Regard sur un Classique : la marinière

Mode | Publié le 01/03/2010 14:55:42
Cette semaine notre thématique « Regard sur un classique » se penche sur la célèbre petite marinière car il faut bien se l’avouer cette petite pièce de tissu est devenue un vrai classique de nos vestiaires. Elle s’impose comme un incontournable, un indispensable, avec ses rayures bleues et blanches, qui se déclinent maintenant dans de nombreux coloris et supports.
Au même titre que le trench, la jupe, le tailleur, la robe, la marinière a séduit de nombreux couturiers. De Jean Paul Gaultier à Dior, Yves Saint Laurent, Givenchy en passant par Sonia Rykiel, certains en on fait leur marque de fabrique. Empruntée à l’uniforme marin, la marinière a séduit toutes les générations de femmes.

De la marine au podium

Au 19ème siècle le tricot rayé quitte le baluchon du marin pour devenir source d’inspiration des couturiers. Ce tricot bien spécifique figure sur les représentations de marins dès les années 1820. Il est porté près du corps, sous la vareuse, il protège à la fois du vent et du froid. On compte 22 rayures bleues alternant avec des rayures blanches. A l’origine le tricot rayé sert de sous-vêtement et descend très bas jusqu’à mi-cuisses. Les manches couvrent les bras aux trois-quarts pour ne pas dépasser de la vareuse du marin ou du pêcheur.
Dès les années 1840-1845 le vêtement de marin fait une incursion dans la vie civile grâce notamment à la Reine Victoria d’Angleterre qui habille ses enfants en marin. Ces vêtements font preuve d’un confort et d’une robustesse sans limite. Très vite les familles nobles d’Europe copient la Reine Victoria, la mode est lancée. En 1880, cette mode descend dans la rue, et l’uniforme de marins s’impose dans la garde robe enfantine.

 

Mais ce n'est qu’en 1913 que le style marin prend son essor grâce notamment au développement du tourisme balnéaire. C’est toute une collection de nouveaux vêtements qui sont créés pour l’occasion dont les costumes de bain et tenues de plage. C’est à cette époque, à Deauville que la couturière Gabrielle Chanel s’inspire du style marin pour libérer la femme. Elle revisite les pantalons à pont et les marinières pour créer des vêtements féminins, souples et confortables.

 

Cette marinière autrefois portée par les seuls marins est le symbole d’une certaine libération de la femme. Des artistes populaires de l’époque comme Suzy Solidor ou Colette n’hésitent pas à poser avec cette tenue de marin. Depuis cette date la Marinière ne cesse d’être interpréter, détourner par les créateurs de mode.

 

Un must have de la mode

Régulièrement elle revient comme un ‘must have’, elle sera d’ailleurs l’une des pièces maîtresse de votre garde robe cet été.

 

Si elle suit le mouvement cyclique de la mode, elle a connu aussi ses périodes de gloires comme dans les années 80 ou le jeune et impertinent couturier français  Jean Paul Gaultier en fait le symbole d’une mode unisexe. Les grands noms de la mode comme Yves Saint Laurent, Sonia Rykiel, Jean Charles de Castelbajac, Maison Martin Margiela ont un jour ou l’autre donné leur interprétation de cette pièce prouvant bien qu’il s’agit d’un Classique.
Traditionnelles à rayures blanches et bleues, col bateau et manches longues ou revisitée avec épaulettes et sequins, la marinière n’a de cesse de nous séduire et de s’adapter au situation et au style des couturiers. Même les jeunes générations n’y échappent pas : Christophe Decarnin pour Balmain, Marc Jacobs, Dolce & Gabbana, Michael Kors...  

 

Cette petite pièce de tissu révèle beaucoup sur nous-mêmes. Loin d’être superficiel, la marinière est un révélateur pour nos sociétés dans la manière dont elle peut codifier et uniformiser nos gestes ou au contraire sublimer l’individu comme entité unique. A elle seule elle incarne une mode populaire, libérée, contradictoire, ambivalente. Le petit tricot rayé, qui au départ devait permettre la reconnaissance facile d’un marin tombé à la mer, est devenu avec le temps un grand classique de la mode, de ceux à qui on porte une affection toute particulière, une tendresse inouïe, tout simplement beaucoup d’amour.

 

Par la rédaction
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