Addict aux Belles Montres ...
Luxe | Publié le 08/12/2008 11:33:18
Montres de luxe, pièces de collection et succès du salon Belles Montres 2008 : la passion horlogère séduit un public toujours plus large.
Pièces de collection, accessoires de style ou objets de transmission, les belles montres occupent une place grandissante dans l’univers du luxe. En cette fin d’année 2008, le succès du salon Belles Montres à Paris et les adjudications remarquées à Genève témoignent d’une passion qui dépasse la seule lecture de l’heure. Entre plaisir de porter et fascination pour la mécanique, l’horlogerie multiplie les occasions de séduire.
Les belles montres, entre luxe et désir de collection
Une montre peut donner l’heure, mais aussi raconter beaucoup de celui qui la porte. Discrète sous une manche de chemise, sportive sur un bracelet métallique ou précieuse avec un boîtier travaillé, elle participe désormais pleinement à la silhouette. Les maisons de mode l’ont bien compris. Chanel et Gucci investissent cet univers, tandis que des enseignes de prêt-à-porter comme Kaporal proposent leurs propres collections. À chaque niveau de prix, le même principe se dessine : prolonger une identité de marque jusque sur le poignet et donner à cet objet quotidien une dimension plus personnelle.
L’attrait pour les montres de luxe ne se résume pourtant pas à une question d’allure. Pour les collectionneurs, la recherche d’une pièce tient aussi à son histoire, à sa rareté et au travail nécessaire à sa réalisation. Un cadran émaillé, une complication ou un mouvement particulièrement soigné constituent autant de raisons de s’attarder. À côté des montres que l’on choisit pour accompagner ses journées, certaines créations se regardent ainsi comme des objets d’art. Leur intérêt réside dans cette rencontre entre une fonction pratique et un savoir-faire capable de transformer quelques centimètres de métal en un univers miniature.
Les ventes aux enchères offrent une illustration spectaculaire de cette fascination. Le 16 novembre dernier, à Genève, Antiquorum a vendu pour 2,608 millions de francs suisses une paire de montres de poche réalisée vers 1815. Ces pièces en or, ornées d’émail peint et serties de perles, avaient été conçues pour être présentées au nom du roi George III à l’empereur chinois Jiaqing. Leur valeur tient donc autant à leur exécution qu’à leur dimension historique. Dans la même vente, une Patek Philippe référence 1518 a atteint 1,376 million de francs suisses. Deux résultats qui donnent la mesure de l’intérêt porté aux garde-temps d’exception.
Ces montants concernent naturellement une catégorie très particulière du marché. Ils permettent néanmoins de comprendre ce qui distingue une montre de collection d’un simple accessoire : une provenance, une référence, une combinaison de caractéristiques que l’on ne retrouve pas nécessairement ailleurs. Le plaisir de posséder s’accompagne alors du plaisir de connaître. Identifier une pièce, comprendre son fonctionnement et replacer sa fabrication dans une époque font partie intégrante de la passion. Le collectionneur ne regarde plus seulement l’heure qu’indique sa montre, mais tout ce qu’elle raconte.
Belles Montres 2008 : la passion horlogère s’ouvre au public
Cette curiosité trouve également son expression dans les salons. Alors que Baselworld constitue un grand rendez-vous professionnel en Suisse, Paris développe une rencontre tournée vers les amateurs avec Belles Montres. Organisée du 28 au 30 novembre 2008 au Carrousel du Louvre, la deuxième édition du Salon international de l’horlogerie de prestige réunit une soixantaine de marques et accueille plus de 10 000 visiteurs. Le rendez-vous imaginé par Alain Faust confirme ainsi l’existence d’un public désireux d’approcher un univers parfois perçu comme réservé aux spécialistes.
L’intérêt de ce type de manifestation est aussi de rendre les montres plus accessibles au regard. Une photographie permet d’apprécier un dessin, mais elle ne restitue ni le relief d’un cadran ni les proportions d’un boîtier. Observer une pièce de près change la perception que l’on peut en avoir. Les échanges avec les exposants donnent également des clés pour distinguer les choix esthétiques des particularités techniques. Pour un amateur, cette découverte peut nourrir une collection ; pour un visiteur moins averti, elle peut simplement déclencher un premier coup de cœur.
Car toutes les passions horlogères ne passent pas par les enchères ou les références rares. Certains recherchent une seule montre, destinée à les accompagner longtemps. D’autres préfèrent varier les formes, les bracelets et les couleurs selon leurs tenues. Une montre habillée ne produit pas le même effet qu’un modèle sportif, et cette diversité permet de jouer avec son style sans modifier tout son vestiaire. Les noms de Rolex Submariner ou d’Omega Speedmaster participent à cet imaginaire, mais l’envie de porter une belle montre peut aussi se construire avec des pièces plus modestes.
En cette période de crise, l’idée d’un achat durable ajoute une dimension supplémentaire à la réflexion. Elle ne suffit cependant pas à faire de chaque montre un placement assuré. Le premier moteur reste le plaisir : celui d’un objet choisi, porté et parfois transmis. À la frontière du bijou, de la mécanique et de l’accessoire de mode, les belles montres possèdent plusieurs façons de susciter l’attachement. Et si leur fonction consiste à mesurer le temps, leur pouvoir de séduction tient précisément à tout ce qui dépasse cette fonction.
Par la rédaction
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