2016-2017 : défilé Gucci à Milan
La marque Gucci fait partie de ces quelques griffes de mode qui ont su se faire un nom dans le luxe symbolisant un certain savoir-faire dans le monde entier. Fondée à Florence en 1921, Gucci est aujourd'hui la propriété du groupe français Kering mais conserve bien évidemment de fortes attaches transalpines. Depuis janvier 2015, le Directeur de la Création est Alessandro Michele, 42 ans, qui assume depuis cette date l’entière responsabilité créative de toutes les collections de la marque et de l’image de la Maison Gucci.

Pour cette collection Homme automne hiver 2016-2017 Gucci a choisi la poésie comme thème principal de ce défilé. Pour Gucci les traces du passé ne sont ni des reliques inertes et pétrifiées, ni de simples objets à confiner dans les musées. Au contraire, il faut les envisager comme des sortes d’étincelles capables d’allumer la mèche de l’explosif placé dans « ce qui a été » (das Gewesene) et de former des constellations riches d’un futur où le passé rencontre le présent (cf. Walter Benjamin).

S'inspirer du passé pour imaginer le futur

Dans cette heureuse rencontre, ce qui a été enterré et embaumé refait surface, réapparaît soudain dans un éclair et se rend disponible pour de nouvelles significations. En fait, la mémoire n’est pas un enregistrement passif de l’histoire, mais plutôt un acte interprétatif et poétique qui, à travers une nouvelle mise en lumière du passé, préfigure des définitions au sens inédit.
La collection pour homme Automne/Hiver évolue dans le domaine à la fois destructeur et libérateur de cette réactivation poétique. D’un côté, elle éradique le passé considéré comme inexorablement terminé et irréversible. De l’autre, elle le libère en lui redonnant des possibilités jusqu’ici non exprimées.
A travers ce processus, les vêtements se transforment en assemblage de fragments issus d’un ailleurs temporel: des révélations qui ressurgissent, enchevêtrées et inattendues, des strates fluides venues du passé, anarchiquement ancrées dans le présent (cf. Gilles Deleuze), des survivances transfigurées au sein d’une esthétique renouvelée.

 







Ces fragments jouent les uns avec les autres: ils s’estompent dans les superpositions, se détachent de leur signification d’origine pour adopter de nouvelles interprétations, se réassemblent dans des associations qui les affranchissent de la pure connexion logique. C’est un jeu anarchique qui respire la liberté, le plaisir et l’émancipation, qui encourage l’évasion bien au-delà des confins établis par la tradition.
Dans un tel contexte, l’élan de destruction est même et avant tout un élan de création (cf. Mikhaïl Bakounine). A travers des mécanismes de déni, de déformation, d’inversion et de redéfinition du passé, la collection présente des palimpsestes émotionnels inédits débordant de sens et de désir – un excès de sens impossible à réabsorber, un infini champ des possibles constamment ouvert à l’interprétation.

 







Par Fashions-addict.com avec Gucci
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