The Hoxton x Lacoste : le room service devient un nouveau terrain de mode

Luxe | Publié le 08/09/2026 10:00:35
Lacoste x The Hoxton
The Hoxton et Lacoste s’associent à Michael McGregor pour Room Service, une capsule exclusive disponible dans les chambres des 19 hôtels du groupe.

À partir du 8 septembre 2026, The Hoxton et Lacoste transforment le room service en canal de distribution inattendu avec une capsule conçue avec l’artiste américain Michael McGregor. Disponible uniquement aux clients des 19 hôtels The Hoxton, cette collection de sept pièces illustre une tendance de fond du luxe contemporain : faire de l’hospitalité un prolongement de l’univers des marques.

The Hoxton et Lacoste font de l’hôtel une nouvelle destination mode

Le room service ne se résume plus nécessairement à un club sandwich commandé tard dans la soirée. The Hoxton et Lacoste ont décidé d’en détourner les codes avec Room Service, une collection capsule lancée mondialement le 8 septembre 2026 et imaginée en collaboration avec l’artiste basé à Los Angeles Michael McGregor. L’idée est aussi simple que révélatrice des nouvelles stratégies expérientielles développées par la mode : les sept pièces de cette édition limitée ne seront disponibles ni en boutique, ni sur un site marchand. Pour pouvoir les acheter, il faudra séjourner dans l’un des 19 établissements The Hoxton, consulter le menu créé spécialement pour l’opération et passer commande depuis sa chambre. Les vêtements seront ensuite livrés comme le serait un petit-déjeuner ou un cocktail. Autrement dit, le check-in devient le sésame donnant accès au produit. Cette mécanique transforme une collaboration mode classique en expérience exclusive et joue avec une notion devenue centrale dans le luxe contemporain : l’accès. La rareté ne dépend plus seulement du nombre de pièces produites, mais des conditions permettant de se les procurer.

Le rapprochement apparaît d’autant plus cohérent que Lacoste travaille depuis plusieurs années à élargir son territoire bien au-delà du vestiaire sportif. Fondée autour de René Lacoste et de l'invention du polo produit industriellement à partir de 1933 avec André Gillier, la maison française possède l’un des patrimoines les plus immédiatement identifiables de la mode. Son crocodile et son polo L.12.12 lui ont permis de traverser les décennies en occupant cette zone particulière entre sport, élégance décontractée et culture populaire. Pour mieux comprendre ce patrimoine, votre magazine revenait déjà sur l’histoire du polo Lacoste et de son évolution en véritable classique de la mode. Sous la direction créative de Pelagia Kolotouros, Lacoste continue aujourd’hui de retravailler cet héritage plutôt que de simplement le reproduire. Pour l’automne 2026, la créatrice a notamment confronté les références tennistiques historiques de la maison à une culture sportswear plus personnelle, nourrie par le New York des années 1980, tout en collaborant avec le spécialiste britannique Mackintosh autour de pièces techniques imperméables.

Room Service s’inscrit parallèlement dans une autre évolution de Lacoste, celle d’une marque cherchant à construire un véritable art de vivre autour de son vestiaire. Le lancement en février 2026 du premier Café Lacoste permanent à Paris en constitue un exemple particulièrement parlant. Comme nous l’expliquions dans notre article consacré au Café Lacoste et à l’arrivée du crocodile dans l’univers de la gastronomie, la maison transpose désormais ses codes dans des expériences qui touchent au design, à la restauration et à l’hospitalité. La collaboration avec The Hoxton pousse cette logique encore plus loin puisque la mode pénètre cette fois directement dans l’espace intime de la chambre. Ce mouvement dépasse d’ailleurs largement Lacoste. Dans un marché du luxe où le produit seul ne suffit plus toujours à créer de la désirabilité, maisons de mode et acteurs de l’hospitality multiplient cafés, restaurants, hôtels, résidences et expériences temporaires afin de construire des univers dans lesquels le consommateur peut littéralement entrer. La frontière entre vêtement, voyage, gastronomie et design devient ainsi de plus en plus poreuse.

The Hoxton constitue un partenaire particulièrement adapté à cette hybridation. L’enseigne célèbre en 2026 ses vingt ans, après l’ouverture de sa première adresse à Shoreditch, dans l’est de Londres, en 2006. Holborn suit en 2014, Amsterdam en 2015 puis Paris en 2017, avant une accélération internationale conduisant la marque à Williamsburg, Portland, Chicago, Los Angeles, Southwark, Rome, Barcelone, Berlin, Bruxelles, Vienne, Florence, Édimbourg ou encore Dublin. Elle compte aujourd’hui 19 hôtels et plus de 3 400 chambres, avec quatorze autres établissements annoncés dans son pipeline. Cette expansion intervient dans un environnement particulièrement dynamique pour l’hôtellerie lifestyle. The Hoxton appartient à Ennismore, qui a franchi le cap des 200 hôtels ouverts et prévoyait plus de 35 nouvelles ouvertures sur la seule année 2026. Pour ses vingt ans, l’adresse originelle de Shoreditch a d’ailleurs revu ses intérieurs et programmé différentes initiatives spéciales tout au long de l’année, donnant à cette collaboration avec Lacoste une résonance particulière.
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Michael McGregor transforme les rituels de l’hôtel en motifs de collection

