Charles Jourdan repris par le groupe Royer, mais pas ses salariés
News | Publié le 16/12/2008 17:02:03
Le groupe Royer, spécialiste de la chaussure sous licence, a été désigné comme repreneur de Charles Jourdan par le tribunal de commerce de Romans-sur-Isère (Drôme), mais les salariés y voient "la fin du rêve" puisque la production pourrait être délocalisée. Le groupe Royer va reprendre les actifs de la société et ses 7 boutiques pour un montant d'environ 2,4 millions d'euros. "Dans cette offre, il n'y a rien sur les salariés (...) Pour nous, cette décision signe la mort de la société Jourdan", explique Christophe Pinto, ancien délégué syndical CFDT, qui reconnaît toutefois que c'était la "seule offre qui tenait la route financièrement".
Une partie de la production relocalisée à Romans ?
" C'est la fin du rêve, on comprend que la société ne se reconstruira pas", confirme Gilles Apoix, ancien délégué syndical CFE-CGC. Le Groupe Royer se définit sur son site internet comme un distributeur et grossiste de grandes marques de chaussures le plus souvent sous contrat de licence comme Converse, Keds, Von Dutch, Hechter Studio, Rica Lewis ou encore Naf Naf.
Mais le groupe Royer possède également deux marques en propre : Kickers et surtout Stéphane Kélian, autre marque de chaussure de luxe drômoise, rachetée en 2007, et dont toute la production a été délocalisée dans des pays à bas coûts. Le groupe Royer affiche d'ailleurs clairement sur son site internet que 85% de sa production est faite en Asie. Anne Royer, directrice de la communication du groupe, souligne qu'il existe un projet d'"atelier" de fabrication de chaussure à Romans, qui pourrait notamment voir le jour dans le cadre d'un partenariat avec un industriel local, mais "tout est en cours de négociation", assure Mme Royer qui ne souhaite pas donner davantage de précisions sur ce projet.
" Faire fabriquer en France, ce n'est pas vraiment le modèle économique du groupe Royer, on peut toujours rêver, mais à moins qu'ils en aient changé radicalement, on peut imaginer que tout sera fabriqué dans des pays à moindre coûts salariaux", souligne M. Pinto. Pour M. Apoix, la reprise par le groupe Royer "est une solution qui peut-être créera des emplois", avance-t-il timidement, tout en attendant de voir " où, comment et par qui " le repreneur compte fabriquer les chaussures Charles Jourdan. "Le groupe Royer n'est pas vraiment un spécialiste de la fabrication française, c'est le moins qu'on puisse dire", ajoute-t-il. Mais le groupe Royer possédant maintenant à la fois Stéphane Kélian et Charles Jourdan, deux des marques phares de la chaussure de luxe française, M. Apoix suggère qu'une partie de la production de ces deux marques pourrait être relocalisées dans leur berceau historique, à Romans. Charles Jourdan, a connu trois redressements judiciaires en cinq ans, le dernier, le 17 décembre 2007, s'étant soldé par la liquidation de l'entreprise et le licenciement de ses 197 salariés.
Le 13 novembre dernier, le tribunal avait refusé la reprise du chausseur de luxe par le fonds d'investissement Finzurich, choisi début mars pour reprendre Charles Jourdan, mais qui n'avait versé jusque là que 10% des sommes dues, réclamées depuis plusieurs mois par le liquidateur judiciaire du chausseur de luxe, soit quelque 200.000 euros.
Source AFP - 16.12.2008
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