Moncler x Fragment : la montagne selon Hiroshi Fujiwara

Luxe | Publié le 26/08/2026 13:36:17
Moncler retrouve Hiroshi Fujiwara et Fragment pour une collection automne 2026 entre héritage alpin, culture japonaise et streetwear contemporain.

Moncler poursuit son dialogue avec Hiroshi Fujiwara à travers une nouvelle collection Moncler x Fragment où l’héritage alpin de la maison rencontre les références japonaises et américaines du créateur. Entre pièces réversibles, graphismes minimalistes, première capsule enfant et Wallabee revisitée avec Clarks Originals, cette saison confirme la longévité d’une collaboration initiée en 2018.

Moncler x Fragment, huit ans de dialogue entre la montagne et la culture streetwear

Dans l’univers des collaborations, où les associations de noms prestigieux se multiplient parfois au risque de perdre leur capacité à surprendre, la relation entre Moncler et Hiroshi Fujiwara fait figure d’exception par sa longévité. Initié en 2018, le dialogue entre la maison italienne aux racines françaises et Fragment, le laboratoire créatif du designer japonais, s’est progressivement installé comme l’une des collaborations récurrentes les plus identifiables de l’écosystème Moncler. Pour l’automne-hiver 2026, les deux partenaires choisissent paradoxalement de revenir à l’essentiel. Avec pour manifeste « Rise Above the Chaos », la collection s’éloigne symboliquement de l’agitation urbaine pour retrouver la montagne, territoire fondateur de Moncler, tout en renouant avec le Japon et le vocabulaire esthétique personnel de Fujiwara. La campagne pousse cette idée de dépouillement jusqu’à faire du créateur son propre protagoniste. Sur fond blanc, vêtu notamment d’une veste varsity réversible, Hiroshi Fujiwara apparaît dans une mise en scène volontairement minimale où un chien, écho au motif « puppy » de la saison, et une télécabine suffisent à construire le récit. Cette dernière matérialise le passage de la ville vers les sommets, mais aussi cette circulation permanente entre univers qui constitue depuis plusieurs années l’une des signatures de Moncler x Fragment.

Ce rapprochement trouve une résonance particulière dans l’histoire de Moncler. Fondée en 1952 à Monestier-de-Clermont, près de Grenoble, la marque s’est construite autour de l’équipement de montagne avant de devenir, sous l’impulsion de Remo Ruffini, l’un des cas les plus singuliers de transformation d’une griffe fonctionnelle en maison de luxe internationale. Son identité repose aujourd’hui sur plusieurs expressions complémentaires : Moncler Collection, Moncler Grenoble et Moncler Genius, plateforme de collaborations qui a largement contribué à renouveler la manière dont une maison peut dialoguer avec des créateurs extérieurs. Cette stratégie reste particulièrement pertinente dans un marché du luxe devenu plus contrasté, où la désirabilité ne peut plus reposer uniquement sur l’augmentation des prix ou la multiplication des lancements. Les chiffres récents de Moncler illustrent d’ailleurs cette nouvelle géographie du secteur. Au premier semestre 2026, le groupe a enregistré 1,29 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 9 % à taux de change constants, tandis que son EBIT atteignait 245 millions d’euros, soit une marge de 19 %. La marque Moncler représentait à elle seule près de 1,09 milliard d’euros de revenus. Cette dynamique masque toutefois des disparités géographiques, avec une Europe affectée notamment par un tourisme moins porteur, tandis que l’Asie demeure un moteur important. Dans ce contexte, entretenir des collaborations culturellement fortes comme celle développée avec Fragment permet aussi à Moncler de consolider son dialogue avec des communautés qui dépassent largement le périmètre traditionnel du luxe.

La présence d’Hiroshi Fujiwara n’est évidemment pas anodine. Souvent présenté comme l’un des pères du streetwear japonais, le créateur, DJ et producteur a bâti sa trajectoire en faisant circuler les références entre musique, mode, design, culture américaine et sensibilité japonaise. Moncler souligne d’ailleurs cette dimension de « curateur » capable de transformer des influences très diverses en un langage immédiatement reconnaissable. Pour cette nouvelle collection, Fujiwara se tourne notamment vers le sukajan, ou « souvenir jacket », vêtement indissociable de l’histoire culturelle du Japon d’après-guerre et silhouette qu’il affectionne personnellement. La veste varsity américaine se confronte ainsi aux codes de la souvenir jacket japonaise dans une construction réversible signée Moncler. Une carte brodée retrace symboliquement un trajet entre le Japon et l’Italie, condensant sur un seul vêtement l’identité hybride de la collaboration. Certaines versions seront d’ailleurs réservées à une sélection de boutiques au Japon et à Milan, renforçant la dimension presque cartographique de cette rencontre.
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Du sukajan à la Wallabee, Hiroshi Fujiwara construit un vestiaire sans frontières

