Thylacine dévoile Roads Vol. 3 : un voyage musical et humain
Culture | Publié le 18/09/2025 10:05:16
Avec Roads Vol. 3, à paraître le 31 octobre, Thylacine nous entraîne dans une nouvelle odyssée sonore. Un vrai coup de cœur de la rédaction.
Après la Russie, les Andes ou la Turquie, l’artiste électro-voyageur a posé ses valises en Afrique pour composer un album hors normes, entre exploration musicale, mémoire collective et rencontres humaines. On ne peut être que sous le charme de ces compositions qui transportent l'âme et le corps.
Un artiste voyageur qui réinvente l’électronique
William Rezé, alias Thylacine, s’est imposé au fil des années comme l’un des musiciens électroniques les plus singuliers de sa génération. Très tôt, il a choisi de sortir de son studio pour transformer le monde en terrain de création. On se souvient de ses compositions enregistrées à bord du Transsibérien (Transsiberian), de ses escapades au cœur de la Cordillère des Andes, de ses sessions sur les îles Féroé ou encore de son apprentissage du bağlama en Turquie. Chacune de ces expériences a façonné une œuvre hybride, à la croisée du voyage, du documentaire et de la musique électronique.
Avec Roads Vol. 3, dont la sortie est prévue le 31 octobre, Thylacine poursuit cette démarche radicale. Il a passé trois mois sur le continent africain, accompagné de sa mythique caravane Airstream de 1972, réaménagée en studio nomade. Ce choix n’est pas anodin : loin du confort parisien, l’artiste s’immerge totalement dans les paysages et les cultures, convaincu que le déracinement est le meilleur moteur de créativité.
« Il faut parfois se déraciner pour s’accorder avec soi-même et avec le monde alentour. » Ce credo guide Thylacine depuis ses débuts. Pour lui, la musique naît du mouvement, de l’intuition et de la rencontre. Composer en voyage, c’est accepter l’imprévu, laisser les sons de la nature, les voix et les instruments locaux imprégner les morceaux.
« Shark Island » : la mémoire en musique et en images
Premier extrait dévoilé, « Shark Island » donne un aperçu puissant de l’album. Le clip, signé Cécile Chabert, raconte l’histoire bouleversante de cette île namibienne, ancien camp de concentration allemand au début du XXe siècle, aujourd’hui transformé en port et en camping.
Seule derrière sa caméra, la réalisatrice a suivi Thylacine dans cette quête de mémoire. Son film, à la frontière du documentaire et de la création artistique, capte à la fois la beauté des paysages et l’intensité des visages. On y découvre la ferveur des cérémonies locales, comme le White Flag Day, mais aussi des répétitions avec une chorale Nama. Entre esthétique et mémoire, « Shark Island » redonne voix à une histoire trop souvent oubliée, offrant une résonance nouvelle grâce à la musique.
Avec Roads Vol. 3, Thylacine confirme son statut d’artiste inclassable. À la croisée de l’électronique, du cinéma et du carnet de voyage, il construit une œuvre singulière où chaque album devient une traversée. Plus qu’un simple producteur, il s’impose comme un conteur, capable de transformer une expérience intime en récit collectif.
Dans un paysage musical souvent formaté, Thylacine se distingue par cette audace. Là où d’autres cherchent l’efficacité, lui privilégie l’authenticité, quitte à prendre des chemins de traverse. C’est précisément ce qui fait de lui une figure à part, respectée autant par les amateurs d’électronique que par les curieux d’art et de culture. Un artiste passionnant qui ne cesse de nous séduire. A voir également en concert, il sera notamment sur la scène du Zenith à Paris le 19 mars 2026. Disponible dès le 31 octobre sur toutes les plateformes, Roads Vol. 3 s’annonce comme l’un des albums marquants de cette fin d’année.