Sous le soleil de Milan, Gucci et John Richmond nous éblouissent

Defiles | Publié le 23/06/2008 21:26:37
Les passerelles milanaises ont fait dans la légèreté et la fraîcheur lundi malgré des températures torrides avec une collection champêtre chic chez Moschino et un défilé de mauvais garçons presque rangés pour Richmond, tandis que Gucci s'offrait une bouffée tropicale.

Au troisième jour des collections de prêt-à-porter masculin pour l'été prochain, le défilé de Moschino a pris des allures de pique-nique bobo et raffiné avec des mélanges inattendus mais très réussis de matières et de couleurs. La Toile de Jouy, le tartan d'été et le vichy - noir ou rouge, grands ou petits carreaux - se refont une jeunesse et n'hésitent pas à se mêler pour des tenues étonnamment modernes et dynamiques. Sur le haut du crâne, un petit chapeau de paille s'assortit au panier rempli de pain pour les sandwiches porté au bras. Un petit gilet se recouvre de centaines de boutons gris cousus au fil rouge et offre un dos rayé de satin grenat et noir, une veste est coupée dans du plastique transparent et se tient prête pour parer aux averses d'été, les pochettes se montrent et de petits sujets brodés - âne, trèfle à quatre feuilles, coeur - apparaissent sur une chemise en jean.

Ambiance plus tropicale chez Gucci où Frida Giannini fait déambuler des mannequins dans des costumes étroits déclinant toute la palette aquatique: turquoise, bleu marine, lapis-lazuli et vert d'eau, des tons unis et forts auxquels viennent se mêler rayures et motifs colorés. Les fleurs d'hibiscus, les perroquets et les flamants roses parsèment toute la collection: des cravates aux chaussures, des chemises aux pendentifs, jusqu'aux perfectos de python noir et blanc qui sont rebrodés de grosses fleurs éclatantes.

Sans pour autant se ranger, le styliste britannique John Richmond présente une collection beaucoup moins punk qu'à son habitude et fait défiler des mauvais garçons qui ont un peu perdu de leur côté canaille. Pléthore de costumes sur la passerelle pour explorer les classiques - shantung de soie gris, galon le long de la jambe - mais aussi briser une ligne un peu trop sage avec une cravate vert pomme, des mocassins menthe à l'eau et une chemise dont l'arrière des manches est couvert de faux tatouages. Sans tomber dans le trash comme il a si bien su le faire lors des précédentes saisons, l'homme Richmond garde quand même un faible pour les casquettes de gavroche portées de guingois, les perfectos de lézard plastifié ou les gros chapelets terminés par une croix noire qui se balancent sur le torse dénudé.

Chez les Français Marithé et François Girbaud, le pantalon prend toutes les libertés et se zippe, se lace, se rétrécit, se découpe, se tord et se détord. Tout aussi audacieux, les lacets sont partout - rayés, blancs, fluo - se nouant en double serre-tête, s'attachant en ceinture bricolée ou se transformant en une étrange cravate. Des mannequins cagoulés de noir distillent des messages militants pour sauver les abeilles, l'eau, et plus généralement la planète de l'anéantissement, les T-shirts sont subtilement découpés au laser, les chaussettes s'ornent d'un pompon rouge à l'arrière de la cheville, pour une silhouette insolite mais très urbaine.

Par MJK

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