Interview Julie Benasra, réalisatrice du film God Save My Shoes

Culture | Publié le 01/11/2011 15:52:44
Il y a quelques semaines la chaîne Canal+ nous proposait de découvrir le film « God Save My Shoes ». Un documentaire dédié aux addict des chaussures. Un sujet qui ne pouvait que retenir toute notre attention. On y retrouve des interviews de célébrités fans de chaussures comme Dita von Teese, Kelly Rowland, la Baronne Monica Von Neumann, la joueuse de poker Beth Shak, Fergie des Black Eyed Peas, mais aussi des spécialistes de cet univers et bien évidemment des créateurs comme Christian Louboutin, Pierre Hardy, Walter Steiger.
Votre magazine se devait d’aller plus loin et nous sommes allés à la rencontre de Julie Benasra, la réalisatrice de ce documentaire toujours en diffusion par le groupe Canal+ mais également disponible en DVD. Une belle immersion dans le monde de la chaussure vu par ceux pour qui un escarpin évoque bien plus qu’un objet pratique ou un accessoire de mode. Pour les femmes croisées dans ce documentaire la chaussure est une passion et l’escarpin son objet culte. Rencontre avec une femme qui se penche sur le « vice » d’autres femmes …

Une belle immersion dans le monde de la chaussure

Comment vous est venue l’idée de ce film ?
L'idée de départ n'était pas la mienne... curieusement c’est celle d’un homme, Thierry Daher, producteur de God Save my Shoes. Lorsqu'il produisait son film sur l’histoire des baskets au travers du hip il s’est dit : « bon les mecs et leurs baskets, c’est un truc, mais les femmes et leurs chaussures, c’est un tout autre niveau, c’est un phénomène universel ! »

Comment s’est fait le choix des personnes interviewées ?
J’ai voulu des personnages forts pour ce film, capable de transmettre leur amour des chaussures. Beaucoup de femmes adorent leurs chaussures, mais pour un grand nombre d’entre elles, il est assez difficile d’exprimer pourquoi, comment… C’est aussi la raison pour laquelle je voulais interroger des psy et historiennes de mode… Leurs points de vue m’a permis de mieux comprendre cette relation intense, fusionnelle.

Vous ont-elles surprises ?
Oh oui ! Quand on interview une experte en marketing pour femmes (ie : Mary Lou Quinlan), on ne s’attend pas à ce qu’elle cache sous son bureau 6 paires de chaussures et soit prise d’une joie frénétique en les décrivant face caméra… J’ai été surprise par la candeur des femmes que j’ai interrogées, quelle qu’elle soit. Je pense que quelque part lorsque je les ai interviewées, elles se sont dit qu’avec ce film elles pouvaient peut-être enfin de clamer haut et fort leur amour pour leur chaussure, sans gêne ni culpabilité. Après cette expérience votre regard sur la chaussure a-t-il changé ?
Avant ce film je ne me considérais pas vraiment comme une shoe-addict. Maintenant la tentation est beaucoup plus forte. Il est évident que je n’enfile plus une paire de la même manière. Aussi, avant je portais peu de talons... Maintenant, j’ai du mal à sortir le soir sans talons. Quelles sont vos créateurs préférés ?
Ah ça c’est toujours la question piège. Je les aime tous… J’adore Walter Steiger… la forme de son talon virgule donne une ligne vraiment incroyable à ses créations. La créatrice Laya Rahman, de la marque Cindy Glass, fait aussi des collections incroyables. Ses escarpins sont souvent ornés d’une coquinerie subtile… j’aime beaucoup.

Pour vous quel serait la chaussure idéale ?
La chaussure parfaite n’existe pas. Il faudrait que ce soit un mélange d’une botte (pour le coté un peu guerrière) mais qu’elle ait aussi la forme un escarpin (pour la féminité), avec un talon très haut (pour l’élévation). Le tout dans le plus grand confort. Si vous la trouvez, tenez-moi au courant.

Quels sont vos projets ? Toujours dans la mode ?
J’aimerais beaucoup retravailler avec Thierry, qui m’a donné une liberté incroyable sur ce film, ce qui est rare, surtout en tant que jeune réalisatrice. D’autres projets sont en cours de discussion, mais ils ne toucheront pas forcément à la mode directement…

 

 

Propos recueillis par L.L
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