Pierre Cardin se lance dans la lingerie féminine avec Textiss

Mode | Publié le 21/09/2026 10:04:09
Pierre Cardin Femme
Pierre Cardin et Textiss lancent une première collection féminine de lingerie et de maillots de bain avec 37 références accessibles dès septembre.

Pierre Cardin ajoute une nouvelle dimension à son vestiaire féminin. Avec Textiss, la marque lance en septembre 2026 une première collection de lingerie et de maillots de bain pour femme, composée de 37 références et déployée dans plus de 100 points de vente. Une diversification qui traduit aussi la montée en puissance de la licence Pierre Cardin dans le portefeuille du groupe textile français.

Pierre Cardin, de l'avant-garde de la mode à un nouveau vestiaire intime

Chez Pierre Cardin, la diversification n’est pas vraiment une idée nouvelle. Elle appartient même à l’histoire de la maison et à la personnalité de son fondateur, qui fut l’un des premiers grands couturiers français à envisager son nom comme un univers susceptible de dépasser les frontières traditionnelles de la haute couture. Le lancement, en septembre 2026, de la première collection Pierre Cardin pour femme consacrée à la lingerie et au bain s’inscrit donc dans cette culture historique de l’extension de marque, tout en répondant à des enjeux très contemporains. Développée par le groupe français Textiss, la ligne rassemble 37 références, avec 30 propositions de sous-vêtements et sept modèles de maillots de bain. Elle marque surtout une étape supplémentaire dans le partenariat entre les deux entreprises puisque, jusqu’à présent, l’offre Pierre Cardin développée par Textiss était principalement concentrée sur l’underwear et le homewear masculins.

Ce passage au féminin intervient dans une période particulièrement active pour Pierre Cardin. Sous l’impulsion de Rodrigo Basilicati-Cardin, président du Groupe Cardin et directeur artistique de la Maison, la griffe continue de faire vivre le vocabulaire géométrique, architectural et futuriste qui a construit sa singularité. En mars 2026, elle présentait ainsi sa collection Automne-Hiver 2026-2027 pendant la Fashion Week de Paris, tandis que le Festival Pierre Cardin célébrait sa 25e édition à Lacoste en juillet. Une dynamique que Fashions-addict.com suit régulièrement. Le magazine consacrait notamment un article à la collection présentée au 59 rue du Faubourg Saint-Honoré, où Rodrigo Basilicati-Cardin explorait une mode futuriste associant innovation textile, modularité et réflexion environnementale. Plus récemment encore, Rodrigo Basilicati-Cardin a été annoncé parmi les personnalités accompagnant la 30e édition du Festival International des Créateurs de Mode de Dinan, où le Prix Pierre Cardin permettra à une jeune créatrice d’intégrer la Maison pour un stage de trois mois.

La nouvelle lingerie féminine évolue évidemment dans un registre beaucoup plus quotidien que ces propositions de podium. Les visuels dévoilés avec la collection montrent précisément cette volonté de simplicité : culottes aux lignes épurées, débardeur blanc, tonalités chair, noir ou gris, silhouettes photographiées dans une architecture aux accents modernistes et sous la lumière méditerranéenne (voir la vidéo plus bas). Le parti pris semble ainsi moins chercher la lingerie spectaculaire que des essentiels facilement identifiables et accessibles. Une orientation cohérente avec les prix annoncés, compris entre 6,99 euros et 15,99 euros pour les sous-vêtements et entre 26,90 euros et 34,90 euros pour le bain. Pierre Cardin joue ici moins la carte du luxe traditionnel que celle d’une marque patrimoniale française capable de diffuser son nom auprès d’une clientèle très large.

Ce positionnement rappelle aussi l’une des particularités historiques de Pierre Cardin. Bien avant que les grandes maisons ne multiplient les collaborations, capsules, parfums, accessoires et extensions lifestyle, le couturier avait compris la puissance économique d’un nom et développé un modèle fondé en partie sur les licences. Cette stratégie a contribué à installer Pierre Cardin dans l’imaginaire collectif bien au-delà des podiums. Le défi contemporain consiste désormais à exploiter cette notoriété sans diluer l’identité de la marque. C’est précisément là que le partenariat avec Textiss prend tout son sens : plutôt que de multiplier indistinctement les catégories, le groupe drômois s’appuie sur son expertise spécifique du sous-vêtement pour développer un territoire où il possède déjà une véritable infrastructure industrielle et commerciale.