L’intérêt de cette édition 2026 réside aussi dans sa manière de contourner l’image la plus immédiatement associée à Moncler : la doudoune. La collection privilégie au contraire un vestiaire léger, sans garnissage en duvet, composé de coupe-vent, vestes chemises, sweats zippés à capuche, t-shirts, pantalons et pièces en jersey. Cette orientation accompagne la volonté stratégique de Moncler de renforcer sa pertinence au-delà de la saison hivernale, un enjeu désormais central pour une marque historiquement associée au froid et aux sommets. La palette et les détails graphiques jouent alors un rôle déterminant. Un carreau dégradé mêlant vert profond et noir s’impose sur une flanelle de coton brossé, tandis qu’un logo Moncler FRGMT traité dans un esprit graffiti dialogue avec des broderies évoquant Casa Moncler, le nouveau siège milanais de la maison. La sobriété apparente du vestiaire masque ainsi un travail particulièrement précis sur les signes, les références et les détails. Le site de Moncler présente actuellement 23 références dans cet univers et confirme cette rencontre entre influences japonaises, références vintage américaines et héritage outdoor.

Cette saison marque également une évolution intéressante de la collaboration avec le lancement de FRGMTmini, première capsule « Mini Me » issue de l’univers Moncler x Fragment. La veste coach à carreaux, le sweat à capuche, le pantalon de survêtement ou encore le t-shirt au motif de chiot passent ainsi au vestiaire enfant. Au-delà de l’exercice stylistique, cette extension traduit un phénomène de fond du luxe contemporain : les codes visuels les plus identifiables des collaborations et des lignes adultes sont désormais pensés comme des univers susceptibles de traverser les générations. Moncler présente d’ailleurs cette nouvelle proposition comme un prolongement de son dialogue avec Fujiwara entre vestiaires masculin et enfant. Ce choix donne aussi une dimension plus ludique à une collection dominée par le noir, le vert et une certaine rigueur graphique, notamment grâce au fameux chiot qui devient l’un des motifs récurrents de cette édition.

Moncler + Clarks Originals + Fragment Trailgrip Wallabee GTXL’autre temps fort se trouve aux pieds. Moncler x Fragment accueille en effet un troisième acteur avec Clarks Originals pour imaginer la Moncler + Clarks Originals + Fragment Trailgrip Wallabee GTX. La Wallabee est l’un de ces objets ayant depuis longtemps dépassé sa fonction initiale pour devenir un marqueur culturel, adopté aussi bien par différentes scènes musicales que par le streetwear. Moncler et Clarks Originals avaient déjà rapproché cette silhouette patrimoniale de l’univers technique de la montagne en combinant une empeigne en daim, une membrane GORE-TEX respirante et imperméable et la semelle extérieure Vibram Trailgrip développée dans l’écosystème footwear de Moncler. Hiroshi Fujiwara pousse ici l’exercice vers une radicalité familière à Fragment : le modèle adopte un noir intégral, seulement interrompu par quelques détails signature latéraux. Le résultat résume presque à lui seul la logique du projet : prendre un archétype connu, le confronter à la performance technique, puis réduire l’intervention graphique pour laisser parler la construction.

Au-delà de la collection elle-même, ce nouveau chapitre révèle finalement la pertinence du modèle collaboratif lorsqu’il est envisagé dans la durée. Là où de nombreux « drops » cherchent avant tout l’effet de surprise immédiat, Moncler et Fragment ont eu huit ans pour construire un vocabulaire commun. Fujiwara ne vient plus simplement apposer ses signes sur le patrimoine de la maison : il travaille désormais à l’intérieur de celui-ci, en déplaçant ses références entre la montagne, Tokyo, Milan et la culture américaine. Moncler décrit elle-même cette relation comme l’une de ses collaborations créatives les plus durables. Dans une industrie du luxe qui cherche simultanément à séduire de nouvelles générations, à défendre son patrimoine et à maintenir sa désirabilité dans un environnement économique moins linéaire, cette continuité est peut-être l’élément le plus intéressant. « Rise Above the Chaos » prend alors un sens qui dépasse la seule image d’une télécabine quittant la ville : ralentir le rythme des collaborations pour construire, saison après saison, une véritable identité commune.

Infos pratiques :
Proposée à 650 euros sur le site européen de Moncler, la Trailgrip Wallabee GTX complète un vestiaire où le tee-shirt Moncler x Fragment est affiché à 330 euros, le sweat zippé à capuche à 790 euros et le coupe-vent Jitsuyō à 1 200 euros.

Par la rédaction
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