Au centre du projet se trouve Michael McGregor, dont l’univers visuel apporte à la capsule son caractère le plus singulier. Installé à Los Angeles, l’artiste travaille entre illustration, peinture et estampe, avec une esthétique faite de couleurs franches, de personnages volontairement décalés et d’une Americana filtrée par une nostalgie californienne teintée d’absurde. Son intérêt pour les objets ordinaires de l’hospitalité prend ici tout son sens : papeterie d’hôtel, cartes de restaurant et détails apparemment anodins deviennent la matière première d’un langage graphique appliqué au vêtement. Sur les sept pièces de Room Service, McGregor met en scène les petits rituels qui structurent un séjour : l’arrivée, le check-in, la commande passée depuis la chambre ou simplement ce moment très particulier où le voyageur prend possession des lieux. Typographies affirmées, illustrations colorées et références nostalgiques rencontrent alors le vert, le blanc et les silhouettes épurées caractéristiques de Lacoste.

Ce dialogue fonctionne parce qu’il ne cherche pas à effacer les identités respectives. Lacoste apporte un vestiaire immédiatement reconnaissable et cette faculté historique à faire évoluer ses classiques par le biais de collaborations. La maison a depuis longtemps utilisé l’art et la création extérieure pour déplacer son crocodile vers d’autres territoires. Au fil des années, elle a notamment travaillé avec des créateurs, designers et artistes très différents, jusqu’à confronter ses vêtements à l’univers graphique de Keith Haring ou à celui de jeunes talents. The Hoxton fournit de son côté le décor et surtout le scénario. Depuis son origine, la chaîne revendique une conception de l’hôtel comme « open house », où lobby, restaurants, bars, art et programmation culturelle doivent attirer autant les habitants du quartier que les voyageurs. Avec Room Service, cette philosophie gagne la chambre et transforme un service hôtelier traditionnel en expérience culturelle et commerciale.

Le projet pousse d’ailleurs le jeu jusqu’à son prolongement gastronomique. Michael McGregor a également imaginé une carte de room service composée de ses commandes favorites : cheeseburger et frites, omelette à la française, incontournable club sandwich, Negroni classique ou revisité au mezcal, sans oublier la possibilité de terminer le dîner au lit par une coupe de champagne. La mise en scène est importante, car elle donne une cohérence narrative à l’ensemble. On ne vient pas seulement acheter un vêtement Lacoste dans un hôtel, on entre temporairement dans une fiction graphique construite autour de l’imaginaire du séjour. C’est précisément cette capacité à transformer un produit en souvenir qui explique l’intérêt croissant des marques de mode pour l’hospitalité. Le vêtement acheté durant un voyage n’est plus simplement associé à une saison ou à une tendance, mais à un lieu et à un moment vécu.

La stratégie de distribution constitue enfin l’élément le plus intéressant de cette opération. Alors que le commerce numérique a rendu la plupart des collections accessibles instantanément depuis presque partout, Lacoste et The Hoxton choisissent paradoxalement de recréer de la friction. Impossible de commander la capsule depuis son canapé : il faut être physiquement présent dans un hôtel. Cette contrainte transforme la chambre en boutique éphémère et le séjour en condition d’accès. Elle donne également une autre signification au principe du « drop », largement popularisé par le streetwear avant d’être adopté par le luxe. Ici, la rareté est moins construite autour d’une file d’attente ou d’un lancement numérique que d’une expérience géographique. Dans un marché où l’attention devient aussi précieuse que le produit, cette manière de réinventer la distribution montre comment mode et hôtellerie peuvent désormais partager les mêmes outils de désirabilité. Room Service porte finalement bien son nom : le service n’est plus seulement ce que l’hôtel apporte dans la chambre, mais ce que le voyageur pourra en rapporter.

Infos pratiques :
la collection The Hoxton x Lacoste x Michael McGregor « Room Service » sera lancée mondialement le 8 septembre 2026. Elle comprend sept pièces, proposées en tailles unisexes du XS au XL, avec des prix à partir de 95 euros. Elle sera exclusivement accessible aux clients séjournant dans les 19 hôtels The Hoxton, via un menu spécial disponible en chambre. Aucun achat en ligne ou en boutique n’est annoncé pour cette édition limitée.

Par la rédaction
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