Uruk Chronicles, le nouveau parfum mythologique d’Etat Libre d’Orange

BeauteSante | Publié le 19/09/2026 14:24:05
Uruk Chronicles
Etat Libre d’Orange dévoile Uruk Chronicles, un parfum ambré-fruité signé Jordi Fernandez qui revisite le mythe de Gilgamesh.
Pour ses vingt ans, Etat Libre d’Orange poursuit son goût des récits singuliers avec Uruk Chronicles, nouvelle création de sa collection Orange Extraordinaire. Signé par le parfumeur Jordi Fernandez, ce parfum ambré-fruité transforme la quête d’immortalité de Gilgamesh en voyage olfactif entre fraise, safran, bois et fève tonka.

Uruk Chronicles, quand le premier grand récit de l’humanité devient parfum

Certaines maisons racontent des histoires autour de leurs parfums. Etat Libre d’Orange semble plutôt considérer le parfum lui-même comme une manière de raconter des histoires. Une nuance qui explique une partie de la singularité de la marque parisienne fondée en 2006 par Etienne de Swardt. Depuis ses débuts, la maison cultive une approche volontairement indépendante de la parfumerie, faisant de l’ironie, de la transgression et de la liberté créative les éléments constitutifs de son identité. Son nom renvoie d’ailleurs à la terre d’origine sud-africaine de son fondateur et à une idée de liberté que la marque revendique depuis sa création. En 2026, alors qu’elle fête ses vingt ans, Etat Libre d’Orange peut regarder le chemin parcouru : deux décennies durant lesquelles elle a participé à l’affirmation d’une parfumerie indépendante où le concept, le récit et la personnalité du jus comptent autant que la séduction immédiate. La maison présente elle-même cet anniversaire non comme un exercice nostalgique, mais comme une nouvelle étape de son parcours créatif.

C’est précisément dans ce contexte qu’arrive Uruk Chronicles, intégré à la collection Orange Extraordinaire. Plutôt que de chercher son inspiration dans une célébrité, une destination contemporaine ou une tendance pop, Etat Libre d’Orange remonte cette fois aux sources du récit. Uruk, cité majeure de la Mésopotamie antique, sert de décor à l’Épopée de Gilgamesh, dont le roi mythique devient ici le personnage central d’une narration olfactive articulée autour de la quête d’immortalité. Le principe créatif est particulièrement cohérent avec une tendance de la parfumerie contemporaine qui cherche à donner aux fragrances une profondeur culturelle et narrative, au-delà d’une simple succession de matières premières. Dans Uruk Chronicles, l’histoire devient ainsi la véritable architecture du parfum : l’opulence du souverain, son voyage, sa confrontation à la mortalité puis la postérité qu’il acquiert malgré l’échec de sa quête déterminent la progression de la composition. La marque résume cette idée par une formule inspirée de l’Épopée de Gilgamesh : « L’éternité n’appartient pas aux hommes, mais à ce qu’ils laissent derrière eux. »

Cette idée de transmission est d’autant plus intéressante qu’elle fait écho aux vingt ans de la maison. Etat Libre d’Orange s’interroge finalement sur sa propre trace au moment même où Gilgamesh devient le héros de son nouveau parfum. La marque, qui a construit son territoire en refusant une certaine standardisation de la parfumerie, revendique aujourd’hui l’idée de « parfums monumentaux », capables de devenir des repères durables plutôt que de simples nouveautés saisonnières. Uruk Chronicles s’inscrit assez naturellement dans cette ambition : convoquer l’un des plus anciens récits connus pour fabriquer un objet contemporain permet à la maison de travailler simultanément la mémoire, la matière et la notion de permanence. Une stratégie également pertinente dans un paysage beauté où la parfumerie de niche et les maisons indépendantes ont contribué à replacer le storytelling, la signature du parfumeur et la sophistication des matières au centre de l’expérience olfactive.
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Jordi Fernandez imagine un voyage de la lumière vers l’ombre

Pour transformer cette mythologie en parfum, Etat Libre d’Orange s’est tourné vers Jordi Fernandez, parfumeur chez Givaudan. Sa construction repose sur un contraste immédiatement lisible entre la gourmandise fruitée du départ et une matière progressivement plus sombre et boisée. La fraise occupe une place inhabituelle dans cette narration : juteuse et solaire, elle traduit l’abondance et les plaisirs terrestres associés au Gilgamesh du début du récit. Elle rencontre l’Ebelia et la mandarine dans les notes de tête. Puis le parfum bascule vers son cœur avec un accord safran, l’iris et le Pomarose. Le safran possède ici une fonction qui dépasse largement son intérêt olfactif : il symbolise la fleur sacrée recherchée par Gilgamesh, cette promesse d’éternité qui finira par lui échapper. Enfin, cypriol, cèdre et fève tonka composent le fond, plus enveloppant, chaud et texturé. La construction conduit ainsi progressivement de l’éclat fruité vers une densité boisée, comme si le parfum suivait physiquement le passage du plaisir immédiat à la conscience du temps. La maison qualifie désormais officiellement Uruk Chronicles d’« ambré-fruité » et met notamment en avant la fraise, le safran et la tonka comme ses trois grands repères olfactifs.

Cette narration se prolonge jusque dans l’objet. Le visuel développé autour d’Uruk Chronicles rompt avec l’idée d’un parfum simplement décoratif pour transformer le flacon en ce que la maison décrit comme un « fragment d’archive ». L’étiquette emprunte aux tablettes cunéiformes suméro-akkadiennes et à l’imaginaire des fresques mésopotamiennes, tandis que le vert profond du verre évoque autant une matière minérale que les paysages fertiles bordant les fleuves antiques et les forêts sacrées traversées par Gilgamesh. Le parti pris est d’autant plus identifiable qu’Etat Libre d’Orange a historiquement choisi de conserver un flacon commun à ses créations, laissant aux variations graphiques et au jus le soin d’exprimer l’identité de chaque parfum. Ici, l’imagerie mésopotamienne enveloppe littéralement cette silhouette familière et inscrit la nouveauté dans la continuité esthétique de la maison.

Uruk Chronicles raconte ainsi quelque chose de l’évolution actuelle de la parfumerie indépendante. Alors que le parfum est devenu un territoire particulièrement fertile pour les récits artistiques et culturels, Etat Libre d’Orange choisit de pousser la logique jusqu’à faire d’un mythe fondateur le scénario même de sa pyramide olfactive. Le résultat ne se limite donc pas à l’association désormais très présente de notes gourmandes et boisées : la fraise, le safran, l’iris, le cypriol, le cèdre et la tonka sont distribués comme autant d’étapes d’un récit. Cette ambition narrative permet surtout à la maison de rester fidèle à l’une des idées qui l’accompagnent depuis 2006 : envisager le parfum comme un médium d’expression et d’identité plutôt que comme un simple accessoire. Vingt ans après sa création, Etat Libre d’Orange trouve ainsi dans l’histoire d’un homme qui voulait vaincre le temps une manière assez subtile de questionner sa propre postérité. Gilgamesh n’a pas obtenu l’immortalité qu’il cherchait, mais son histoire nous est parvenue. Pour une maison qui célèbre précisément ce qui demeure après vingt années de création, le parallèle est particulièrement bien trouvé.

Infos pratiques :
Uruk Chronicles, Etat Libre d’Orange. Collection Orange Extraordinaire. Eau de parfum 100 ml, 245 euros.
Disponible dans les boutiques Etat Libre d’Orange, 69 rue des Archives, Paris 3e, et 80 rue des Saints-Pères, Paris 7e, ainsi que sur la boutique en ligne de la maison. 

Par la rédaction
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