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Textiss fait de Pierre Cardin un levier de son développement européen

Derrière cette première collection féminine se dessine en effet une stratégie économique plus large. Fondé en 2001 et installé à Châteauneuf-du-Rhône, Textiss s’est spécialisé dans la création et la distribution de sous-vêtements et de textile, avec des marques propres comme Freegun et un portefeuille de licences comprenant notamment Umbro, Von Dutch et Pierre Cardin. Le groupe dispose d’un bureau de style intégré réunissant chefs de produits, stylistes, graphistes et modélistes et indique pouvoir développer plus de 300 modèles sur stock ou en développement. Dans un marché de la mode où la puissance d’une marque ne suffit plus et où distribution, prix, vitesse de développement et maîtrise des catégories deviennent déterminants, cette expertise permet de transformer une licence patrimoniale en offre commerciale structurée.

Les premiers résultats semblent conforter cette stratégie. Un an après son intégration, Pierre Cardin s’est hissée à la quatrième place des marques du portefeuille européen de Textiss. Dès juin 2025, l’entreprise expliquait d’ailleurs vouloir utiliser la licence pour accélérer son expansion européenne. À cette époque, Textiss avait réalisé 1,7 million d’euros de chiffre d’affaires dans la zone Allemagne-Autriche-Suisse avec ses activités concernées et 1,2 million d’euros en Pologne et dans les Balkans, des territoires où la notoriété historique de Pierre Cardin constituait un actif commercial important. Le lancement de la collection féminine avait ensuite été annoncé au printemps 2026 comme l’une des prochaines étapes de cette stratégie, avec un déploiement prévu à la rentrée.

« Après avoir installé Pierre Cardin sur l’homme, le développement d’une offre femme était une suite logique pour nous. La notoriété de la marque et son potentiel nous permettent aujourd’hui d’élargir son territoire à une nouvelle clientèle. Les premiers retours obtenus auprès de nos partenaires distributeurs lors du sell-in sont encourageants et confortent notre choix d’ouvrir cette nouvelle catégorie », explique Nicolas Fouchet, directeur des ventes internationales du groupe Textiss. Son propos éclaire la logique du projet : la lingerie féminine n’est pas envisagée comme une opération ponctuelle, mais comme une extension d’un modèle déjà éprouvé sur le marché masculin.

Le choix des circuits de distribution est tout aussi révélateur. La collection arrive dans plus de 100 points de vente en GSA et GSS, en direct ou via des centrales. Pierre Cardin se positionne ainsi sur un segment très différent du luxe exclusif incarné par ses défilés parisiens. Cette coexistence entre création, patrimoine et diffusion constitue cependant depuis longtemps une particularité de la marque. Elle permet aujourd’hui à Textiss d’occuper un espace intéressant entre les acteurs spécialistes de l’intime et les griffes de mode généralistes qui utilisent lingerie, underwear et swimwear comme catégories de diversification.

L’opération intervient également alors que Textiss élargit fortement son empreinte dans l’univers des licences. Le groupe a renouvelé début 2026 son accord européen avec Von Dutch et étendu le périmètre de cette marque aux chaussures. Il a parallèlement repris à partir de 2026 la gestion de la licence textile et chaussures d’Umbro en France, après avoir déjà travaillé pendant une décennie sur ses sous-vêtements et chaussettes. Pierre Cardin s’inscrit donc dans un portefeuille où chaque nom possède un imaginaire très identifiable et où l’enjeu consiste à transformer cette puissance culturelle en catégories de produits cohérentes.

Avec cette première collection lingerie et bain, Pierre Cardin ouvre finalement un territoire féminin étonnamment naturel pour une maison qui a toujours revendiqué une vision globale du style. Le projet ne cherche pas à transposer littéralement les expérimentations futuristes des podiums dans le tiroir à lingerie. Il adopte au contraire un vocabulaire beaucoup plus essentiel, construit autour du quotidien, du confort et de prix accessibles. Derrière cette apparente simplicité se joue pourtant un enjeu important : faire dialoguer un nom majeur de l’histoire de la mode française avec les réalités actuelles d’un marché textile très concurrentiel. Pour Textiss comme pour Pierre Cardin, le véritable test commencera donc maintenant, au contact des consommatrices.

Infos pratiques :
Collection Pierre Cardin Femme lingerie et bain disponible à partir de septembre 2026 dans plus de 100 points de vente en GSA et GSS. 37 références au total : 30 références de sous-vêtements et sept références de maillots de bain. Prix publics annoncés de 6,99 € à 15,99 € pour les sous-vêtements et de 26,90 € à 34,90 € pour les maillots de bain.

Par la rédaction
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