Daniel Buren fait entrer les couleurs au Grand Palais

Culture | Publié le 14/05/2012 10:23:25
Pour qui connait la nef monochrome du Grand Palais aura une belle surprise en découvrant Monumenta 2012 inventé par le créateur français Daniel Buren. Après les succès récents de l’artiste français Christian Boltanski en 2010, puis du britannique né en Inde Anish Kapoor, qui attira en 2011 plus de 270 000 visiteurs en six semaines et demi, c’est donc cette année Daniel Buren qui relève le défi Monumenta jusqu'au 21 juin 2012.

Daniel Buren est un artiste français reconnu dans le monde entier né en 1938 à Boulogne-Billancourt. Son travail artistique lui a permis de réaliser près de deux mille expositions dans le monde entier. Il met souvent en scène des lieux improbables et transforme le cadre en véritable chef d'oeuvre. Il a ainsi transfiguré le Guggenheim de New York ou la Cour d'honneur du Palais Royal à Paris. Cette dernière ayant déchainé les passions et les critiques. Aujourd'hui c'est la Nef du Grand Palais qui s'offre à lui.


Le travail de Daniel Buren a cette particularité de toujours impliquer le visiteur provoquant ainsi une expérience interactive personnelle et sensorielle. Une fois de plus cette vision artistique est à l'honneur avec Monumenta 2012. Une fois de plus le regard est l'outil qui permet d'accéder pleinement au travail artistique de Daniel Buren.
L'artiste nous plonge dans un Grand Palais qu'on a bien du mal à reconnaitre. Le parcours dans l’espace fait participer les visiteurs au déploiement et à l'activation plastique et spatiale d'une oeuvre inédite, fidèle à la démarche exigeante d'un grand artiste dont la discrétion des outils engendre un maximum d’effets, leur révélant des dimensions cachées, un potentiel jusque là invisible, une histoire ancienne et d'aujourd'hui. A la fois pointue et accessible cette oeuvre touche un très large public à la fois expert et profane en matière d'exposition et d'installation.

L'exposition "Excentrique(s) - Travail in situ" donne une autre vision de cette espace gigantesque qui s'articule autour de 11 dispositifs situés à différents endroits dans ce lieu. Une nouvelle entrée a été aménagée porte nord. Une billetterie spécialement dessinée pour l'occasion a vu le jour à proximité de la station de métro Champs-Elysées-Clemenceau. Des flèches indiquent le chemin. Dans la nef un agrégat de cercles de cinq tailles différentes (allant de 2 à 6,5 m de diamètre) tous reliés tangentiellement de manière à former une sorte de tapis est suspendu en remplissant au maximum la surface donnée, et ainsi toute la grande nef soit à peu près 8 500 m² (en tenant compte des contraintes sécuritaires du lieu).
Sur ces cercles est tendue une matière plastique colorée totalement transparente, ils sont ensuite fixés sur des pieds en forme de tubes carrés de 9 cm de côté, plus ou moins nombreux pour chaque cercle en fonction de sa taille. Ces pieds forment à eux seuls une sorte de forêt, originellement colorée en blanc et noir, mais transformée selon leur orientation par les réflexions de la lumière au travers des cercles colorés qu'ils supportent. Ces pieds font aussi référence aux bandes, code que l'on retrouve dans le travail de Buren.
Les couleurs des plastiques tendus sont au nombre de quatre : un bleu clair, un jaune d'or, un orangé et un vert tendre. Ces couleurs sont positionnées de telle sorte qu'elles soient à la fois disséminées sur toute la surface et en nombre égal pour chacune d'elles. En tout 377 cercles de couleur qui donnent un nouvel esprit à cet espace habituellement monochrome. La hauteur des cercles varie entre 2,5 et 2,9 m.
Les autres dispositifs se jouent eux aussi des couleurs et de l'espace impliquant toujours le visiteur qui déambule au cœur de cette installation unique. Les lumières sont minutieusement étudiées. L'espace est lui réaménagé. D'autres artistes interviendront tout au long de l'exposition qui n'est pas que visuelle puisque des textes et de la musique sont diffusés en différents points mais ça il faudra le découvrir en vous rendant le plus vite possible au Grand Palais.
La maîtrise d’oeuvre de ce projet a été confiée par Daniel Buren à Patrick Bouchain et à Loïc Julienne, de l’agence d’architecture « Construire – Reconstruire ». La construction de l’ensemble est réalisée par « Art Project », dirigé par Patrick Ferragne, qui a accompagné Daniel Buren de nombreuses fois depuis une vingtaine d’années pour des réalisations aussi bien en France qu’à l’étranger.

INFOS PRATIQUES :
Le prix d’entrée à MONUMENTA est de 5 euros, avec un tarif réduit de 2,50 euros. La programmation culturelle (accessible avec le billet d’entrée) propose concerts, spectacles, lectures et rencontres en relation avec l’oeuvre de Daniel Buren

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