La réorganisation de la cristallerie Lalique, acquise en février par le groupe de luxe Art et Fragrance, progresse vite, avec déjà des fermetures de boutiques, un projet de création de résidences et la volonté de recruter des ouvriers, a-t-il expliqué mardi.
"La stratégie est déjà largement mise en oeuvre", a indiqué Silvio Denz, PDG de
Lalique et patron du suisse
Art et Fragrance, lors d'une conférence de presse organisée à l'occasion de la cession, annoncée début septembre, de 49,2% du capital de la cristallerie à Financière Saint-Germain, holding de Prosper Amouyal, patron de la manufacture de porcelaine Haviland.
Afin de "renforcer la marque", les nouveaux propriétaires viennent de signer un partenariat avec le promoteur immobilier américain
Dezer Properties pour "construire des tours résidentielles Lalique en Floride qui incorporeront des pièces Lalique dans les appartements", a expliqué le directeur général délégué Roger von der Weid. Des "projets similaires avec des chaînes d'hôtels" sont en gestation, a-t-il ajouté.
Sur le terrain de l'emploi, quelque 80 postes ont été supprimés sur les 628 que comptait Lalique dans le monde au moment de son rachat au groupe Pochet. Dans la distribution, une "réorganisation des services commerciaux" est engagée, et certaines boutiques non rentables, comme à Munich, Milan ou Las Vegas, ont été fermées, a-t-il détaillé. La direction étudie également un possible transfert de la plate-forme logistique de Combs-la-Ville (Seine-et-Marne) vers l'unique site de production de Lalique, à Wingen-sur-Moder (Bas-Rhin). A cette occasion, la logistique pourrait être cédée à un opérateur extérieur, a-t-il précisé.
Par ailleurs, dans la production, Art et Fragrance et Financière Saint-Germain viennent de débloquer quelque 9 millions d'euros pour financer l'achat d'un nouveau "four à bassin" à Wingen. "Nous recherchons des ouvriers verriers", notamment "jeunes", ce qui est "très difficile", a aussi souligné M. Denz.